Dieu en famille,

Responsable de la chronique : Raphaël Pinet
Dieu en famille

Finies les décorations de Noël !

Imprimer Par Raphaël Pinet

 

Vous ne vous êtes pas trompé de mois. Il s’agit bien de la chronique du mois de mars. Je suis simplement (un peu) en retard pour retirer les illuminations du sapin de Noël qui trône dans le salon légèrement défraîchi. Ou devrais-je dire, je traîne volontairement des pieds comme chaque année pour tirer un trait sur l’ambiance familiale des fêtes de la Nativité. Mais voilà ! La nature reprend ses droits et les branches pendouillent, les aiguilles tombent, le temps passe.

Elles sont loin les tablées de la famille avec les enfants, petits et grands, le repas qui sort de l’ordinaire, les nouvelles qu’on échange, les rires partagés mais aussi les frustrations et les grincements de dents, la fatigue et les attentes déçues. Mais la nostalgie, ce mal du passé, arrondit les angles et enjolive le tableau.

On peut aussi faire de Noël tous les jours de la vie. C’est un peu retenir le temps que de bloquer le calendrier sur une fête permanente. C’est le propos bien naïf du film romantique A wish for Christmas dans laquelle l’héroïne propose dans son travail aux clients un « noël 365 » pour faire de chaque jour une féérie sans fin, un quotidien de générosité et de partage sous le signe de la guirlande et des chocolats chauds.

Retenir le temps empêche de lâcher prise, de chérir le souvenir des moments qui ne reviennent pas. « Tous les matins du monde sont sans retour » écrit Pascal Quignard dans le film éponyme sur un air de viole de gambe. Retenir la fuite du sablier est un vain combat qui nous retient en arrière, loin des futurs possibles qui peuvent être aussi l’occasion renouvelée de partage et de générosité.

Jésus ne nous rappelle-t-il pas que « celui qui a commencé à labourer et qui regarde en arrière n’est pas bon pour le Royaume de Dieu » (Luc 9,62) ?

Une fois de plus, il faut rappeler que la présence à mon frère et à ma sœur se fait dans le présent non dans le passé ni dans le futur. Elle ne peut se vivre que dans l’extrême instantané du grain au milieu exact du sablier. Ce simple rappel vaut pour toutes nos rencontres et en particulier au sein de notre famille, auprès des nôtres que nous côtoyons grain de sable après grain de sable. Parfois les proches s’éloignent sans se rendre compte que le sablier s’écoule irrémédiablement.

Le Christ nous rappelle que chaque grain est un résumé du Royaume des Cieux qui nous est offert comme condensé infini du Paradis, celui de vivre l’Amour avec nos frères et sœurs.

Pour cela, pas besoin de sapin…

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