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Responsable de la chronique : Yves Bériault, o.p.
Méditation chrétienne

Ô mon Dieu, Trinité que j’adore

Imprimer Par Élisabeth de la Trinité

La bienheureuse Élisabeth de la Trinité (née Élisabeth Catez le 18 juillet 1880 et morte le 9 novembre 1906) est une religieuse française, carmélite, béatifiée par le pape Jean-Paul II le 25 novembre 1984 à Saint-Pierre de Rome.


Aidez-moi à m’oublier entièrement pour m’établir en vous, immobile et paisible comme si déjà mon âme était dans l’éternité. Que rien ne puisse troubler ma paix, ni me faire sortir de vous, ô mon immuable, mais que chaque minute m’emporte plus loin dans la profondeur de votre mystère. Pacifiez mon âme, faites-en votre ciel, votre demeure aimée et le lieu de votre repos. Que je ne vous y laisse jamais seul, mais que je sois là tout entière, tout éveillée en ma foi, tout adorante, toute livrée à votre action créatrice.

Ô mon Christ aimé, crucifié par amour, je voudrais être une épouse pour votre coeur, je voudrais vous couvrir de gloire, je voudrais vous aimer. . .jusqu’à en mourir ! Mais je sens mon impuissance et je vous demande de me «revêtir de vous-même», d’identifier mon âme à tous les mouvements de votre âme, de me submerger, de m’envahir, de vous substituer à moi, afin que ma vie ne soit qu’un rayonnement de votre vie. Venez en moi comme adorateur, comme réparateur et comme sauveur. Ô Verbe éternel, Parole de mon Dieu, je veux passer ma vie à vous écouter, je veux me faire tout enseignable afin d’apprendre tout de vous. Puis, à travers toutes les nuits, tous les vides, toutes les impuissances, je veux vous fixer toujours et demeurer sous votre grande lumière; ô mon astre aimé, fascinez-moi pour que je ne puisse plus sortir de votre rayonnement.

Ô feu consumant, Esprit d’amour, survenez, en moi, afin qu’il se fasse en mon âme comme une incarnation du Verbe : que je lui sois une humanité de surcroît en laquelle il renouvelle tout son mystère. Et vous, ô Père, penchez vous vers votre pauvre petite créature, «couvrez-la de votre ombre », ne voyez en elle que le « Bien-aimé en lequel vous avez mis toutes vos complaisances ».

Ô mes trois, mon Tout, ma Béatitude, Solitude infinie, immensité où je me perds, je me livre à vous comme une proie. Ensevelissez-vous en moi pour que je m’ensevelisse en vous, en attendant d’aller contempler en votre lumière l’abîme de vos grandeurs.

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