Nous deux,

Responsable de la chronique : Caroline Pinet
Nous deux

Le temps perdu est de l’amour gagné

Imprimer Par Caroline Pinet

 

Beaucoup de statistiques jalonnent les études sur les couples, sur l’amour, sur la durée du mariage, sur le nombre d’enfants…Et chacun de tirer des conclusions selon le point de vue qui est le sien : « C’était mieux avant, car on avait des repères » ou… « Le monde a changé, il faut évoluer avec lui… » Ces réponses n’aident en rien les jeunes qui avancent vers demain. Cela ne répond en rien à leur soif d’aimer. Peut-être les formes ont-elles changées mais le besoin d’aimer ne s’éteint pas. Comment s’unir « durablement » à l’autre ? Comment s’engager dans une relation ? Comment oser la famille ?

On utilise beaucoup les arguments intellectuels pour instruire les jeunes. On leur donne des cours de sexualité à l’école pour la prévention. On les aide à planifier leur avenir en les incitant à être raisonnables car les « temps sont durs » ! Et il ne faudrait pas mettre un enfant au monde aujourd’hui, ce monde se meurt…

Et si au lieu des chiffres, on laissait les artistes parler d’amour. La Fontaine ne disait-il pas :

-Tout l’univers obéit à l’Amour; – Aimez, aimez, tout le reste n’est rien.

Saint-Exupéry, à travers une fable merveilleuse passe à travers un petit prince pour nous raconter sans doute les plus belles pages d’amour. A l’adulte qui compte et recompte le temps économisé : cinquante-trois minutes…

– Moi, se dit le petit prince, si j’avais 53 minutes à dépenser, je marcherais tout doucement vers une fontaine.

Quand on aime on ne compte pas, dit le proverbe. Le petit prince nous invite à laisser s’écouler le temps, à savourer l’instant et le plaisir. C’est aussi cela l’amour : perdre du temps à s’en délecter sur des petits riens qui remplissent de sens nos sens. Car l’amour donne un sens à tout. Le petit prince poursuit son enseignement:

-Si tu aimes une fleur qui se trouve dans une étoile, c’est doux, la nuit, de regarder le ciel.

L’amour, avant que de tristes sires venus de planètes à calcul ne le transforment en chiffres, est avant tout un bonheur que l’on traîne en soi, quelque part dans son cœur. L’amour, c’est l’apprivoisement d’un renard, c’est du temps « gaspillé » pour une rose bien capricieuse par moment, qui demande bien des soins. L’amour, c’est du temps perdu. Mais combien notre âme gagne à aimer !

S’il n’y a pas de recettes pour aimer toute une vie, certaines attitudes nourrissent davantage l’amour. Bien avant une hypothèque, les jeunes couples devraient placarder cet art de l’amour au seuil de leur demeure :

« Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix!
Là où il y a de la haine, que je mette l’amour.
Là où il y a l’offense, que je mette le pardon.
Là où il y a la discorde, que je mette l’union.
Là où il y a l’erreur, que je mette la vérité.
Là où il y a le doute, que je mette la foi.
Là où il y a le désespoir, que je mette l’espérance.
Là où il y a les ténèbres, que je mette ta lumière.
Là où il y a la tristesse, que je mette la joie.
O Seigneur, que je ne cherche pas tant
À être consolé…qu’à consoler
À être compris…qu’à comprendre
À être aimé…qu’à aimer
Car
C’est en donnant…qu’on reçoit
C’est en s’oubliant …qu’on trouve
C’est en pardonnant…qu’on est pardonné
C’est en mourant…qu’on ressuscite à l’éternelle vie »

Saint François d’Assise

Trop longtemps, on a déclaré qu’il fallait être raisonnable aux jeunes épris d’amour. Mais, le cœur n’a-t-il pas ses raisons que la raison ne connaît point ? Jeunesse, Ronsard le disait, n’attendez point :

– Cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie.

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