Parole et vie,

Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Parole et vie

Homélie pour le 2e Dimanche du Carême (A)

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.
Lumière qui change tout!

Il nous est tous arrivé au cours de notre vie de fréquenter des personnes que nous pensions bien connaître. Nous allions à l’école avec elles. Elles ont grandi dans notre voisinage. Peut-être avions-nous développé avec elles une belle amitié. Diverses circonstances nous amenaient à les fréquenter. Il a fallu un évènement particulier pour soudainement nous les faire connaître davantage. Elles nous sont alors apparues sous un nouveau jour. Une sorte de révélation s’est produite en nous à leur sujet. Plus rien n’était pareil entre nous depuis lors. 

C’est un peu ce qui se passe avec Jésus pour les trois disciples présents avec lui sur la montagne aujourd’hui. Une expérience marquante survient là-haut, qui va laisser des traces dans leur cœur et leur esprit. Jésus est transfiguré. Une vision s’offre aux trois disciples : deux grands personnages d’autrefois sont là qui parlent avec leur maître. L’homme de la loi, Moïse, et le grand prophète, Élie, sont pour un temps associés à Jésus, alors que bientôt ils s’estompent comme pour lui céder la place. Il y a ensuite cette voix venue du sein de la nuée lumineuse, qui proclame : « Celui-ci est mon fils bien-aimé, en qui je mets toute ma joie : écoutez-le! » Et puis tout s’arrête là : il n’y a plus que Jésus seul avec eux.

« Jésus s’approcha, les toucha et leur dit : « Relevez-vous et n’ayez pas peur! » Levant les yeux, ils ne virent plus que lui, Jésus seul.» Pour les trois disciples, ramenés tout doucement à leur réalité de tous les jours, leur maître ne sera plus le même. De cette vision, n’en parlez pas, leur demande Jésus. Sa consigne est stricte. Vous en parlerez après Pâques seulement. Vous direz alors ce que vous avez vu et entendu sur la montagne. Cela vous aidera à comprendre, à entrer dans tout le mystère de ma présence au milieu de vous. Vous pourrez ainsi mieux continuer votre marche à ma suite. 

Ainsi l’épisode furtif de la transfiguration du Seigneur s’inscrit dans la trame de la vie simple et cachée qui va suivre aussitôt son cours. Mais il nous rappelle que nos vies bien ordinaires et parfois même dures et difficiles nous mènent quelque part. Tout comme il y a un lien significatif entre la vision contemplée sur la montagne et l’événement prochain de la passion, de la mort et de la résurrection du Christ, ainsi toute transfiguration dans notre vie présente est au service de ce qui s’en vient, pour encourager et soutenir notre marche à la suite de Jésus et de ses disciples vers Jérusalem et vers Pâques. 

Cette expérience que les trois disciples ont eu mission de nous rapporter devient pour nous un appui important pour mieux saisir le témoignage du Christ. La voix du Père, grâce à eux, nous rejoint nous aussi. Elle nous dit d’écouter le Fils.  Nous avons besoin nous aussi de la transfiguration pour suivre Jésus dans la foi jusqu’en sa Pâques, pour tenir dans la vie ordinaire et accompagner le Christ souffrant en ses pauvres, en nous-mêmes. 

Nous devons profiter de tous ces moments de joie, de lumière, de bonheur que Dieu nous donne de vivre et qui nous sont comme une consolation, un encouragement, une anticipation de Pâques. Le Seigneur alors nous fait signe. Il nous dit : Tu es sur le bon chemin, ne lâche pas. Comme Moïse et Élie se sont montrés fidèles, nous aussi nous puisons dans la foi l’énergie qu’il nous faut pour aller vers lui, avec lui, le pauvre, le malade, le petit, forts de l’espérance et de la joie données déjà dans la Pâques du Seigneur.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Parole et vie

Les autres chroniques du mois