Parole et vie,

Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Parole et vie

Homélie pour le 33e Dimanche (A)

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 24, 14-30

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples cette parabole :
    « C’est comme un homme qui partait en voyage :
il appela ses serviteurs et leur confia ses biens.
    À l’un il remit une somme de cinq talents,
à un autre deux talents,
au troisième un seul talent,
à chacun selon ses capacités.
Puis il partit.

    Longtemps après, le maître de ces serviteurs revint
et il leur demanda des comptes.
    Celui qui avait reçu cinq talents s’approcha,
présenta cinq autres talents
et dit :
‘Seigneur,
tu m’as confié cinq talents ;
voilà, j’en ai gagné cinq autres.’
    Son maître lui déclara :
‘Très bien, serviteur bon et fidèle,
tu as été fidèle pour peu de choses,
je t’en confierai beaucoup ;
entre dans la joie de ton seigneur.’ »

COMMENTAIRE

Une mutuelle confiance!

« Serviteur bon et fidèle, entre dans la joie de ton seigneur. » L’éloge et la récompense proclamés deux fois dans la parabole, nous aurions aimé les entendre une 3e fois. Or, c’est une remontrance et une condamnation qui tombent sur le 3ème serviteur. Pourquoi tant de sévérité? Où est la faute de celui qui a tout fait, semble-t-il, pour sauver le talent qui lui avait été confié? Pourquoi un tel sort pour le pauvre homme, traité à la fin de bon à rien et même jeté dehors? Son maître serait-il vraiment trop sévère ou trop exigeant? Mais s’il y avait là justement une leçon sur le sens et le sérieux de notre vie, une révélation sur le vrai visage du Père de Jésus? 

Ce qui saute aux yeux dans la parabole, c’est l’initiative du maître, sa confiance, son sens de l’équité. L’homme dont parle Jésus a confié ses biens à ses serviteurs avant de partir en voyage. Ce n’est pas rien cette responsabilité qu’il confie à ses gens, cette considération qu’il a pour eux. A chacun il prête une somme selon ses capacités. Il n’est rien dit de ses attentes. C’est comme si cela allait de soi, la confiance et la bienveillance appelant une réponse du même ordre. À chacun donc de se débrouiller. Nous comprenons à la fin qu’il s’agissait pour tous et chacun d’honorer par une certaine productivité l’initiative et l’amitié du maître à leur endroit.

« Longtemps après, le maître revient et il leur demande des comptes. » Rien de plus normal. Il apprend vite ce qui s’est passé. Aussitôt il fait l’éloge des 2 premiers serviteurs. Qu’ont-ils fait de spécial? Ils ont plus que doublé la mise, ils ont épousé la cause de leur maître. Aussi ils vont entrer « dans la joie de leur seigneur ». Vivre une telle communion avec lui, c’est pour eux le parfait bonheur!

Le 3ème serviteur, lui, a pris un autre chemin. Ç’eut été facile pour lui de laisser fructifier son talent. Doubler la mise, c’était peu de chose dans son cas. Il aurait suscité la fierté du maître; il aurait eu part à son bonheur. Mais il a eu peur, une peur morbide qu’il tenait d’une prétendue expérience ou plutôt d’une appréhension qu’il avait de son maître. « Seigneur, je savais que tu es un homme dur. » L’idée terrifiante qu’il se fait de lui a faussé tout lien de confiance et paralysé le serviteur, au point qu’il s’est crispé sur le talent reçu, pour le cacher, l’enfouir. Ce faisant, il se vouait à la stérilité. Dans le blâme qui lui est adressé, nous voyons quel comportement est réprouvé : c’est celui d’avoir trahi la confiance à force d’avoir peur, à cause d’une fausse image de son maître qu’il cultive en lui-même. Il sera jugé sur cette image. Il s’est excommunié lui-même!

Cette parabole nous instruit sur Dieu et sur nous. Elle nous dit que Dieu est bienveillant, qu’il nous fait confiance pour l’achèvement de son œuvre; que nous sommes responsables devant lui; qu’une saine relation avec Dieu, basée sur la connaissance que le Christ nous a donnée de lui, est primordiale. Nous sommes appelés à vivre avec le Père et le Fils un régime d’amour et de confiance, où l’Esprit nous accompagne, non pas pour la peur et le retrait, mais pour l’harmonieuse fidélité de notre service. Il s’agit pour nous d’honorer chaque jour la confiance qui nous est faite. Ne pas avoir peur! Voilà la consigne maintes fois rappelée par Jésus dans l’Évangile!

Rendons grâce pour le partage que le Seigneur nous fait de son mystère d’amour et de communion. Laissons-le produire en nous le fruit attendu de confiance et de paix! Et nous pourrons goûter la joie promise aux bons et fidèles serviteurs devenus pour toujours les amis de Dieu. 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Parole et vie

Les autres chroniques du mois