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Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
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De l’an passé à l’année prochaine

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

Le Jour de l’An, tous nos regards se portent vers l’année qui vient. Et c’est bien normal! Nous nous tournons vers l’avenir. Nous nous souhaitons la santé, le bonheur. Nous faisons provisions de toutes les bénédictions possibles. Nous rêvons d’une année meilleure. Nous en prenons la ferme résolution, nous promettant d’être sages, d’agir avec audace et courage, mais aussi avec prudence et modération. Nous faisons les plus beaux scénarios pour l’année qui vient.

Il ne faut pas oublier pour autant l’année qui vient de se terminer. Pour ne pas répéter les mêmes erreurs, il nous faut les identifier, les regarder en face, sans ménagement. Bien sûr, nous ne répondons pas de tous les échecs, de toutes les bêtises, de tous les malheurs survenus. Mais nous en sommes parties prenantes, solidaires quelque part, bien souvent malgré nous.

L’année 2019 a été fertile en prises de conscience humanitaires, en mouvements sociaux. C’était sans doute aussi l’héritage de toute la décennie que de nous confronter à des enjeux politiques complexes qui sont devenus des impasses universelles : l’avenir de la terre, l’écologie et l’environnement, les migrations humaines massives, les réfugiés politiques et religieux, le terrorisme infiltré jusque près de chez nous. 

Au plan religieux, on ressent, à notre époque, dans notre pays tout au moins, une léthargie qui donne l’impression que nous sommes en devoir de gérer une décroissance, et que nous faisons face à une crise dont nous ne voyons pas quelle sera l’issue. 

Devant ces poussées de thèmes récurrents, peut-être sommes-nous portés à nous décourager? Serions-nous condamnés à devoir bientôt tout ramasser, fermer les livres et passer résolument à autre chose? Certains le pensent et le voudraient bien. Mais, devant ces constats, nous pouvons aussi réagir positivement. En commençant par une certaine acceptation de la situation présente. Car c’est le déni qui risque de rendre ces tendances irréversibles. 

Que nous faut-il faire? D’abord ne pas tout prendre sur nos épaules. Nous ne sommes pas nécessairement fautifs ni directement responsables de l’état actuel des choses. Demandons-nous seulement : Y a-t-il quelque chose que je puisse faire maintenant? Aujourd’hui? Demain? Ne pas attendre qu’on vienne me chercher pour un poste de haut niveau dans la hiérarchie. Mon engagement, il commence tout de suite : en essayant d’agir à mon niveau, à ma mesure.

Un confrère dominicain aimait affirmer qu’il fallait « penser globalement et agir localement ». Ça voulait dire qu’il fallait agir. Mais pour lui, c’était prendre aussi du temps pour soi, pour se recueillir, prendre une distance et faire silence. Nous n’en devenons que meilleurs pour les autres. Quand nous aurons voyagé un peu à l’intérieur de nous-mêmes, nous nous connaîtrons mieux, nous saurons mieux de quoi nous sommes faits, de quoi nous sommes capables. Ainsi faisait Marie au temps de l’enfance de Jésus. Elle en avait plein les bras et plein la tête et plein le cœur de son enfant Jésus. Elle se nourrissait en secret de tous les évènements qui bousculaient sa vie.

Mais voici que bien rapidement nous tournerons la page de l’année passée pour entrer dans la nouvelle. Non pas pour oublier l’ancienne. Mais pour mener plus loin le bâton du pèlerin, le bâton de cette course à relais dans laquelle nous sommes engagés. Puissions-nous porter alors les couleurs des valeurs d’humanité les plus hautes!

Je terminerai en énonçant quelques convictions qui m’habitent et dont je pense qu’elles pourraient produire des merveilles si chacun, chacune s’en faisait des principes pour sa vie et sa conduite tout au long de cette nouvelle année :

  1. Simplifier ma vie. Pratiquer le dépouillement volontaire. Me faire volontiers pauvre, avoir un cœur de pauvre.
  2. Vivre dans l’humilité, sans prétention, dans la vérité de ma condition humaine et sociale.
  3. Être de ceux qui font la paix, qui montrent de la bienveillance pour tous.
  4. Être de ceux qui espèrent et qui rêvent, faisant confiance à la vie et aux autres.
  5. Allier patience et tolérance. Pratiquer le détachement et l’abandon, qui ouvrent une porte sur Dieu, sur la transcendance, sur l’Autre dans ma vie.
  6. Respecter les autres. Considérer chacun comme un trésor à découvrir, comme un mystère devant lequel je doive m’incliner, m’étonner et m’émerveiller.
  7. Enfin, dès le début et tout au long de l’année, je soignerai la dimension verticale de ma vie, mon appartenance au Père. Cette attitude est celle qui accueille Dieu et sa vie et son amour. Chemin de prière! Liberté de ma foi. Croix du Christ Sauveur vers laquelle je puis me tourner à tout moment. Qui m’apporte guérison! Qui me rappelle sans cesse quelle rédemption m’est offerte!

Bonne et heureuse année 2020!

Jacques Marcotte, OP Québec

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