Le rosaire dans la ville,

Responsable de la chronique : Francine Paquin
Le rosaire dans la ville

L’agonie de Jésus

Imprimer Par Francine Paquin

L’agonie de Jésus  

premier mystère douloureux

C’est l’heure…

Jésus se dirige vers le Mont des Oliviers, à Gethsémani, et ses disciples l’accompagnent. Arrivé en ce lieu, il leur dit : «Priez pour ne pas entrer en tentation.» (Lc, 22, 40) Puis, il s’éloigna d’eux et fléchissant les genoux, il fit cette prière : «Père, si tu le veux, fais passer cette coupe loin de moi. Cependant, que ce ne soit pas ma volonté mais la tienne qui s’accomplisse.» (Lc, 22, 42 )  

Jésus est entré en agonie, il prie plus intensément; sa sueur se change en gouttes de sang qui tombent par terre. Il se relève et revient vers ses disciples, il les trouve endormis, accablés de tristesse. Alors, il dit à Pierre : «Vous dormez? Vous n’avez pas été capables de rester éveillés une heure avec moi. Levez-vous donc, veillez et priez pour ne pas entrer en tentation car l’esprit est plein d’ardeur mais la chair est faible.» (Lc, 22, 39-46) De nouveau Jésus s’éloigne pour prier et redit les mêmes paroles. Puis, il revient vers ses disciples et les trouvent endormis; leurs yeux étaient lourds de sommeil et ils ne savaient que lui répondre. Une troisième fois, Jésus revient et leur dit : «C’est bien le moment de dormir et de vous reposer! Cette fois, l’heure est venue où le Fils de l’homme est livré aux mains des pécheurs. Levez-vous, allons, celui qui me livre est porche.» (Mc, 14, 38-42) «C’est pour cette heure que je suis venu, que je suis sorti du Père.» (Jn 16, 28)

 Avant d’entrer dans sa passion, Jésus nous introduit dans l’intimité de son Père. L’Évangile de Saint Jean nous fait goûter à l’amour filial du Fils pour le Père, à cet amour qui existe que pour se donner, pour se répandre dans les cœurs. Aussi, Jésus promet aux apôtres de leur envoyer l’Esprit-Saint. «L’Esprit-Saint que le Père vous enverra grâce à mon Nom se chargera de vous enseigner toutes choses : il vous rappellera tout ce que je vous ai dit.» (Jn, 14, 26) Jésus, dans sa délicatesse prépare ses apôtres à ce qui doit venir. L’heure est arrivée. «Père, glorifie ton Fils pour que le Fils te glorifie.» (Jn, 17,1) Jésus est venu dans le monde pour nous réconcilier avec le Père et nous offrir la vie éternelle. L’heure est venue, l’heure véritable où l’Homme-Dieu donne librement sa vie pour nous. Mais à quel prix! Jésus sait ce qu’il aura à souffrir, son humanité crie sa peur, sa douleur, une douleur anticipée, il perçoit son douloureux chemin de croix, il aura beaucoup à souffrir. Mais c’est l’heure! Il pourrait reculer, éviter toutes ces souffrances mais c’est pour cette heure qu’il est venu dans notre monde, pour accompagner et soulager notre humanité dans sa souffrance et lui apporter le repos.

L’heure est venue. L’heure de la cruauté des hommes, de leur indifférence devant la souffrance de l’Homme-Dieu. L’heure où le Serviteur souffrant se fait obéissant pour écraser l’orgueil de Satan, l’heure où le Fils de Dieu plie les genoux pour que l’homme puisse s’élever vers son Créateur, rendre à l’homme sa dignité humaine, la revêtir de son amour. C’est pour cette heure qu’il est venu. C’est l’heure de l’amour où tout est donné. C’est l’heure des ténèbres qui donneront la Lumière au monde pécheur. Pour que jaillisse la Lumière, l’Homme-Dieu doit souffrir, racheter le monde de son péché et mourir avant de ressusciter. Jésus prie intensément son Père, il l’implore, sa sueur se change en gouttes de sang qui tombent par terre. Le sang du Fils coule sur la terre des hommes qu’il vient sauver. La douleur est si intense qu’un ange lui apparaît, qui le réconforte; (Lc, 22, 43) Durant sa vie sur terre, Jésus n’a cessé. de réconforter ceux qui souffraient.  

 En ce moment crucial, Jésus a besoin de ses amis. Ses apôtres sont là mais ils ne veillent pas avec lui, ils ne lui sont d’aucun secours, ils sont incapables de partager sa souffrance, ils dorment. Jésus est seul, d’une solitude écrasante, seul devant le chemin de croix à parcourir. Jésus s’adresse à Pierre : «Tu n’as pu veiller une heure avec moi?» Il demandera à ses apôtres de demeurer éveillés car c’est l’heure. Par la croix du Fils de l’homme, l’humanité entrera dans les chemins de Dieu, pour le connaître et l’aimer. Jésus donne tout jusqu’au bout de son sang pour que l’enfant de Dieu créé à son image ne soit plus seul dans sa souffrance. Dans sa chair et son âme, Jésus souffrant se fait le frère, la sœur de tous. 

Tant de personnes vivent une solitude dévastatrice. Jésus a connu la solitude, l’abandon des siens, il saura consoler celui qui est seul, le réconforter, demeurer auprès de lui car Jésus n’abandonne pas ceux qui se confient à Lui. Pendant les trois ans de sa vie publique, Jésus a enseigné le chemin du véritable amour, il a révélé l’amour du Père pour tous les humains, sa miséricorde, sa tendresse pour chacun de nous. Mais là, c’est l’heure!  Le Fils, par amour pour son Père  et l’humanité, il ira jusqu’au bout, au «consummatum est» de l’amour. 

Aujourd’hui, Jésus me demande comme il l’a fait avec ses apôtres : «Peux-tu veiller avec moi qui suis seul dans le tabernacle, m’adorer dans l’ostensoir? Veux-tu te retirer dans ta chambre, prendre du temps pour rester avec moi, me parler, me confier tes peines, tes joies, tes espoirs. Plus nous serons unis, plus je pourrai te combler. Si tu savais le don de Dieu, combien je t’aime, tu voudrais être toujours avec moi! »

«Devant un tel amour, une telle supplication, je veux te répondre Jésus. Tu le sais que je veux passer du temps avec toi mais parfois, cela m’est difficile, j’ai tant de distractions.   Jésus, tu connais mes faiblesses, c’est avec mes pauvretés que je viens vers toi pour mieux te connaître, mieux t’aimer. Je veux prendre du temps pour être avec toi. Aide-moi.»

   Jésus : Demeure devant moi en silence

 et laisse mon Esprit-Saint prier en toi. 

Alors, tu  goûteras ma présence,  

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