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Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Éditorial

Quel éditorial pour l’été?

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.
Balles de foin en Toscane, Italie

À quoi nous attendre pour cet été, qui puisse appeler un commentaire, une réflexion particulière, une réaction éditoriale?

Tout peut arriver, comme aussi rien se produire qui mérite notre attention, en fait d’évènements sensationnels, de crises ou d’accidents. On en vient d’ailleurs à souhaiter qu’il ne se passe rien de grave durant l’été. Et de permettre ainsi à tout le monde de se reposer. Le souhait de chacun, de chacune, pour l’été, n’est-il pas de connaître un moment de paix, de joie simple, de tranquillité?

Il y a bien sûr plein de choses qui se passent dans le monde et dont il faudrait parler dans l’espoir qu’elles s’arrêtent : les guerres larvées ici ou là qui font des victimes chaque jour; les tortures dans les prisons, dans les casernes de polices; les outrages faites aux femmes, aux minorités visibles, aux opposants politiques, aux autochtones dans certains pays; les injustices perpétrées par les puissants comme par les petits gangsters.  Bien sûr qu’il nous faudrait documenter ces faits et les révéler et faire campagne pour qu’ils cessent. Il y a une efficacité réelle des éditoriaux. Il faut nous en réjouir, nous en féliciter.

Il y a aussi les belles choses qui se passent chez nous et ailleurs, dont on oublie trop souvent de faire mention. Tant de belles réalisations, obscures ou manifestes, dont il faudrait parler : le travail qui s’accomplit sur la terre par tant de gens qui se dévouent pour gagner la croute de leur famille, finaliser des projets collectifs, mener à bien une recherche scientifique, assurer la paix et la sécurité dans nos sociétés. Tous ces dévouements et ces fidélités, assurés de jour en jour, mériteraient qu’on en parle.

Au moment de vivre cet été, je vous propose qu’au lieu de nous fixer sur un point, un problème, une réalité précise, nous ayons à cœur de penser globalement à tout ce que vit notre humanité à l’heure présente dans les couples, les familles, les personnes seules, les enfants, les jeunes gens, les gens d’âge mûr, les retraités, les vieillards. Pensons à tout ce grouillement d’êtres humains répandus sur toute la surface de la terre. Nous sommes des milliards et des milliards! Avec chacun sa destinée, son appel, sa quête de bonheur. Penser à tout ce monde. Vouloir le bonheur de tout ce monde. Pleurer avec ceux qui pleurent. Nous réjouir avec ceux qui connaissent la joie. Prier avec ceux qui prient. Aimer tout ce monde. Vouloir intensément qu’ils soient heureux. Nous avons là de quoi nous occuper pendant tout l’été et davantage.

Évidemment que ces  pensées tiennent à l’utopie. Nous n’avons pas de prises sur de si grands ensembles. Même notre voisin, notre voisine nous échappe. Chacun, chacune porte un mystère. Nous sommes des source uniques et intarissables de surprises. Un monde immense nous habite.

Voilà pourquoi il faut prendre des vacances. Pour nous retrouver personnellement. Pour habiter mieux notre corps, notre âme, notre esprit, notre cœur. Nous rétablir nous-même dans la paix retrouvée, dans l’abandon de ce qui nous stresse et nous fatigue. Retrouver le sens et la direction de notre vie. Retrouver notre foi, notre amour, qui sont là toujours disponibles, en attentes de notre engagement, de notre service, de notre vraie prière.

Quelle recette pour y arriver ? Ce peut être un moment tranquille passé en sirotant son café, ce peut être plein d’autres gestes particuliers accomplis au fil de l’été : la lecture d’un livre qui inspire et donne des idées; un temps de recueillement à l’écart; l’écoute d’une agence sérieuse de nouvelles sur le Net; le visionnement d’un beau film; une promenade tranquille dans la rue ou dans la nature, etc. Se laisser apprivoiser par les gens, par les choses, par la vie. Renouer peut-être avec de vieilles amitiés perdues. Accepter que la vie nous transporte plus loin, qu’elle nous apporte le cri du monde, l’appel de la vie, qu’elle nous garde dans l’espérance du monde qui vient.

Fr Jacques Marcotte, OP

Québec

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