Le rosaire dans la ville,

Responsable de la chronique : Francine Paquin
Le rosaire dans la ville

Recouvrement de Jésus au temple

Imprimer Par Francine Paquin

Cinquième mystère joyeux

   «Tous les ans, les parents de Jésus se rendaient à Jérusalem pour la fête de la Pâque, et quand il eut douze ans, il monta avec eux. Lorsque les jours de fête furent achevés, ils s’en retournèrent mais Jésus resta à Jérusalem sans avertir ses parents. Eux pensaient qu’il était dans la caravane, et ils marchèrent ainsi tout le jour. Puis, ils le cherchèrent parmi leurs amis et connaissances. Ne le trouvant pas, ils retournèrent à Jérusalem, à sa recherche.

   Le troisième jour, ils le trouvèrent au Temple, assis au milieu des maîtres de la loi : il les écoutait et les interrogeait. Ceux qui l’entendaient étaient étonnés de son intelligence et de ses réponses. En le voyant, ses parents furent très émus et sa mère lui dit : mon fils, pourquoi nous as-tu fait cela? Jésus leur répondit : Pourquoi me cherchiez-vous? Ne savez-vous pas que je dois être chez mon Père? Mais ils ne comprirent pas une telle réponse. Jésus descendit alors à Nazareth avec eux et continua à leur obéir. Sa mère gardait tout cela dans son cœur. Jésus grandissait en sagesse, en âge et en grâce, devant Dieu et devant les hommes.» (Lc, 2, 41-52)

   Les parents qui ont perdu un enfant ou qui sont à sa recherche sont certainement sensibles à cette page d’Évangile. Quelle blessure au cœur d’un père, d’une mère qui n’a plus de nouvelle de son enfant, qui en est séparé! Tout le leur rappelle, ils ne comprennent pas le pourquoi de cette rupture déchirante! C’est leur amour qui le garde vivant en eux, c’est par leur amour que leur enfant disparu continue à vivre dans leur cœur. Lorsque les parents s’unissent au coeur de Marie et de Joseph, ils peuvent puiser force et courage, trouver dans la prière réconfort et repos pour leur âme parce qu’ils savent qu’un jour, ils le retrouveront pour un bonheur sans fin auprès de Dieu. Dans l’attente de ce jour béni, ils prient pour lui, leur amour l’atteint là où il est. Arrêtons-nous un instant pour sonder le cœur du jeune Jésus.

  Pour son entourage, Jésus est le fils de Marie et de Joseph. Ceux que l’on appelait ses frères et ses sœurs, celles dont on disait :«elles sont toutes de chez nous» (Mt, 13,55) étaient, comme il fut coutume de dire à Nazareth, ses cousins, ses cousines; aux yeux de tous, la parenté de Jésus était connue. Comme tous les jeunes enfants, Jésus devait jouer avec les autres, parler et agir comme un enfant. Par sa nature humaine, pour tous, Jésus  est le fils du charpentier Joseph. Mais voilà que Jésus se rend au Temple, il parle avec les docteurs et questionne ces hommes reconnus comme les érudits des Saintes Écritures, savants docteurs de la loi; ceux-ci sont stupéfaits de l’intelligence de Jésus et de ses réponses. Comment un enfant de douze ans peut-il comprendre ce langage et donner des réponses aussi judicieuses?  

   La Parole de Dieu nous invite à regarder l’attitude de Jésus, de Marie, de Joseph et des maîtres de la loi. L’Évangile de Luc conclut en disant que Jésus était soumis à ses parents, qu’il grandissait en sagesse, en âge et en grâce devant Dieu et devant les hommes. Nous comprenons que les parents de Jésus se soient inquiétés de son absence. Pourquoi Jésus s’est rendu au Temple de Jérusalem sans en avertir ses parents? La Vierge Marie, au fil du quotidien, dans le silence de son cœur, apprenait dans l’amour et la souffrance la mission que le Père lui avait confiée en regard de son divin Fils. Marie accueillait la volonté du Père; sans tout comprendre, elle méditait dans son cœur les événements de la vie de Jésus. (Lc, 2, 51)    

   «Ne saviez-vous pas que je dois être chez mon Père?» Jésus est venu sur la terre pour faire connaître et aimer son Père et ce, dans l’obéissance, jusqu’à sa mort sur la croix. Tout au long de son ministère, Jésus s’est adressé aux docteurs de la loi, désirant toucher leur cœur mais ils se sont fermés à ses enseignements, à son amour et à sa divinité. À douze ans, pouvant se rendre au Temple de Jérusalem, Jésus rencontre les savants maîtres de la loi. Jésus dira plus tard : «L’amour de ta maison fait mes délices. Le zèle de ta maison me dévore.» (Jn, 2, 17) L’amour du Père brûlait au cœur de Jésus, il devait communiquer cet amour, le répandre. L’amour de Dieu, ne voulons-nous pas le vivre au cœur de notre cœur pour offrir ce précieux trésor à tous ceux que nous rencontrons! Dans la maison de son Père, se référant aux saintes Écritures, Jésus désirait toucher le cœur de ces hommes de la loi qui connaissaient bien l’Ancien Testament, les ouvrir aux promesses de Dieu et à son amour pour son peuple.   

