Parole et vie,

Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Parole et vie

Homélie pour la Vigile pascale (B)

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

Surprise pascale. De la peur à la confiance!

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 16,1-7.
Le sabbat terminé, Marie Madeleine, Marie, mère de Jacques, et Salomé achetèrent des parfums pour aller embaumer le corps de Jésus.
De grand matin, le premier jour de la semaine, elles se rendent au tombeau dès le lever du soleil.
Elles se disaient entre elles : « Qui nous roulera la pierre pour dégager l’entrée du tombeau ? »
Levant les yeux, elles s’aperçoivent qu’on a roulé la pierre, qui était pourtant très grande.
En entrant dans le tombeau, elles virent, assis à droite, un jeune homme vêtu de blanc. Elles furent saisies de frayeur.
Mais il leur dit : « Ne soyez pas effrayées ! Vous cherchez Jésus de Nazareth, le Crucifié ? Il est ressuscité : il n’est pas ici. Voici l’endroit où on l’avait déposé.
Et maintenant, allez dire à ses disciples et à Pierre : “Il vous précède en Galilée. Là vous le verrez, comme il vous l’a dit.” »

COMMENTAIRE

Les trois femmes se rendaient au tombeau. C’était au plus tôt le matin. Elles étaient en deuil. Le cœur plein de tristesse. L’esprit inquiet. Elles se demandaient : « Qui nous roulera la pierre pour entrer dans le tombeau? »

Souvent nous sommes comme elles – le cœur lourd – avec plein d’inquiétudes, de questions et de préoccupations terre-à-terre. Qui fera telle ou telle chose pour nous? Comment allons-nous nous en sortir et passer à travers telle ou telle épreuve?

Mais voilà que tout a l’air de bien s’arranger pour nos trois dames matinales. Quelqu’un a déjà roulé la pierre. Formidable!

Il arrive aussi pour nous que tout s’arrange parfois. Et nous disons : quelle chance nous avons eue! Merci, Bon Dieu!

Les femmes vont donc pouvoir accéder à ce Jésus qu’elles veulent embaumer de leur parfum et de leurs aromates, une dernière fois de leur amitié.

Et nous disons nous aussi : tant mieux nous allons continuer notre petite vie comme avant, comme rien ne s’était passé. Nous allons suivre nos plans comme prévus.

Mais grande surprise! Il y a ce jeune homme qui est là – tout en blanc – calme et posé, dans le tombeau. Que vient-il faire là? Il nous fait peur! Voici d’ailleurs qu’il leur livre un message tout à fait inattendu qui va les arrêter dans leur élan dirigé vers leur maître et ami d’autrefois : Vous cherchez Jésus? Il n’est pas ici. Il est ressuscité. N’ayez pas peur. Allez plutôt le dire à Pierre et aux disciples : « Il vous précède en Galilée »

Faut-il nous étonner que les trois femmes aient eu si peur? C’est que leur projet ne tient plus. Plus rien ne fonctionne comme elle l’avait anticipé. Jésus n’est plus là. Elles cherchaient son corps. Voici qu’il est absent. Il leur échappe. Elles n’y comprennent plus rien. Elles ont perdu soudainement tous leurs repères et leur sécurité. Elles ont bien raison d’avoir peur.

C’est comme quand nous sommes plongés dans l’absence d’un être cher, quand nous perdons le contrôle sur notre vie. Nous étions prisonniers de nos idées, de nos manières, de nos pratiques, de nos réflexes, de nos souvenirs. Et nous sommes incapables d’imaginer autre chose. Que faire maintenant?

Or les femmes au tombeau sont invitées à s’ouvrir à une bonne nouvelle qui va tout changer dans leur vie. Ce jeune homme en blanc ne représente-t-il pas l’homme nouveau habité de la foi dans le Ressuscité. Il représente notre état de baptisé qui participe déjà dans la lumière, à la paix de Pâques et au pardon du Christ, à la merveille du mystère de Pâques.

Et cette nuit, il y a en nous cette confrontation qui nous provoque à l’accueil renouvelé de la Bonne Nouvelle de Pâques : il y a cette quête toute humaine en nous, à l’image des trois femmes venues de grand matin avec leur bagage, leurs instincts et leur projet. Nous avons-nous aussi notre agenda. Nous aimons bien avoir le contrôle sur nos vies. Puis il y a cette bonne nouvelle qui nous arrive soudainement. Elle demande à se dire, à prendre le dessus en nous, sur nos peurs et nos désarrois. Elle réoriente nos manières et nos pensées pour que nous puissions goûter pleinement la joie, la paix, tout l’amour possible qui nous viennent du Ressuscité, vainqueur de la peur, du mal et de la mort. Voilà le beau programme de vie que nous offre notre condition toujours nouvelle de baptisés.

2 réflexions au sujet de « Homélie pour la Vigile pascale (B) »

  1. Louis-Armand Côte

    C’est un premier contact. Je choisis de découvrir lentement les divers services que vous offrez.
    Je me dois de ralentir mes élans d’énergie lors de découvertes de nouveaux sentiers vers le Cœur du Christ qui m’habite en mon cœur et que je me dois de découvrir lentement mais sûrement.
    Au plaisir de vous revenir très bientôt!!!
    LouisA

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