Dieu en famille,

Responsable de la chronique : Raphaël Pinet
Dieu en famille

Promotion de l’entraide

Imprimer Par Raphaël Pinet

Dans son dernier ouvrage Le champignon de la fin du monde, l’anthropologue américaine Anna Lowenhaupt Sing montre à travers la chaîne d’approvisionnement en champignons matsutake entre les forêts de l’Oregon et le Japon, l’imbrication des différents acteurs (cueilleurs, négociants, importateurs, consommateurs) dans une économie capitaliste qui laisse des espaces libres à l’économie du don. Mieux que cela : les humains ne sont pas les seuls intervenants à côtés des champignons eux-mêmes et des pins tordus qui les abritent. Il existe une véritable histoire des espèces non humaines qui ne se laissent pas déterminer par la seule biologie. La vie ne serait pas dictée par son seul génome mais par des rencontres fortuites avec d’autres espèces qui modifient alors le devenir de l’autre.

Les matsutake apparaissent à la suite de déforestations massives lorsque les pins tordus poussent là où les feuillus s’épanouissaient. L’arbre nourrit d’hydrate de carbone le champignon pendant que le champignon grâce à son acidité dissout la roche pour en extraire les sels minéraux à destination de l’arbre. Voilà comment les pins réussissent à pousser sur de la roche ! C’est le résultat d’une relation symbiotique entre un arbre et un champignon qui ne peuvent vivre l’un sans l’autre.

L’espèce humaine peut-elle vivre sans Dieu ? Des millions de personnes en sont quotidiennement capables mais le dépérissement les guette s’ils ne sont pas transcendés par l’amour qui les porte au-delà d’elles-mêmes.

Dieu peut-Il vivre sans nous ? L’Amour peut-il exister et se suffire à lui-même sans objet à aimer ? En réalité, nous avons besoin de Dieu qui a besoin de nous également. Notre relation à Dieu est une relation symbiotique : deux espèces différentes _ l’une divine, l’autre humaine_ se complètent non dans un contrat donnant-donnant mais dans une relation aimant-aimant.

A cet égard, la famille peut être le lieu où s’expérimente l’amour qui nous dépasse et nous nourrit. Hors de l’amour, point de salut.

Nous sommes les matsutake de Dieu qui est là même dans les sols les plus arides !

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