Nous deux,

Responsable de la chronique : Caroline Pinet
Nous deux

À l’écoute

Imprimer Par Caroline Pinet

Nous cherchons souvent quel serait l’élixir de longévité du mariage. Les formules qui circulent un peu partout sont sûrement pour la plupart de bonnes idées à mettre en application. Mais si l’éternité s’obtenait à coup de recettes qu’il suffirait d’appliquer, ça se saurait ! En fait, la complexité de l’être et des relations diverses est telle qu’il faut être humble et accepter l’idée que la vie conjugale est un chemin étroit et que les pèlerins que sont les époux avancent sans connaître exactement l’itinéraire. Mais certaines balises sont tout de même nécessaires au parcours.

On nous parle souvent de l’importance de la communication au sein du couple. Et à travers cela, on insiste souvent sur le fait de se dire… Mais, on attire beaucoup moins l’attention sur l’importance d’écouter. Non pas d’entendre, mais bien d’écouter.

En fait, l’écoute est sans doute « l’ingrédient » le plus important. Mais nous avons tellement besoin de nous dire que nous oublions trop souvent que l’autre a besoin qu’on l’écoute. Pourtant, toutes nos relations reposent sur l’importance première de savoir écouter.

« En 1846, le philosophe danois Kierkegaard écrit dans son Journal : « L’homme immédiat pense et s’imagine que le plus important, quand il prie, ce sur quoi il doit surtout insister, c’est que Dieu entende ce qu’on lui demande. Et, cependant, au sens éternel de la vérité, c’est justement l’inverse : la vraie relation dans la prière n’est pas quand Dieu écoute ce qu’on lui demande, mais lorsque celui qui prie persiste à prier jusqu’au moment où il devient celui qui écoute, qui écoute ce que Dieu veut » ! Plus que demander, prier, c’est d’abord écouter Dieu qui nous parle. « Parle, Seigneur, ton serviteur écoute » (1 Samuel 3, 9). La prière est réponse à sa parole en nous et en l’autre, dans la Bible et la nature.»1

Savoir écouter est un art à développer. L’écoute réelle nécessite qu’on le fasse sans interrompre l’autre, sans le juger sur ce qu’il exprime. Il nous faut questionner et reformuler les propos de l’autre afin de nous assurer que nous l’avons  bien compris. Mais davantage qu’une simple technique de communication, l’écoute est aussi action, c’est-à-dire que nous devons dans notre quotidien traduire la suite de ce qui nous a été dit. Par exemple, si notre conjoint appréhende un entretien qui doit se dérouler dans la journée, au retour, il sera important de demander des nouvelles de ce point qui l’inquiétait tant. 

L’écoute n’est pas seulement destinée aux situations de souffrance ! Elle s’insinue également dans les souhaits exprimés par l’autre même quand il ne les formule pas en mode revendicatif. C’est même là le sel de la vie ! Ainsi, ce petit goût de « pizza » qu’il avait formulé et auquel on a été attentif en créant l’occasion d’en manger ; ce bazar qui l’embête et qui a été rangé ; ce petit livre qu’il voulait s’offrir et qu’il retrouve par surprise sur la table de chevet sont des marques qui démontrent à l’autre combien nous prêtons attention à ce qu’il exprime. 

Nous sommes si souvent concentrés sur notre personne, nos besoins. Nous cherchons sans cesse à être comblé par l’autre sans toujours nous demander ce que nous pouvons apporter à l’autre :

« Ô Maître, que je ne cherche pas tant à être consolé qu’à consoler,
à être compris qu’à comprendre, à être aimé qu’à aimer,
car c’est en donnant qu’on reçoit, c’est en s’oubliant qu’on trouve, c’est en pardonnant qu’on est pardonné, c’est en mourant qu’on ressuscite à l’éternelle vie. »

 – Saint François d’Assise

 1    https://fr.aleteia.org/2017/12/20/plus-que-demander-prier-cest-dabord-ecouter-dieu/

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