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Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Parole et vie

Homélie pour la fête de l’Épiphanie

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

Nous sommes les Mages!

Toujours la même belle histoire nous revient au jour de l’Épiphanie. Nous retrouvons l’Étoile parue en Orient. Le long pèlerinage de ces hommes dont on ne sait pas grand-chose, sinon qu’ils ont été alertés par un astre qui leur annonçait la naissance d’un roi chez les Juifs, et qu’ils sont partis, qu’ils se sont mis en route pour venir l’adorer chez lui, chez les siens, à Jérusalem.

C’est toujours la même histoire, mais toujours nouvelle parce que chargée de notre humanité changeante, en quête d’absolu, de bonheur et de paix. C’est le récit dramatique de notre voyage vers Dieu, de notre voyage aussi des uns vers les autres.

Ce qui me touche davantage cette année, c’est ce mouvement des mages, leur mise en route, leur désir si intense de se rendre auprès du Nouveau-Né. Cette énergie qui les anime et les pousse vers Jérusalem, puis vers Bethléem. Ce désir qui s’éveille en eux à la vue de l’étoile sans doute, mais qui, au fond, leur vient de Dieu lui-même par l’interprétation qu’ils font du signe qu’ils ont observé. Ce désir, il les meut au plus profond d’eux-mêmes.

C’est tout cela ensemble qui les amène à Jérusalem. Et c’est ainsi qu’ils puisent au trésor des Écritures et qu’ils peuvent entreprendre le dernier droit du chemin vers l’Enfant. Il a fallu encore l’Étoile pour qu’enfin ils découvrent le lieu où voir Jésus et sa mère. Ils comprendront peut-être au bout du chemin que l’Étoile c’était déjà Lui.

Apprenons du témoignage de ces mages la docilité et l’humilité qu’il nous faut, la curiosité spirituelle qui nous est nécessaire. Le désir de Dieu qui nous fera traverser mers et mondes, montagnes et déserts pour aller jusqu’au bout de notre quête, pour trouver Dieu présent en son Fils bien-aimé, l’enfant aussi de notre chair.

C’est une marche d’humilité et de pauvreté qui nous attend nous aussi. Les richesses matérielles ne sont pas nécessaires. Elles seront peut-être notre offrande, mais l’essentiel de la rencontre c’est de connaître, de reconnaître et d’adorer le Fils dans ce petit enfant. Une rencontre qui ne peut être qu’au bout d’un long chemin de patience, de dépouillement, de purification intérieure et de fidélité.

Il est dit que les mages ont fait escale à Jérusalem. La cité sainte leur a sans doute paru un peu endormie, occupée à autre chose, et soudainement inquiète et troublée. Peut-être avons-nous là l’image de nos communautés croyantes déjà bien averties et informées, mais qui souvent ne bougent pas, sont insouciantes, difficiles à mobiliser.

Et pourtant l’Enfant, il est tout proche de nous, au milieu de nous. Nous n’avons peut-être qu’à marcher un tout petit peu pour le trouver, pour l’accueillir. Souvent nous nous sommes assoupis, incapables de reconnaître le visage du bien-aimé dans le démuni à côté de nous. Lui qui s’est fait si petit, si pauvre, si pareil, pour que nous allions avec amour, humilité et tendresse vers lui et sa mère.

L’histoire des mages, c’est l’histoire du Christ venu dans notre monde. Cette belle histoire nous dit comment le chercher et le trouver. Nous sommes ces pèlerins dont le Père lui-même se fait le guide pour qu’à la fin nous trouvions son Fils. Que notre rencontre avec Lui soit pour la joie, la paix, le recueillement en sa présence. Qu’elle nous tienne loin de l’attitude mesquine et jalouse du roi Hérode. Méfions-nous de ce personnage dangereux qui rôde alentour! En retournant chez nous, prenons l’autre chemin, la route de l’Évangile, celle de l’amour fraternel, de la justice et de la paix. Et l’Étoile brillera encore, qui dira la présence au milieu de nous du Christ vivant, notre Sauveur!

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