Éditorial,

Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Éditorial

Le temps de tourner la page

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

 

2018 n’est plus! Annus horribilis, disent certains. Sentiment de reculades pendant tout ce temps. Reculades accélérées en bien des chantiers et projets. L’environnement. La paix. Les migrations. Non pas que tout s’écroule, mais que tout nous paraît si fragile et mal assuré à tous les plans. De quoi 2019 sera-t-il fait? Pouvons-nous inverser la tendance au recul et à la morosité? Nous faudra-t-il encore longtemps nous réfugier dans le conservatisme?

Au plan ecclésial, celui de l’Église catholique dans mon pays, se dégage une impression de silence obligé, d’un état d’amortissement. C’est la non-parole! Aurait-on peur de débattre? Ou bien tout va-t-il si bien? Comme sur des roulettes? Avec un air d’aller qui nous emporte dans l’auto-valorisation? Ou plutôt, tout serait-il maintenant sur la glace? Des avancées organisationnelles récentes ont pourtant été menées avec courage. Les regroupements paroissiaux ont eu lieu. C’est le temps du repos… On en a assez! Il nous reste à vivre nos communautés en leurs nouveaux cadres. C’est le temps d’assimiler et de gérer au mieux cette nouvelle répartition d’églises et de paroisses. Le temps aussi pour évaluer ces nouvelles situations et pour nous y ajuster. Pour le moment, nous révisons à la baisse nos effectifs. Allons-nous maintenant rebondir? L’Esprit Saint nous ménage sans doute des surprises. Nous vivons maintenant le silence de l’humilité, de la pauvreté!

Au plan de la politique et des pays, ce n’est guère plus facile. Tout semble remis en question depuis l’avènement d’un certain président américain. L’homme secoue toutes les instances de son pays et d’ailleurs. Il semble n’avoir peur de rien. Beaucoup s’en inquiète. Un certain énervement se manifeste. Comme toujours la France bât la marche et sonne le réveil pour ses raisons apparemment domestiques. Réveil de quoi? Réveil pour quoi?

Pour ma part, je m’étonne qu’aucune voix de ralliement ne s’élève vraiment. Je ne vois pas de leadership qui se montre, une figure qui rassemblerait les gens. Les vedettes d’hier retournent lentement dans l’anonymat. Les Merkel, Obama, Macron, Trudeau! Leurs étoiles pâlissent. Les convictions, les rêves, l’énergie demeurent et nourrissent l’optimisme d’un bon nombre, mais on ne sait pour quelle utopie ou quelle nouvelle réalité.

Avec l’arrivée de 2019, nous croyons peut-être pouvoir tourner la page de notre mauvais rêve. Heureux alors de nous retrouver devant une page blanche où nous pencher pour une nouvelle écriture, un nouveau dessin. Mais alors ce sera quoi? Ce n’est pas à moi de le dire. Mais parions que les traits seront d’abord et encore timides et délicats. Notre plan se cherche encore. Plusieurs y mettront la main et, à la fin peut-être, la page sera peut-être toute pleine de merveilleuses couleurs, inédites, plus précises, révélatrices de découvertes que nous sommes encore loin de soupçonner.

Que faut-il nous souhaiter pour l’An Neuf. De la patience! Car ce sera peut-être long avant la sortie du tunnel. De la tolérance! Parce que nous sommes plusieurs à nous poser en connaisseurs et que nous avons besoin de l’effort et des idées de chacun, chacune. De la confiance! Parce qu’on y arrivera avec la bonne volonté et les ressources d’un grand nombre. De la sérénité dans l’abandon! Parce que nous allons vers un avenir qui nous dépasse. De la liberté dans les initiatives! Parce que c’est une condition indispensable où nous pourrons créer, faire vraiment du neuf.

Bonne et heureuse Année 2019!

Jacques Marcotte, OP . Québec

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Éditorial

Les autres chroniques du mois