Le rosaire dans la ville,

Responsable de la chronique : Marcel Dumont, o.p.
Le rosaire dans la ville

Magnificat

Imprimer Par Francine Paquin

 

La Vierge Marie a reçu la visite de l’ange Gabriel, il lui annonce qu’elle mettra au monde le Fils de Dieu car le Seigneur s’est penché sur l’humble Marie. Le fiat de Marie est total, un oui inconditionnel qui devient Magnificat. Apprenant que sa cousine Élisabeth attend un enfant dans sa vieillesse, Marie, modèle de gratuité et de générosité se rend chez sa cousine pour lui apporter son aide.

Deux femmes d’Israël se rencontrent, portant un enfant; toutes deux ont reçu du Ciel une faveur divine; l’une comme l’autre seront mère et l’Esprit du Seigneur les habite. Lorsque Élisabeth voit venir Marie, l’enfant tressaille en elle. L’approche est au-delà du lien de parenté, au souffle de l’Esprit-Saint, la femme âgée reconnaît en Marie Celle qui donnera au monde le Fils de Dieu, Salut de l’humanité. Sa salutation n’est pas une parole humaine, elle est l’action de l’Esprit en elle. «Dès qu’Élisabeth a entendu la salutation de Marie, l’enfant tressaillit dans son sein; Élisabeth remplie de l’Esprit-Saint s’écria : «Salut Marie pleine de grâce, le Seigneur est avec toi, tu es bénie entre toutes les femmes et le fruit de tes entrailles est béni.» (Lc, 1, 42)

L’exaltation d’Élisabeth retentit par toute la terre, inspirée de l’Esprit du Père et du Fils, elle donne un visage à la Nouvelle Alliance. Élisabeth annonce pour les temps à venir, sur toute la surface de la terre, la prière d’une multitude d’âmes qui vénéreront et béniront leur Mère du Ciel. « Je vous salue Marie… » L’âme de Marie préservée du péché originel contient les grâces, les dons et les fruits donnés par l’Esprit-Saint, son divin Époux. Aussi, Marie est remplie de la Grâce, de Jésus son Enfant porté en ses entrailles, enfanté en son âme et son corps virginals; en Lui, tout lui est donné : Mère de Dieu et des enfants de Dieu rachetés dans la croix de son Fils, Marie peut enfanter et faire renaître dans les âmes l’amour de Jésus.

La Vierge Marie ne retint pas pour elle-même les paroles de sa cousine, ces paroles font jaillir en elle la louange, son Magnificat. L’âme de Marie baigne en Dieu, humblement soumise, elle a mis en Lui toute sa confiance, accueillant le projet de Dieu reçu lors de l’Annonciation. Comment Marie pourrait-elle se regarder alors que l’Esprit de Dieu a engendré en elle le Sauveur de l’humanité! Marie connaît la parole de Dieu donnée aux prophètes, elle l’a méditée, l’Ancien testament lui est familier, elle croit sans tout comprendre. Marie, Femme de silence contemple en elle Celui qu’elle aime. De son union intime mûri au silence de son cœur, Marie laisse échapper son hymne de louange, de son silence contemplatif surgit un chant d’amour : «Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu mon Sauveur»

Dans la croix de son divin Fils, Marie est sauvée avant toute créature par une grâce unique faisant d’elle la Mère de son Sauveur; tout son être glorifie Dieu. «Il s’est penché sur son humble Servante, désormais, tous les âges me diront bienheureuse. Le Puissant fit pour moi des merveilles, Saint est son Nom.» Marie accueille la grandeur du mystère, elle célèbre la gloire de Dieu; le Magnificat de Marie résonne à travers les âges : «Toutes les générations me diront bienheureuse.» Marie reconnaît sa petitesse devant l’action amoureuse de Dieu qui a posé sur elle son regard. Son cœur chante le Saint Nom de Dieu, elle est la plus humble de toutes les créatures et aussi la plus donnée à l’amour de son Dieu. Au Saint Nom de Dieu, Marie tressaille de joie, comme une flamme intégrée au feu, Marie est en Dieu comme Dieu est en elle.

«Son amour s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent. Déployant la force de son bras, il disperse les superbes. Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles, Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides.» La Vierge Marie pose un regard sur les générations à venir, elle rend témoignage à l’amour de Dieu, ceux qui se confieront à lui ne seront pas déçus, elle reconnaît le Juste et le Miséricordieux, sa bonté pour toutes ses créatures.

«Il relève Israël, son serviteur, il se souvient de son amour, de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et de sa race à jamais. » Marie se reconnaît dans la lignée de ceux qui l’ont précédés, elle affirme la fidélité de Dieu, des promesses faites à son peuple, elle évoque sa descendance dans la reconnaissance d’Abraham, notre père dans la foi.

La prière de Marie se fait proche de nous, par notre foi en Dieu, nous sommes de la descendance d’Abraham, elle est une des nôtres. Par Marie, l’Ancienne Alliance fait place à la Nouvelle Alliance, de son Fiat naîtra Jésus, le Nouvel Adam qui rachète l’humanité. À la venue de Jésus, la Miséricorde inonde la terre, Marie est l’Étoile qui conduit ses enfants vers le parfait Amour. Avec elle et par elle, nous pouvons chanter la gloire de Dieu en son Magnificat. Rien n’altère sa virginité et sa maternité divine. Parce que Marie est proche de nous, elle nous approche de Dieu. Parce que Marie a enfanté Jésus en son sein virginal, elle peut l’enfanter en nos âmes, nous le faire connaître et aimer dans la pureté de son Coeur immaculé.

Francine Paquin

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