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Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Parole et vie

Homélie pour l’Épiphanie

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

Accueillir l’autre en sa quête de lumière

Les temps ont bien changé dans nos milieux. Nous faisons chaque jour des rencontres qui nous surprennent avec plein de visages nouveaux: qu’ils soient africains, latinos, amérindiens, gens d’Asie, du Moyen-Orient ou d’ailleurs. Tous ces gens avec nous font que notre monde, à Québec, est devenu multiculturel, multi-ethnique. Les premiers arrivés craignent toujours de perdre leurs avantages et leurs privilèges. Comment faut-il réagir en présence de ceux qui viennent d’ailleurs, portés par un rêve, guidés peut-être par une étoile?

Bien sûr, c’est d’abord la surprise et l’étonnement. Une certaine curiosité, comme avec les touristes. Mais parfois c’est la peur, l’inquiétude, la volonté d’échapper à une remise en question de soi, de nos propres traditions. Ce qui est nouveau risque toujours de nous déranger dans nos certitudes, nos habitudes de vie, notre confort. Allons-nous en profiter pour approfondir nos valeurs, les mettre à l’épreuve et les partager, ou bien nous retrancher, frileux, dans le chacun pour soi? Les nouveaux venus, savons-nous qui ils sont, ce qu’ils cherchent? Prenons-nous le temps de les écouter?

En ce jour de l’Épiphanie du Seigneur, nous pouvons justement mettre en perspective ce phénomène qui nous affecte tous, car il a là quelque chose à voir avec notre foi. Cette foi de notre baptême, que nous portons souvent bien discrètement, notre foi tranquille, pour ne pas dire endormie, Une foi qui est soudainement bousculée, amenée à se préciser, appelée à s’instruire davantage, à prendre du service sur ce point délicat de l’accueil de l’autre dans nos vies.

Il ne s’agit pas d’abandonner nos croyances, mais de les mettre en force. Car l’Évangile est ouverture à l’autre, bonne nouvelle pour tous, appel à la communion, à la réconciliation, à l’amour fraternel, dans la pleine lumière. Face à l’autre, il faut se mettre en état d’accueil, de service et d’amitié possible. Il faut le considérer comme s’il était ces mages venus d’Orient, dont parle l’Évangile. 

Chacun cherche le chemin à suivre pour trouver le bonheur. Saurons-nous le guider et l’accompagner dans sa quête profonde? Une étoile l’a conduit jusque chez nous. Pourquoi réagirions-nous envers lui avec méfiance? Inquiétude? Peur? Jalousie?

Ne devrions-nous pas composer avec l’autre pour la joie d’une découverte? Lui partager dans la confiance ce que nous sommes, ce que nous savons? Sachant écouter ce qu’il a à nous dire de son chemin parcouru, des certitudes qui l’habitent, de la sagesse qui l’inspire? Quand nous vivons selon nos valeurs, nos pratiques, notre savoir-faire, il nous met au défi d’être aussi un heureux témoin du Christ Sauveur, frère ou sœur de tous et de chacun, de chacune.

Et si, au-delà de nos réserves et de nos préjugés, nous mettions tous ensemble nos énergies, nos talents, notre amour. Si, du moins pour notre part, nous arrivions à comprendre que le Seigneur, le Dieu de Jésus Christ, est le créateur de tous, à croire qu’il nous a tous faits à l’image de son Fils, nous saurions voir  en chacun de ces frères, en chacune de ces sœurs un reflet de la gloire, de la beauté, de la bonté de Dieu, le vrai visage du Christ, son Enfant.

Faisons de l’Épiphanie autre chose qu’une pensée abstraite dans notre tête! Que cette fête nous donne d’être docile à la poussée de l’Esprit de Pentecôte, l’Esprit de notre baptême! Qu’elle nous donne d’accomplir notre vocation de fils ou fille de Dieu, frère ou sœur de qui cherche son chemin et le sens de sa vie, d’où qu’il vienne.

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