Parole et vie,

Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Parole et vie

Homélie pour le 17e Dimanche (C)

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

« Père, je m’abandonne à toi! »

Ce jour-là, Jésus s’était arrêté pour prier. On s’arrête toujours pour prier. On se pose. On se dépose. On se repose en Dieu. « Jésus était en prière en un certain lieu », précise l’évangéliste. Il faut bien qu’on soit quelque part pour prier. Mais le lieu importe peu. Puisqu’alors on est ailleurs, on est, par la pensée, auprès de Dieu. Le temps et le lieu ne comptent plus vraiment quand nous prions Dieu, puisqu’alors nous vivons un moment de grâce et d’éternité. Nous avons refuge en Dieu lui-même.

Or un disciple – on ne sait pas lequel, ce pourrait être l’un ou l’autre d’entre nous, – ce disciple ose demander à Jésus comment on prie. Était-ce une simple curiosité de sa part? Le désir de faire comme son maître? L’homme est peut-être impressionné de voir Jésus en prière. On est toujours impressionné par quelqu’un qui prie pour vrai, qui s’adonne et s’abandonne à la prière. Jésus a tellement l’air heureux, à l’aise dans sa prière. Il ne s’en cache pas; il fait sa prière devant tout l’monde. Et c’est certain qu’il porte un secret, un mystère qui fascine ceux et celles qui le voient. Ça donne le goût de découvrir quel chemin mène Jésus vers Dieu. Oui, Seigneur, apprends-nous à prier!

La réponse de Jésus est simple et directe. Sans détour. Sans grande formule. Un mot d’abord qui dit tout : Père. Abba. Cela pourrait finir là. C’est presqu’assez parce que ça dit tout. Dieu est Père. Quand je prie, je me tourne vers mon Père. Et parce qu’il est mon Père, je suis son enfant : il sait tout sur moi. Il comprend tout. Parce que je suis son enfant, il m’aime. Il me veut tout le bien possible. Il ne va pas me refuser ce qui m’est nécessaire et utile dans la vie. Et Jésus s’empresse de préciser deux demandes qu’il convient d’adresser au Père en toute priorité : deux demandes qui lui tiennent à cœur : Père, que ton Nom soit sanctifié! Père, que ton règne vienne! Comme l’enfant qui ne jure que par son père et sa mère, ainsi serons-nous préoccupés de la gloire et de la notoriété de notre Père du ciel. Nous voudrons que tous le connaissent, que tous le respectent, l’honorent, l’aiment, parce qu’il est le meilleur des pères. Comment ne pas vouloir cela d’abord? Que son règne vienne! Que son Nom soit béni et sanctifié!

Jésus fait place ensuite à ce dont nous avons besoin pour vivre : le pain de la table, le pain du corps, le pain de l’âme, le pain du partage dans le quotidien de notre parcours. Nous avons aussi besoin de sa miséricorde et de son pardon. Ne vivons-nous pas sous la loi du pardon, le pardon si nécessaire entre nous? Enfin une dernière demande, celle de ne pas nous éloigner de lui, de ne pas succomber dans l’épreuve. Qu’il ne nous laisse pas entrer dans la tentation de nous éloigner parfois de lui. Non, que cela ne nous arrive jamais!

Jésus ajoute, pour nous encourager, que si l’amitié nous permet toutes les audaces entre nous, à plus forte raison notre relation filiale avec Dieu nous permet-elle d’attendre tout de lui. Prions-le donc avec la confiance que nous mettons dans un Père tout-puissant. Insister auprès de lui, ce n’est pas l’offenser; c’est chaque fois lui dire que nous l’aimons, que nous avons confiance en lui, que nous sommes à l’aise avec lui pour tout lui dire, et le lui redire!

Écoutons notre foi en lui. Demandons l’impossible à Dieu puisqu’il peut le faire. Demandons l’Esprit Saint, qui est Dieu lui-même. Et nous serons alors transportés dans le milieu divin, dans le lieu par excellence de la prière; nous serons au cœur de Dieu, dans la communion du Père, du Fils et de l’Esprit, plongés dans la Trinité sainte!

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