Dieu en famille,

Responsable de la chronique : Raphaël Pinet
Dieu en famille

Les deux huiles

Imprimer Par Raphaël Pinet

 

Il est une huile sainte qui est une marque de salut pour nous autres chrétiens. Il s’agit du Saint-Chrême dont le front de tous les baptisés est oint pour nous rappeler l’onction même du Christ-Oint. C’est une marque de salut individuel mais c’est aussi une marque de salut pour l’humanité régénérée par le don de Jésus sur la croix.

Il existe aussi dans le quotidien de millions de personnes une autre huile qui est le symbole même de la destruction à terme de l’humanité. Elle orne nos tables gourmandes et les yeux des enfants s’illuminent à la vue de cette huile qui s’accorde si bien avec un goûter de belles tartines ou pour égayer une soirée-crêpes. Autant le Saint-Chrême est une huile sainte pour notre salut, autant celle-ci est une huile profane pour notre perte.

Je parle bien sûr de l’huile de palme qui entre dans la composition de tartines au chocolat ou d’agro carburants prétendus verts. Rassurez-vous : je ne vous parlerai pas de la déforestation massive qui en découle en Indonésie et ailleurs ou de nouveaux procédés de production sans déforestation qui seront au point quand il n’y aura plus de forêts à décimer. Cette huile est un produit-phare pour illustrer la bêtise d’une humanité qui court à sa perte en pensant qu’on pourra trouver une planète de rechange dans moins de cinquante ans.

Quel rapport avec la foi en famille ?

Il faut d’abord du courage pour faire comprendre à ses enfants que l’on peut se passer  de certains produits alimentaires si agréables au goût. Il faut aussi du courage pour leur présenter l’avenir de l’environnement avec un savant dosage de lucidité et un minimum d’espoir. C’est là que la foi qui repose sur l’espérance est nécessaire pour affirmer contre toute attente qu’il y aura un avenir et qu’il sera radieux.

Il y a une vingtaine d’années, lorsque je lui parlais des ravages irrémédiables de l’humanité sur l’écosystème, une catholique avait balayé du revers de la main le tableau sombre que je lui peignais :

–      Bah ! Il n’y a pas de soucis à se faire. Dieu arrangera tout ça en un clin d’œil !

Outre que cette posture un peu magique a empêché nombre de chrétiens de prendre conscience de la question environnementale, j’ai pris alors conscience que Dieu « n’arrangera » pas tout ça d’un coup de baguette magique. Au contraire, il nous demande – si nous voulons bien encore de son salut – que nous soyons au quotidien cette baguette magique.

Il n’y aura pas de magie mais des gestes, loin de toute illusion, faits d’informations, d’esprit critique, de décisions prophétiques, de partage des ressources, de sobriété, de coopérations entre tous les humains. Et cette posture exige d’abord d’éduquer nos enfants à ces exigences fortes que nécessite le salut de l’humanité.

 

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