Parole et vie,

Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Parole et vie

Homélie pour le3e Dimanche du Carême (C)

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

L’urgence de se convertir !

Des tragédies. Des accidents. Il en arrive souvent. Nous apprenons les faits presqu’en temps réel. Les médias nous informent rapidement. Les questions viennent vite aussi : Pourquoi? Pourquoi eux? Pourquoi pas moi? Les tragédies humaines, les massacres, les calamités, les catastrophes naturelles, tous ces malheurs ont-ils un sens? Comment les expliquer? Comment comprendre?
On se dit que c’est peut-être une punition du Bon Dieu, un châtiment de sa part. Mettre le mal sur le dos du Seigneur, c’est facile! On le dit comme ça. Et nous nous imaginons alors un Dieu sévère, vengeur, punisseur, cruel.

Jésus pourtant, alors même qu’il évoque des faits réels pleins d’horreur, nous détourne nettement d’une conclusion qui mettrait la faute ou la responsabilité sur Dieu. « Pensez-vous, dit-il, que ces gens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres, plus coupables, pour connaître un tel sort? » Et il s’empresse de donner la réponse : « Je vous dis : Pas du tout. » Il le déclare et le répète avec fermeté et insistance.

Seulement, il ajoute avec gravité, à deux reprises : « Mais si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même ». En voulant dire : la soudaineté des accidents ou des tragédies qui arrivent, et qui vous ébranlent, devrait vous inciter à vous convertir, à ne pas attendre, à y penser sérieusement. Ce dont Jésus veut nous parler alors c’est d’une conversion salutaire, de tourner notre cœur et notre esprit vers Dieu. Nous savoir en confiance avec lui, l’accueillir dans notre vie. Ne pas attendre. Ne pas nous attarder loin de lui, dans un monde où règnent l’injustice, l’égoïsme, l’orgueil. Ce serait choisir la perdition, le malheur, la mort. Ce n’est pas ce à quoi il nous a destinés!
Nous convertir! Peut-être que ça nous fait peur, que ça nous paraît compliqué, difficile, hors de notre portée, trop exigeant. Et pourtant il ne s’agit pas d’abord de mener une vie impeccable, 100% pure, ni d’afficher une sainteté mur à mur. Ceci n’est pas exclu, bien sûr, mais ce n’est pas là l’essentiel de la conversion qui nous est d’abord demandée. C’en est le résultat, l’effet à long terme!

La conversion commence par le cœur, par notre bonne volonté d’abord. Nous nous tournons vers plus grand que nous, vers ce Dieu qui demande à nous parler, à se faire proche. Se convertir, c’est ouvrir son cœur, ses oreilles et ses yeux, c’est se jeter dans les bras d’un Père, c’est accueillir Jésus comme son envoyé. Le reste viendra à son heure, au rythme et selon les capacités de chacun, de chacune. La conversion, ce n’est pas d’abord des mérites, des performances morales. C’est d’abord un abandon, un retournement du cœur, un amour qui nait et grandit, et change tout de notre vie. C’est l’effet d’un coup de foudre!

Le Seigneur nous rappelle aujourd’hui qu’il n’est pas trop tard pour nous convertir. Nous pouvons compter sur sa compassion, son aide. Dieu nous attend et nous facilite les choses. Il est Dieu de tendresse et d’amour, Dieu de patience et de miséricorde. Il veut notre bonheur et notre joie, il rêve d’une fidélité partagée avec nous, entre nous.

Le grand témoin de l’amour et de la patience de Dieu, n’est-ce pas Jésus de Nazareth? En lui, Dieu s’est mis pour toujours à notre portée; il nous a pris par la main, nous a réappris à marcher, nous initiant aux valeurs du monde nouveau. La mort et la résurrection de Jésus nous donnent la preuve de l’amour extrême dont nous sommes aimés. En réalité, c’est Pâques qui fonde et justifie notre conversion et lui donne de porter du fruit pour le Royaume qui vient.

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