Nous deux,

Responsable de la chronique : Caroline Pinet
Nous deux

Il était une fois l’amour

Imprimer Par Caroline Pinet

« Il était une fois » : voici comment commencent certaines histoires d’amour tant elles tiennent du roman. Ces histoires unissent bien souvent des individus ordinaires. Mais leur foi en une cause commune vient apporter une dimension extraordinaire à leurs sentiments amoureux.

Lucie et Raymond Aubrac, résistants durant la seconde guerre mondiale font partie de ces légendes. Lucie a délivré trois fois son mari de la prison. Ils ont poursuivi leur engagement pour délivrer leur pays durant la guerre. Et leur lutte n’a jamais cessé par la suite, s’occupant en 1996 des sans-papiers. Leur histoire est lumineuse ! Claude Berri en a tiré un film.

Frédéric Ozanam, fondateur de la société Saint-Vincent de Paul, est plus connu que son épouse Amélie. Pourtant leur mariage les a conduits à une charité toujours plus grande, leur amour mutuel les a grandis tous les deux. Un amour qui dépasse le cadre de leur couple et donne fruit en dehors de la sphère domestique dédié au don de soi pour les plus fragiles.

On ne peut passer sous silence l’histoire qui a uni la chirurgienne Lucille Teasdale et le pédiatre Piero Corti. Ils joindront l’hôpital Sainte Mary en Ouganda en 1961 et passeront le reste de leur vie à soigner la population. Ils lutteront notamment contre le fléau du sida qui emportera la chirurgienne en 1996. Un amour ardent qui se transforme en cause, celle de sauver les autres de la misère humaine.

L’amour en dépassant le cadre conjugal et en se tournant vers l’amour des plus faibles porte toujours une force irradiante. Nous connaissons tous des couples dont l’amour débordant les a conduits à accomplir des projets dont nous sommes tous édifiés bien que ces actions semblent plus modestes que les couples héroïques évoqués plus haut. Ce peut-être ce couple qui a adopté des enfants handicapés ou cet autre qui sort les soirs d’hiver pour donner la soupe populaire aux gens de la rue. Parfois, c’est aussi simplement ce foyer dont la porte est toujours ouverte sur les autres et dont la maison ne désemplit pas car on s’y sent bien. On y partage un repas, on vient y trouver une oreille pour les joies et les peines. On y sent la vie qui s’imprègne d’humanité.

Notre vie n’a de sens que si elle nous unit aux autres. L’amour s’y déploie, à l’aise. Et c’est souvent ce qui assure une continuité à l’amour des débuts car celui-ci a besoin de porter des fruits pour exister et « résister » au temps.

On cherche parfois en vain les recettes miracles pour entretenir le couple qui s’essouffle : l’amour se nourrit de l’amour. L’amour donné, multiplié, partagé. Et le voilà qui se renforce et se déploie encore plus grand. Jésus, dans Jean 15 :13 dit « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. » L’amour est donc ce qui ne se thésaurise pas pour l’entre soi mais bien ce qui nous porte vers le prochain.

Vaste programme que d’aimer !

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