Parole et vie,

Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Parole et vie

Homélie pour la Veille de Noël (C)

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

Le temps du ravissement!

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu (Mt 1, 18-25)

Voici comment fut engendré Jésus Christ :
Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ;
avant qu’ils aient habité ensemble,
elle fut enceinte
par l’action de l’Esprit Saint.
Joseph, son époux,
qui était un homme juste,
et ne voulait pas la dénoncer publiquement,
décida de la renvoyer en secret.
Comme il avait formé ce projet,
voici que l’ange du Seigneur
lui apparut en songe et lui dit :
« Joseph, fils de David,
ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse,
puisque l’enfant qui est engendré en elle
vient de l’Esprit Saint ;
elle enfantera un fils,
et tu lui donneras le nom de Jésus
(c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve),
car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. »

Tout cela est arrivé
pour que soit accomplie
la parole du Seigneur prononcée par le prophète :
    Voici que la Vierge concevra,
et elle enfantera un fils ;
on lui donnera le nom d’Emmanuel,

qui se traduit : « Dieu-avec-nous ».

Quand Joseph se réveilla,
il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit :
il prit chez lui son épouse,
mais il ne s’unit pas à elle,
jusqu’à ce qu’elle enfante un fils,
auquel il donna le nom de Jésus.

COMMENTAIRE

Noël toujours nouveau! Dans l’émotion d’être là encore avec tout ce qu’il nous rappelle de notre histoire personnelle ou familiale. Avec tout ce que nous portons de beaux souvenirs. Noël joyeux! Noël heureux! Noël tristes parfois! Noël qui fut malheureux peut-être!

Noël prend toujours pour la suite la couleur de ce que nous vivons au présent de notre vie, de notre histoire de vie. Il se peut que cette année, Noël ait déjà pris pour nous couleur d’insécurité, couleur de réfugiés, couleur d’une belle joie, couleur d’une souffrance, couleur d’un deuil ou des retrouvailles. Noël pourtant c’est d’abord Dieu qui vient se mettre à notre niveau, notre seuil le plus bas, Dieu devenu le plus pauvre, le plus menacé, pour nous élever vers ce qui est le plus beau, le plus grand, le meilleur.

C’est ainsi que cette nuit nous retrouvons au creux de notre vie des valeurs de paix, de joie, d’amour comme au temps du premier Noël, si vraiment dans l’humilité et la vérité de notre condition, nous accueillons cette fête comme un événement de foi, qui nous dépasse, qui vient de loin, qui vient d’ailleurs pour remplir notre  vie de lumière.

Nous ne pouvons pas mesurer tout seul l’ampleur et la signification véritable de cette venue de Dieu dans notre monde, dans notre humanité. Nous avons besoin d’en être éclairés, pressentis comme autrefois les bergers et les mages. Il fallait que Dieu nous fasse signe de lui-même. Qu’il nous envoie un ange ou un astre. Il faut encore que l’Esprit nous révèle la profondeur et la réelle importance de ce que nous fêtons. S’il n’y a plus d’anges ni d’étoiles qui nous le disent, nous avons le témoignage de la foi, nous avons celui de l’Église, nous avons le cri des petits et des pauvres, les réfugiés, les migrants, les laissés-pour-compte.

Nous risquons pourtant de passer à côté. De ne pas voir. De ne pas savoir. Si nous allons hors de nous-mêmes, faisant semblant ou nous laissant distraire en cette nuit. Mieux vaudrait aller dormir, si nous devions ne pas voir ni entendre ce que nous disent les signes, ce que nous rappelle nos frères et sœurs dans la foi, les croyants, les témoins, le prochain en détresse tout près de nous. Tout ce monde qui nous dit que Dieu est là parmi les hommes, Dieu fait homme, Dieu sur nos chemins.

Frères et sœurs, entrons volontiers dans la joie, le mystère et la belle réalité de Noël car Dieu lui-même désormais est présent chez nous; il est venu chez nous avec plein d’égard, de respect, de compassion, d’infinie miséricorde pour ce que nous sommes.

En cette nuit sainte, laissons-nous porter, emporter par les accents de cette liturgie, la belle révélation de ces paroles, de cette mémoire et de ces rites. Laissons-les se répercuter dans notre assemblée et dans nos cœurs. Laissons-les se vivre en nous et nous réjouir le cœur. « Aujourd’hui la paix véritable vient du ciel sur notre terre! //  Un enfant nous est né, un fils nous a été donné…  Il est le Merveilleux-conseiller. Dieu-fort. Père-à-jamais. Prince-de-la-paix. // Oui, la grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous. // Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, aux femmes et aux enfants qu’il aime! »

Frères et sœurs, que ces paroles nous trouvent éveillés, attentifs, réceptifs, pleins de reconnaissance en cette sainte nuit, nuit d’amour et de paix, nuit de merveilleuse lumière!

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