Nous deux,

Responsable de la chronique : Caroline Pinet
Nous deux

Et Jésus l’aima

Imprimer Par Caroline Pinet

 

Y a-t-il une façon d’aimer mieux que les autres quand on est catholique ? Aime-t-on davantage son époux parce qu’on croit en Jésus ? Se sépare-t-on moins quand on est catholique ? On aimerait tellement mettre des statistiques partout et prouver, se prouver (?), que le choix que l’on fait est tellement mieux que celui des autres. Et ainsi, grâce au chemin choisi, bénéficier d’avoir plus de chance de rester ensemble. Pour rajouter une couche d’assurance, on est prêt à écorcher au passage tous ceux qui sont différents et qui sont bien à plaindre car les statistiques jouent contre eux : plus de divorces chez les non-croyants…

Pourquoi tenons-nous de tels discours si ce n’est pour, au fond, nous rassurer… En analyse transactionnelle, Eric Berne identifie des scénarios de vie dans lesquels certains sujets se construisent en pensant « je suis OK et les autres ne le sont pas ». Les autres ont donc tort et moi raison ! Cette attitude amène chez le sujet un certain sentiment de mépris et de supériorité. Pour le psychiatre, le meilleur scénario est « je suis OK et les autres le sont aussi ! ».

Saint Paul nous dit : « Si je n’ai pas l’Amour, je ne suis rien. » Et ces paroles nous renvoient à l’essentiel : J’aurais beau parler toutes les langues de la terre et du ciel,
si je n’ai pas la charité, s’il me manque l’amour, je ne suis qu’un cuivre qui résonne, une cymbale retentissante. J’aurais beau être prophète, avoir toute la science des mystères
et toute la connaissance de Dieu, et toute la foi jusqu’à transporter les montagnes, s’il me manque l’amour, je ne suis rien. J’aurais beau distribuer toute ma fortune aux affamés,
j’aurais beau me faire brûler vif, s’il me manque l’amour, cela ne me sert à rien. L’amour prend patience; l’amour rend service; l’amour ne jalouse pas; il ne se vante pas, ne se gonfle pas d’orgueil; il ne fait rien de malhonnête; il ne cherche pas son intérêt; il ne s’emporte pas; il n’entretient pas de rancune; il ne se réjouit pas de ce qui est mal, mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai; il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout. L’amour ne passera jamais. »

Autrement dit, j’aurai beau être un super chrétien qui suis tout à la lettre, si je juge, si je me vante, si je me gonfle d’orgueil, si je me réjouis du mal qui arrive aux autres en pensant que moi je fais de meilleurs choix puisque je suis croyant, je passe à côté du message du Christ, car je n’ai rien compris à l’amour… je ne suis donc rien…

Voilà qui nous remet à notre place ! En suivant Jésus, nous ne devons en aucun cas nous sentir meilleurs que les autres. Nous sommes les mêmes humains que le reste de l’humanité, ni mieux, ni pire… Et comme Etty Hillesum, nous ne devons pas vouloir être exclus du peuple entier, mais être parmi lui. Nous fondre en lui.

A quoi cela sert-il alors d’être chrétien si on ne peut pas briller mieux que les autres et se dire qu’on a raison ? Cela sert à avoir la force de chercher l’amour partout et en tout. Aimer, c’est regarder chacun avec bienveillance comme Jésus qui pose son regard sur le jeune homme riche qui cherche la vie éternelle. Le jeune homme repart triste car il n’arrive pas à se détacher de ses biens. Pourtant, Jésus l’aime en dépit du fait qu’il n’arrive pas à le suivre.

Tant bien que mal, nous cherchons à suivre Jésus. Y arrivons-nous toujours ? Non, et c’est humain ! Nous sommes en chemin. Nous n’avons pas à nous mesurer, nous n’avons qu’à essayer de mieux aimer. Jésus savait rabattre le caquet à tous les coqs qui se sentaient supérieurs aux autres « que celui qui est sans péché lui jette la première pierre. » Les bienpensants sont alors repartis fissa. Ils ne devaient pas se sentir très fiers. C’est ainsi pourtant ! « Qui veut s’élever, sera rabaissé ! »

En tant que chrétien, nous disposons de belles ressources pour cultiver l’amour, des pistes pour mieux vivre la vie conjugale. C’est précieux. N’hésitons pas à avoir recours à ces précieux conseils de sagesse. Mais gardons-nous de nous prétendre au-dessus du lot humain. Ce n’est pas parce que nous avons les outils que savons les utiliser… Et cela ne sous-entend nullement que les autres ne disposent d’aucune ressource.

Partons, en cette nouvelle année 2019, à la quête de l’amour véritable. Celui qui nous aide à poser notre regard sur l’autre et à l’aimer.

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