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Responsable de la chronique : Gilles Leblanc
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Petits débrouillards : FAHIM et DONNE-MOI DES AILES

Imprimer Par Gilles Leblanc

Au cinéma, il est toujours plaisant de voir un film d’aventures mettant en vedette des jeunes faisant montre d’audace et de créativité. C’est le cas pour deux films récents. Dans FAHIM, le réalisateur Pierre-François Martin-Laval surprend avec l’étonnante histoire d’un jeune réfugié qui se passionne pour le jeu d’échecs. Pour sa part, l’écrivain et cinéaste Nicolas Vanier présente dans DONNE-MOI DES AILES l’invraisemblable épopée d’un adolescent qui remue mer et monde pour assurer la migration d’oiseaux en voie d’extinction.     

FAHIM

Abandonnant la comédie à grosses ficelles (GASTON LAGAFFE), Pierre-François Martin-Laval revient avec FAHIM, l’histoire touchante d’un jeune Bangladais qui, à force de travail et de courage, surmonte les épreuves. Inspiré d’une histoire vraie, le récit mélange humour, tendresse et drame.

Craignant pour sa sécurité et celle de ses proches en raison de son opposition au régime en place au Bangladesh, Nura projette de fuir en France avec son fils de 10 ans, Fahim. Son objectif : s’installer en région parisienne, trouver du travail et un logement, régulariser sa situation, puis faire venir sa femme et sa fille. Pour amadouer Fahim, qui ne veut pas partir, Nura lui fait miroiter la possibilité de suivre des cours d’échecs avec un grand champion.

Après un long voyage, les deux réfugiés arrivent enfin en banlieue de Paris, où ils sont hébergés dans un foyer pour immigrés. Pendant que Nura multiplie les démarches afin d’obtenir l’asile politique, Fahim tente d’intégrer un modeste club d’échecs dirigé par Sylvain Charpentier, un vieux maître bourru. Ce dernier, réalisant le potentiel du gamin, accepte de l’entraîner en vue des championnats de France.

La réalisation s’avère sensible, sans jamais sombrer dans la mièvrerie. Si les auteurs mettent en lumière les embûches que rencontrent les immigrés, ces aspects sont vite évacués au profit de longues séquences célébrant les subtilités du jeu d’échecs. Face à un Gérard Depardieu sobre en ogre tendre, le jeune Ahmed Assad (dont le parcours personnel est très proche de celui du vrai Fahim Mohammad) est d’un grand naturel.

DONNE-MOI DES AILES

À partir d’une histoire vraie, qu’il a également racontée dans un roman, Nicolas Vanier livre un récit d’aventures touchant. Le réalisateur de BELLE ET SÉBASTIEN met à profit son passé de documentariste pour filmer le vol majestueux des oies, qui n’ont pas été dressées pour les besoins du film.

Thomas, 14 ans, se voit obligé de passer ses vacances d’été en Camargue avec son père Christian, chercheur au Muséum national d’histoire naturelle, qu’il ne voit qu’épisodiquement. L’idée d’aller s’enterrer dans une petite maison sans confort ni réseau sans fil n’enchante guère l’adolescent, du reste plutôt indifférent face au projet un peu fou de son père. Car contre l’avis de son directeur, ce dernier a en effet décidé de sauver de l’extinction les oies naines de Laponie en leur enseignant un nouvel itinéraire migratoire, plus long, mais plus sécuritaire.

À cet effet, Christian entreprend l’élevage d’une vingtaine de volatiles, qui serviront de cobayes lors d’un voyage périlleux en petit avion ultraléger motorisé (ULM). Alors que les jours passent, Thomas se fait accepter des animaux, qui le suivent bientôt au doigt et à l’œil. Le moment venu, père et fils prennent la route pour le Nord de l’Europe afin d’y relâcher les oies. Mais à leur arrivée en Norvège, les autorités sanitaires menacent de faire capoter toute l’expérience.

Les images aériennes sont magnifiques, dans la lignée de celles du PEUPLE MIGRATEUR de Jacques Perrin. Dans la peau d’un passionné prêt à tout pour arriver à ses fins, Jean-Paul Rouve s’avère juste et nuancé. À ses côtés, le jeune nouveau venu Louis Vasquez fait montre de naturel dans son jeu.

Signalons enfin que DONNE-MOI DES AILES s’est mérité le Prix du public au festival CINÉMANIA de Montréal à l’automne 2019.

Gilles Leblanc

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