Parole et vie,

Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Parole et vie

Homélie pour le 26e Dimanche T.O. (B)

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

Esprit-Saint sans frontières!

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc  (Mc 9, 38-43.45.47-48)

En ce temps-là,
Jean, l’un des Douze, disait à Jésus :
« Maître, nous avons vu quelqu’un
expulser les démons en ton nom ;
nous l’en avons empêché,
car il n’est pas de ceux qui nous suivent. »
Jésus répondit :
« Ne l’en empêchez pas,
car celui qui fait un miracle en mon nom
ne peut pas, aussitôt après, mal parler de moi ;
celui qui n’est pas contre nous
est pour nous.
Et celui qui vous donnera un verre d’eau
au nom de votre appartenance au Christ,
amen, je vous le dis,
il ne restera pas sans récompense.

Celui qui est un scandale, une occasion de chute,
pour un seul de ces petits qui croient en moi,
mieux vaudrait pour lui qu’on lui attache au cou
une de ces meules que tournent les ânes,
et qu’on le jette à la mer.
Et si ta main est pour toi une occasion de chute,
coupe-la.
Mieux vaut pour toi entrer manchot dans la vie éternelle
que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux mains,
là où le feu ne s’éteint pas.
Si ton pied est pour toi une occasion de chute,
coupe-le.
Mieux vaut pour toi entrer estropié dans la vie éternelle
que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux pieds.
Si ton œil est pour toi une occasion de chute,
arrache-le.
Mieux vaut pour toi entrer borgne dans le royaume de Dieu
que de t’en aller dans la géhenne avec tes deux yeux,
là où le ver ne meurt pas
et où le feu ne s’éteint pas. »

 

COMMENTAIRE

« Ah! Si le Seigneur pouvait mettre son esprit sur eux, pour faire de tout son peuple un peuple de prophètes! » Il y a comme un soupir, un rêve, une belle libéralité dans cette réponse de Moïse à l’opinion qu’il juge mesquine et empreinte de jalousie de son serviteur Josué. Pourquoi mettre des limites à la puissance et à la générosité du Seigneur? Pourquoi ne pas en profiter et la vouloir encore plus agissante et répandue dans le monde?

C’est, il me semble, cette bonne attitude que l’on retrouve chez le pape François quand il part en voyage pour une mission quelque part dans le monde, où il va rencontrer les gens, célébrer un événement majeur, présider la grand’messe des journées mondiales de la jeunesse, etc.

Ces derniers temps, des nouvelles troublantes ont tenu la manchette, concernant les abus perpétrés par des prêtres et des religieux. Il y a inévitablement une charge qui est menée contre l’Église qui n’a pas toujours su intervenir vigoureusement dans ces situations ni procéder aux purges nécessaires et soutenir les victimes, tout en prenant les mesures nécessaires pour que n’arrivent plus ce fléau et ses grands dommages. Le pape François, à cet égard, porte un témoignage de respect et d’encouragement même s’il dénonce avec vigueur, audace et courage ce qui ne marche pas, ce qui est porteur d’égoïsme, d’injustice, d’oppression. Il prend résolument parti pour les victimes, pour les opprimés, pour les laissés pour compte. Il le fait à la manière du Christ lui-même.

Une telle attitude est au cœur du message des écritures de ce dimanche, où il nous est rappelé que l’Esprit est à l’œuvre dans le monde et qu’il ne faut pas l’éteindre; qu’il ne s’embarrasse pas de nos préjugés, de nos réserves, de nos privilèges, de nos chasses gardées. L’Esprit souffle où il veut. Il ne nous demande pas la permission pour agir quelque part, chez quelqu’un.

Le récit d’Évangile, en écho à la 1ère lecture, considère que ce n’est pas à nous, même si nous nous réclamons de notre fidélité au Christ, de décider de l’action de Dieu. Ce n’est pas à nous de juger de tout. Nous ne sommes pas les uniques dépositaires des dons de l’Esprit Saint. Notre rôle est bien plus de témoigner de la générosité débordante de Dieu et de savoir l’accueillir et reconnaître son influence partout où elle se manifeste.

Cet enseignement du Seigneur ne nous conduit pas à baisser les bras, à nous sentir inutiles, à nous démobiliser. Au contraire, ces paroles nous engagent et nous donnent plein d’espérance. Elles nous réconfortent. Elles nous invitent à une attitude vraiment missionnaire, faite d’ouverture sur le monde. « Celui qui n’est pas contre nous est pour nous. »

Nous ne sommes pas dispensés pour autant du discernement, ni de la responsabilité de promouvoir activement la justice, le partage, la miséricorde et la paix. Il s’agit pour chacun d’être bon collaborateur du Christ. De miser sans arrière-pensée et sans volonté de contrôle, – avec un certain détachement même, – sur tout ce qui est beau, noble, juste et bon chez nous, chez les autres et dans le monde.

En plus d’appeler les dons de l’Esprit sur nous, – et Dieu sait si nous en avons besoin, – sachons donc reconnaître avec joie l’action de l’Esprit partout où elle se manifeste. Et d’instinct nous saurons nous établir en belle complicité avec tous les hommes et femmes de bonne volonté, rendant grâce à Dieu pour tant de bonté!

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