Parole et vie,

Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Parole et vie

Homélie pour le 16e Dimanche (B)

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 6, 30-34

En ce temps-là,
après leur première mission,
les Apôtres se réunirent auprès de Jésus,
et lui annoncèrent tout ce qu’ils avaient fait et enseigné.
Il leur dit :
« Venez à l’écart dans un endroit désert,
et reposez-vous un peu. »
De fait, ceux qui arrivaient et ceux qui partaient étaient nombreux,
et l’on n’avait même pas le temps de manger.
Alors, ils partirent en barque
pour un endroit désert, à l’écart.
Les gens les virent s’éloigner,
et beaucoup comprirent leur intention.
Alors, à pied, de toutes les villes,
ils coururent là-bas
et arrivèrent avant eux.
En débarquant, Jésus vit une grande foule.
Il fut saisi de compassion envers eux,
parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger.
Alors, il se mit à les enseigner longuement.


Le repos de la compassion!

Il y aurait beaucoup à dire sur les beaux textes que nous venons de lire. Chacun mériterait qu’on s’y arrête longuement, tellement ils sont porteurs de sens et de lumière sur l’essentiel de notre foi : Le Christ est le Bon Berger. Nous sommes tous de son troupeau. Il a fait notre unité dans le sang de sa croix. Il est notre paix. Il nous porte en son cœur. Mais entrons dans le message de ce dimanche par la porte de l’Évangile dont le récit nous éveille au mystère du Seigneur et au nôtre.

Les apôtres reviennent de leur mission. Ils sont allés, on s’en souvient, fidèles aux consignes de leur maître, 2 par 2, avec pas de bagage, dans les villages d’alentour. Ils reviennent et ils témoignent de ce qu’ils ont vécu. Heureux de retrouver leur maître, ils ont beaucoup à raconter; ils ont besoin de se reposer, d’être ensemble après ce temps d’éloignement. On applaudit à l’initiative de Jésus quand il leur propose de se retirer à l’écart, de prendre du recul.

Or, nous voyons que leur plan ne va pas marcher. La foule les rattrape, et même les précède, à l’endroit où ils s’en vont. On voit la fébrilité des gens qui, dans leur course donnent des signes d’affolement et d’errance. Ils sont comme des brebis sans berger.

On comprendrait Jésus et ses disciples d’être déçus de ce qui arrive, de ne pas accoster et de fuir vers ailleurs. Non, l’évangéliste porte notre attention sur un Jésus qui saisit l’urgence de la situation. La compassion l’emporte. Le Seigneur n’hésite pas à enseigner longuement à ces gens qui ont faim et soif de lumière, qui vont nourrir leur espérance à partir des signes que Jésus accomplit pour eux. À défaut de connaître le contenu de cet enseignement, nous comprenons que la lumière et l’espérance, c’est Jésus lui-même. C’est lui le vrai berger qui prend soin de ses brebis, qui les rassemble, qui les nourrit, parce qu’il les aime.

Il y a dans cette page d’évangile comme un double message, paradoxal. D’abord cette proposition de Jésus aux apôtres d’aller se reposer, à l’écart, dans un endroit désert. Se retrouver soi-même. Prier le Père. C’est son réflexe à lui, on le voit ailleurs dans l’Évangile. C’est important! Mais il y a aussi cette sollicitude qu’il a aussi pour les gens et qu’il nous enseigne. La mission est toujours là qui urge et qui nous sollicite. Même au beau milieu de nos repos, il se peut que nous soyons dérangés. Saurons-nous alors nous rendre disponibles pour une attention chaleureuse à telle ou telle personne qui se tourne vers nous, pour de l’aide, pour une écoute, pour notre amitié ?

Bien sûr, nous avons besoin de vivre des moments de repos, une distance utile. Mais nous avons, en tant que disciple du Christ, un devoir de charité qui nous interpelle. La charité du Christ nous presse, dit Saint Paul aux Corinthiens. La charité nous pousse à nous rendre attentifs au prochain. L’amour de compassion possède une force et une fécondité qui est dépassement dans le service, dans l’accomplissement des tâches les plus humbles comme dans l’exercice de responsabilités plus importantes. C’est ainsi que le Seigneur nous associe à son œuvre pastorale, non pas sans nous avoir unis à lui d’abord. S’il fait corps avec nous dans l’Eucharistie, c’est pour que nous puissions nous reposer en lui et sur lui, et devenir comme lui des êtres de compassion et d’amitié pour ceux et celles que l’Esprit met sur notre route. Baptisés et confirmés en lui nous communions à la vie du Christ ressuscité. Rendons grâce à Dieu pour ce bonheur de vivre dans la Paix que le Christ nous a acquise et pour la joie d’en témoigner.

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