Parole et vie,

Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Parole et vie

Homélie pour le 21e Dimanche (B)

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

Amour et liberté dans la nuit!

Nous sommes à la toute fin du long entretien de Jésus sur le Pain de vie. C’est maintenant l’heure du choix. Le moment où il faut se décider. Croire ou ne pas croire, voilà la question! Les auditeurs de Jésus sont placés au pied du mur. Vont-ils croire en lui et le suivre? Ou bien vont-ils le quitter? La situation est analogue à celle de l’assemblée de Sichem, au temps de Josué, quand Israël s’est retrouvé en terre promise, une terre vers laquelle il marchait depuis longtemps. « Choisissez aujourd’hui qui vous voulez servir », avait dit Josué.

C’est vrai que les propos de Jésus sont durs, difficiles à entendre. C’est le mystère de l’incarnation de Dieu en notre chair qui est en cause. Dieu présent en son Fils, devenu l’un de nous. Une présence offerte sous le signe du don, un pain venu du ciel pour faire vivre. Ce ne peut être que la preuve d’un grand amour. Mais pouvons-nous croire que l’Amour aille jusque-là?

Il est dit que la plupart des gens ont quitté Jésus à ce moment-là, eux pourtant si nombreux à avoir profité du grand signe des pains, il n’y a pas si longtemps. Ils sont dépassés par le Mystère. Ils s’en vont. Il ne reste que les Douze ou presque.

Le constat de cet abandon quasi général met en lumière l’humilité, la pauvreté, la fragilité de Jésus, le geste risqué d’un Dieu qui se donne et s’abandonne en son Fils, au risque du refus et du rejet. Déjà le mystère de la Passion et de la mort du Christ nous est ainsi annoncé.

La réponse des Douze, celle de Simon-Pierre, celle de l’Église, ne consiste pas à dire : J’ai tout compris. Elle dit : Seigneur, à qui irions-nous? Tu as les paroles de la vie. Je te fais confiance. Tu es le Saint, l’Élu de Dieu. C’est une réponse de foi, de confiance et d’amour envers celui qui, par ailleurs, entend bien laisser à tous ses disciples leur liberté de rester ou de ne pas rester avec lui. Voulez-vous partir vous aussi? Or c’est plutôt un attachement têtu que Pierre lui exprime, dont Jésus nous laisse entendre qu’il le doit au Père lui-même : « Personne ne peut venir à moi si cela ne lui est pas donné par le Père. »

Nous en sommes là nous aussi en notre décision d’appartenir au Christ et à son Église. Non pas que nous soyons pleinement instruits, avec un lourd bagage de compétences, mais bien plutôt inspirés de marcher à la suite du Christ, entraînés par l’Esprit promis qui nous accompagne sur un chemin de vie, chemin d’ombres et de lumière, chemin de peines et d’espérance, en communion avec Celui qui toujours se donne à nous comme nourriture pour la route, pour aller ensemble avec lui vers les autres, vers le Père.

Comme nous le rappelle la lettre aux Éphésiens, notre marche est celle de l’amour, d’un amour de fiançailles et d’alliance durable! Le Christ nous a aimés et s’est livré pour nous. C’est là que nous trouvons notre motivation première. Jamais il ne nous laissera tomber. C’est à nous de lui être fidèles, par tout l’amour fraternel que nous saurons vivre dans quelque état de vie qui soit le nôtre. Nous avons à cultiver ce modèle selon lequel il s’unit à son Église, et que nous tenons de nos origines, nous qui sommes créés, homme et femme, à l’image de Dieu. Ce modèle qui est bien ce que nous avons de plus beau, de plus intime, de plus fécond, c’est le modèle conjugal. Celui de la fidélité, de l’amour total, de la communion parfaite! 

Voilà la belle image, le rêve, l’idéal de notre rapport avec lui ! Nous aimer les uns les autres comme il nous a aimés. Porter le témoignage d’un tel amour à notre monde en quête de son accomplissement, en recherche d’un Salut que Dieu s’offre à lui donner dans le Christ.

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