Parole et vie,

Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Parole et vie

Homélie pour la Pentecôte (C)

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 14, 15-16.23b-26)

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Si vous m’aimez,
vous garderez mes commandements.
    Moi, je prierai le Père,
et il vous donnera un autre Défenseur
qui sera pour toujours avec vous.
    Si quelqu’un m’aime,
il gardera ma parole ;
mon Père l’aimera,
nous viendrons vers lui
et, chez lui, nous nous ferons une demeure.
    Celui qui ne m’aime pas
ne garde pas mes paroles.
Or, la parole que vous entendez n’est pas de moi :
elle est du Père, qui m’a envoyé.
    Je vous parle ainsi,
tant que je demeure avec vous ;
    mais le Défenseur,
l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom,
lui, vous enseignera tout,
et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. »

L’Esprit : comme un feu qui ne s’éteint pas!

Il y a trois ans, à pareille date, nous étions encore sous le choc d’une terrible catastrophe survenue en Alberta. Les immenses feux de forêt ont alors bien failli emporter toute la ville de Fort McMurray. Le vent et les flammes étaient de connivence pour tout brûler sur des surfaces considérables. Pendant plusieurs jours, la situation était hors de contrôle. Il a fallu procéder à des évacuations massives. Quantités de résidences furent détruites. Tout le monde devait s’exiler vers le sud, vers les endroits jugés plus sécuritaires.

Le feu et le vent. Des forces mystérieuses! Dont la puissance peut être énorme. Ces éléments peuvent être destructeurs, mais ils ne le sont pas nécessairement. Sans minimiser l’ampleur des dégâts à Fort McMurray, on a pu constater avec admiration que ces évènements ont suscité beaucoup de compassion, d’héroïsme, de solidarité, des gestes inédits de partage et d’entraide. Il n’y a vraiment pas lieu de souhaiter revivre pareille épreuve, mais nous avons de quoi nous émerveiller devant toute l’action humanitaire et la générosité déployée dans ces circonstances difficiles.

Aujourd’hui nous retrouvons le vent et le feu dans le récit de la première Pentecôte. Il nous est dit qu’« Il vint du ciel un bruit pareil à celui d’un violent coup de vent; qu’ils virent apparaître comme une sorte de feu ». Sans doute de quoi attirer l’attention. Mais il n’y a rien là qui vise à détruire ou même à faire peur. « Alors les disciples furent tous remplis de l’Esprit Saint ».  L’Esprit, associé aux deux éléments du feu et du vent, donne à chacun d’être compris, d’entendre ce qui est dit dans sa propre langue. L’Esprit est donné pour une expansion de la parole, pour une œuvre de lumière et de communion, pour une proclamation qui rejoint et qui rassemble des gens de partout. C’est un grand vent de changement qui s’amène. Le feu de l’Esprit apporte lumière et ferveur dans les cœurs pour l’accueil d’un  message qui suscite foi, conversion et engagement.

L’Esprit de Pentecôte est d’abord missionnaire. Il est donné pour l’expansion et la diffusion de la Bonne Nouvelle. Pour un élan qui se confirmera avec le voyage prochain de la Parole dans les divers pays de la Turquie, de la Grèce et jusqu’à Rome. Et c’est déjà la mise en place d’une chaîne ininterrompue amenant l’Évangile jusqu’ici, jusqu’à nous.

Par ailleurs la fête de la Pentecôte affirme un autre trait de l’action de l’Esprit Saint. C’est ce dont nous parlent la lettre de Paul aux Romains et l’Évangile de Jean. Il est écrit que l’Esprit travaille en-dedans de nos cœurs, qu’il nous fait saisir et nous rappelle le message du Christ; qu’il nous donne d’intérioriser l’amour du Seigneur et de nous aimer les uns les autres. C’est un Esprit de Paix, de Pardon, de Communion. L’Esprit anime les cœurs et les tourne volontiers les uns vers les autres dans les attitudes de la charité. L’Esprit donne à chacun de témoigner d’un Dieu qui est Amour, d’un Dieu qui nous aime le premier et qui nous fait entrer en communion avec lui, entre nous.

C’est cela la Pentecôte : la fête du Don de l’Esprit. L’Esprit qui répand la Parole, la pousse vers des terres nouvelles d’humanité. L’Esprit dispensateur d’une âme missionnaire dans l’Église. L’Esprit aussi qui réchauffe les cœurs et les console, et qui les fortifie intérieurement, l’Esprit de liberté, l’Esprit de mémoire et de fidélité.

En cette Eucharistie où l’Esprit agit avec puissance pour rendre vive en notre assemblée la mémoire du Seigneur Jésus ressuscité, qu’il nous soit donné de faire plus encore communauté sainte et d’entrer en plus intime communion avec un Dieu d’amour et de si belle humanité.

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