Parole et vie,

Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Parole et vie

Homélie pour le 4e Dimanche du Carême (C)

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.


La Joie du Pardon!

Nous avons, dans l’évangile de ce dimanche, une bien belle histoire. Elle nous rejoint au cœur. Elle nous fait passer par toute la gamme des émotions, alors qu’elle touche à notre humanité en tous ses états d’âme.

C’est d’abord la générosité et la confiance du père. Puis la témérité et l’ivresse d’une certaine liberté explorée par le fils cadet. Il y a la fidélité et la sagesse apparente du fils aîné. Le retour obligé du plus jeune, devenu sans ressource, en détresse; un retour qui lui vaut le pardon sans condition d’un père tout heureux de l’accueillir dans un geste inespéré. C’est au père maintenant de se montrer prodigue à l’extrême! Et puis il y a ce malaise ressenti à la fin devant la résistance de l’aîné, qui boude la fête et qui se cabre; il calcule lui aussi, et bien plus que son petit frère, jouant avec son Père la carte de ses mérites et de ses attentes jusqu’à ignorer l’heure de la réconciliation avec son petit frère.

Si Jésus a raconté cette histoire, c’était pour eux les fils aînés, les pharisiens et les justes, qui se pensaient les seuls méritants des biens de Dieu. D’où leur mépris avoué pour les publicains et les pécheurs, et leur jugement sévère envers Jésus et tous ceux et celles qui daignaient l’écouter.

Cette parabole, comme tout l’enseignement de ce dimanche, est pour nous. Elle nous rappelle principalement que c’est Dieu qui donne et qui pardonne. Qu’il a plein d’égards pour tous ses enfants. Qu’il a à cœur le bonheur de chacun et chacune. Qu’il a risqué gros avec nous en nous créant libres et responsables de notre destinée.

Rappelons-nous la 1ère lecture au livre de Josué : « Aujourd’hui, j’ai enlevé de vous le déshonneur de l’Égypte », dit le Seigneur. Il nous a tirés de l’esclavage et de la servitude. « Goûtez et voyez comme est bon le Seigneur », chantait le psaume. « Un pauvre crie; le Seigneur entend : il le sauve de toutes ses angoisses. »

  1. Paul nous a rappelé que c’est en Jésus que nous sommes pardonnés; en sa Pâques, que nous sommes réconciliés; grâce à lui nous avons accès aux biens du royaume. « Si quelqu’un est dans le Christ, écrit l’apôtre, il est une créature nouvelle… C’est bien Dieu qui dans le Christ, réconciliait le monde avec lui : il n’a pas tenu compte des fautes, et il a déposé en nous la parole de la réconciliation. »

Devant la généreuse bienveillance de notre Dieu et Père, il nous faut donc cesser nos calculs mesquins pour miser totalement nous aussi sur sa grâce. Dans le Fils bien-aimé, il nous a sauvés; de tout cœur il nous convie à la conversion pour entrer dans la grâce de ce Fils, son bien-aimé, qu’il a sauvé d’entre les morts.

Les personnages de la parabole ont chacun quelque chose à nous dire. Peut-être sommes-nous le fils qui s’est éloigné? Retrouvons alors la confiance et venons vite nous jeter dans les bras d’un Père qui depuis longtemps nous attend. Peut-être sommes-nous comme l’aîné de la parabole? Ne soyons pas jaloux ni mesquins ni scandalisés! C’est tant mieux si nous sommes fidèles et proches! Mais soyons-le vraiment en accueillant comme notre Père céleste celui qui demande à revenir!

Ce qui est certain, c’est qu’il nous faut imiter le Père, laissant ses mœurs devenir les nôtres; prenant le parti de Celui qui aime tous ses enfants et ne veut pas qu’un seul d’entre eux se perde. Nous tenons de lui la mission de porter à d’autres l’appel du retour, de la conversion qui fait entrer dans la grâce du pardon. Entrons nous-mêmes dans cette grande et belle fête de la réconciliation, et portons témoignage au Christ auprès de ceux que nous rencontrons. Et qu’alors notre zèle soit sincère, notre joie lumineuse, notre amour toujours en peine pour tous nos frères et sœurs.

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