Parole et vie,

Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Parole et vie

Homélie pour le 2e Dimanche de l’Avent (C)

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

L’Amour nous donne rendez-vous!

Difficile de ne pas être touché, impressionné par le message et les accents de la liturgie de ce dimanche. C’est souvent le cas dans le temps de l’Avent. Mais il me semble que c’est plus fort aujourd’hui. Sans doute avez-vous été saisis vous aussi par l’une ou l’autre des lectures. Je me permets de vous dire ce qui m’a rejoint davantage.

D’abord les mots du prophète Baruck. Ses paroles d’encouragement. Son exhortation vigoureuse. Jérusalem doit quitter sa robe de tristesse et de misère pour revêtir la parure de la gloire de Dieu. Un appel à sortir de nos tristesses. À oublier nos soucis, nos découragements. À prendre de la hauteur, pour retrouver la joie et la fierté de ceux et celles qui se savent aimés de Dieu. Une invitation à nous tenir debout et à regarder ce qui va bientôt arriver, quand Dieu prendra les choses en main. Voici qu’il vient en son Fils, avec amour et justice, nous apporter la paix. Il nous conduira vers la pleine joie dans sa miséricorde. 

Il n’y a qu’un grand amour comme celui du Seigneur qui puisse faire cela. L’immense amour de notre Dieu nous porte à la confiance, à réagir pour entrer dans cette miséricorde qu’il nous offre et à déployer tout l’amour dont nos cœurs sont capables. Dans un monde qui souvent déçoit et nous laisse insatisfait, la Parole nous invite à relever la tête, à prendre courage, à retrouver l’espérance et le chemin du bonheur dont le Père rêve pour nous, que lui-même il a mis en œuvre pour nous en son Fils, le Christ vivant, notre Sauveur.

S. Paul – dans sa lettre aux Philippiens – reprend les choses à la base, au ras de nos vies concrètes, évoquant les débuts de cette communauté chrétienne qu’il a lui-même fondée. Ces gens de Philippe, il les aime depuis le temps de Lydia qui avait reçu dans sa maison les premiers missionnaires de l’Évangile, Paul et quelques compagnons. S. Paul est un homme passionné, un amoureux, un être de charité. Il parle avec son cœur. « Dieu est témoin, écrit-il, de ma vive affection pour vous tous dans la tendresse du Christ Jésus. » Et sa prière pour les chrétiens de Philippe comme pour nous, c’est que l’amour nous fasse progresser, avancer dans la connaissance et la clairvoyance de ce qui est important. Ainsi nous serons purs et irréprochables pour le jour du Christ, comblés du fruit de la justice qui s’obtient par Jésus lui-même. Des mots lourds de vérité!

Enfin l’évangile présente de façon solennelle le contexte dans lequel va s’inscrire la mission du prophète Jean, le Précurseur. Son témoignage aura une portée universelle. « Toute chair verra le Salut de Dieu ». C’est sur ces mots que s’achève le récit. S. Luc mentionne d’abord le cadre immense de l’empire romain, avec à sa tête l’empereur Tibère, il évoque des provinces, autant celles d’Israël que les voisines, étrangères à la foi juive; toutes elles sont concernées par l’appel à une conversion qui ouvrira un chemin pour Dieu. 

Le décor du monde est immense, mais la Parole de Dieu s’introduit dans un tout petit espace. Elle rejoint un pauvre, un itinérant de Dieu, le Baptiste, dans le désert, pour faire de lui l’annonciateur des temps nouveaux. Ce même prophète nous interpelle en notre Avent 2021 pour une préparation, une conversion. Il frappe à la porte de notre cœur. Son appel vient nous toucher, nous secouer. Pour que nous soyons prêts, pour que nous ne manquions pas le rendez-vous qui nous fait entrer dans le Salut de Dieu.

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