Parole et vie,

Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Parole et vie

Homélie pour le 4e Dimanche de Pâques (C)

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

Le partage d’un rêve

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean (Jn 10, 27-30)

En ce temps-là,
Jésus déclara :
« Mes brebis écoutent ma voix ;
moi, je les connais,
et elles me suivent.
Je leur donne la vie éternelle :
jamais elles ne périront,
et personne ne les arrachera de ma main.
Mon Père, qui me les a données,
est plus grand que tout,
et personne ne peut les arracher de la main du Père.
Le Père et moi,
nous sommes UN. »

 

COMMENTAIRE

C’était au Salon du livre de Québec, il y a quelques années. J’y étais un jeudi au
milieu de l’après-midi. Il y avait là une foule considérable, des enfants de plusieurs
écoles, déjà en partance, à cette heure-là, pour retourner dans leur milieu. On voit d’ici, et
on entend, la cohue de tout ce petit monde, la confusion des mouvements, les cris
discordants fusant de toute part : un beau désordre, quoi? Jusqu’à ce que tous se calment,
la discipline reprenant tranquillement le dessus grâce à l’intervention des
accompagnateurs et des professeurs. Finalement c’était beau à voir : la tranquille
harmonie, la paix et la sécurité pour chacun, c’était presque le silence…

Dans la parole de ce jour, nous voyons de grandes foules rassemblées, non pas en
désordre, mais pour la joie et le bonheur d’être ensemble et d’avoir part au Salut de Dieu.
C’est la Parole qui rassemble, dans les Actes des Apôtres comme dans l’Apocalypse. Le
Christ, Fils de Dieu, Parole de Dieu, tel un berger, prend soin de ses disciples, il les
inspire, les tient ensemble, tous ceux et celles que le Père lui confie. Il y a complicité du
Père et du Fils pour une œuvre d’amour et de paix, pour la création d’une immense et
nouvelle famille. Le Christ nourrit, abreuve, guérit et protège son peuple. Il le mène à la
source vive. « Mes brebis écoutent ma voix, dit Jésus; moi je les connais, et elles me
suivent. Je leur donne la vie éternelle : jamais elles ne périront, personne ne les
arrachera de ma main ».

Le temps pascal nous est donné pour découvrir cette immense richesse du Christ.
C’est le temps privilégié pour nous rappeler que nous aussi nous y avons part. Nous nous
rappelons l’urgence de travailler à partager avec d’autres la joie de croire, la merveille de
Pâques. N’y a-t-il pas beaucoup de détresse et de confusion dans notre monde, beaucoup
de discours discordants et de semences de divisions? Notre monde n’est-il pas confronté
à de véritables impasses? La lumière lui manque et la source de vie lui échappe. Prenant
conscience de la merveilleuse coulée de vie qui nous vient du Christ Sauveur, nous
comprenons qu’il nous faut l’offrir à tous.

Mais comment permettre au Christ de rejoindre ceux et celles que le Père lui
donne? Comment va-t-il rejoindre tous les temps et tous les lieux et chacun/chacune en
particulier? Sinon par l’œuvre de tous ces témoins que nous sommes, et notamment ces
passeurs choisis, appelés par lui, expressément dédiées au service de la vie, de son amour
et de sa miséricorde. En Église, le Seigneur appelle encore et toujours des personnes qui
porteront son message au monde, avec amour et respect, de la façon qui est appropriée
aux différents milieux et aux diverses époques.

Personne n’est dispensé d’un contact personnel avec le Sauveur comme avec ses
frères et sœurs. C’est ainsi que nous communions aux biens du salut. Mais, comme les
écoliers ont besoin d’un maître qui les inspire, les rassemble et les guide, le monde

d’aujourd’hui a besoin de témoins qui l’interpellent, qui lui fassent signe. Qui sera à ce
point solidaire du désir du Christ, du rêve de Dieu pour répondre à l’appel d’en témoigner
devant ses frères et ses sœurs? Qui en fera sa vocation, son désir propre dans l’Esprit? Qui
aujourd’hui et demain sera habité du désir de servir et de partager la richesse de vie qui
est dans le Christ et dont le monde a tant besoin? L’Église n’a pas le choix; elle doit
sortir, partager son trésor. Dieu, lui, prépare les cœurs. S’il nous a d’abord rejoints, c’est
pour nous faire part de son désir qui est bienveillance et miséricorde pour tous. Il nous
demande de porter ce rêve avec lui et de travailler à le mettre en œuvre.

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