  Jésus ne pouvait plus se taire. Lorsqu’un feu est allumé dans un cœur, il faut le propager. Ne dira t-il pas plus tard : «Je suis venu apporter le feu sur la terre et comme je voudrais que déjà il fût allumé! » (Lc, 12, 49) Ce feu vivant en Jésus est l’Esprit-Saint, l’Amour qui unit le Père et le Fils dans une même communion. L’Esprit qui brûle les cœurs de l’amour divin, les console, les instruit, les fortifie, les guide et les accompagne dans leur mission pour les mener à la connaissance du pur Amour. Le jeune Jésus voulait répandre la flamme d’amour de son Père dont il était habité! Tout au long de sa vie terrestre, Jésus n’a cessé de parler de l’amour de son Père. Plusieurs pages de l’Évangile en témoignent : «Il faut que le monde sache que j’aime le Père et que j’agis comme le Père m’a ordonné.» (Jn, 14, 31) «Ne crois-tu pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi?» (Jn, 14, 10) Tout le ministère de Jésus est imprégné de l’amour de son Père vers lequel il veut nous conduire en faisant de nous les enfants de Dieu. «Je te bénis Père, Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir caché cela aux sages et aux habiles et de l’avoir révélé aux tout petits.» (Mt, 11, 25) Son Royaume, Jésus le révèle à ceux qui reconnaissent leur petitesse et leur besoin de Dieu.

   «Ne saviez-vous pas que je dois être chez mon Père?»  «Je dois être aux affaires de mon Père» Les parents de Jésus ne comprirent pas cette parole. Au temps de sa vie terrestre, Jésus enseignait que le Temple était la Maison de son Père. Plus tard, il dira : «Détruisez ce Temple et je le rebâtirai en trois jours.» (Jn, 2, 19) Jésus parlait de son corps mort et ressuscité le troisième jour pour la vie du monde. Ce n’était plus un Temple fait de mains d’hommes mais le corps adorable de Jésus dont il est écrit : «Tu n’as voulu ni sacrifice, ni offrande; mais tu m’as formé un corps.» (Hé, 10, 4) Jésus dira: «Si quelqu’un m’aime, il gardera mes paroles et mon Père l’aimera et nous viendrons à lui, et nous ferons chez lui notre demeure.» (Jn, 14, 23) En prenant notre humanité, un corps semblable au nôtre, Jésus a sanctifié la présence de Dieu en nos corps et âme. Nous sommes le temple sacré où réside l’amour du Dieu trinitaire, la demeure bien-aimée de Dieu. Comme le mentionne Saint Paul : «Ne savez-vous pas que vous êtes un sanctuaire de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous» (1 Cor. 3, 16)

  Que faisons-nous de notre temple divin, du nôtre et de celui des autres! Jésus veut nous enflammer du feu de son divin Coeur afin de propager cet amour autour de nous, il veut nous brûler le coeur afin de nous unir intimement à Lui et que nous puissions reposer en Lui. Laissons-nous aimer et conduire par son Esprit-Saint vers le Père. Jésus n’a t-il pas dit : «Personne ne peut aller vers le Père sans passer par moi. » (Jn, 14, 6) Comme le Père a tout enseigné au Fils, l’Esprit-Saint nous enseigne et nous conduit au cœur de cet amour. Comme Jésus nous l’a promis : «Quand il viendra, lui, l’Esprit de Vérité, il vous conduira sur le chemin de toute vérité. » (Jn, 16, 12) Ainsi, nous pourrons communiquer l’amour de Dieu au monde et faire nôtre la parole de Jésus. «Je suis venu apporter le feu sur la terre, et comme je voudrais que déjà il fût allumé!»  (Lc, 12, 49) Si je me laisser brûler le cœur par son amour, en moi et par moi, Jésus répandra son feu sur la terre. Ce feu qui a brûlé le Coeur de Jésus sur la croix continue à se répandre dans notre monde jusqu’à ce que vienne son Règne. Le projet de Dieu est de rassembler l’humanité dans la perfection de l’amour, dans la Maison du Père. Le jeune Jésus portait en lui le désir suprême de son Père. 

Nous faisons partie de la famille de Dieu : Jésus nous le confirme, alors qu’il s’apprêtait à retourner auprès de son Père : «Je vais vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu.» (Jn, 20, 17) Une parole si touchante! Tout comme Jésus, soyons les fils et les filles de notre Père et n’ayons pas peur de proclamer haut et fort l’amour dont nous sommes aimés.  

  Prière

  Père très aimant, Jésus n’a cessé lors de son passage sur terre de proclamer ton amour. Dans la mort et la résurrection de ton divin Fils, soutient et réconforte tous les parents qui ont perdu un enfant. Qu’ils trouvent dans la prière et la confiance le repos, le réconfort dont tu veux leur apporter. N’as tu pas dit Jésus : «dans tes plaies, nous sommes guéris» (Isaie, 53, 5)  Puissent-ils goûter, au plus profond de leur cœur, la paix que tu as promis à ceux qui se confient en toi. Vierge Marie, bon Saint-Joseph, nous vous confions nos enfants, protégez-les et soutenez-nous dans l’épreuve, forts dans la foi et l’espérance, sachant qu’un jour, nous les reverrons.

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