Méditation chrétienne,

Responsable de la chronique : Nicolas Burle, o.p.
Méditation chrétienne

Quel héritage ?

Imprimer Par Henri Caffarel

Auteur : Le Père Henri Caffarel, né le 30 juillet 1903 à Lyon et décédé à Troussures (Oise) le 18 septembre 1996 , est un prêtre catholique français, fondateur des équipes Notre-Dame.


N’auriez-vous pas compris ce qui se passe dans l’âme de vos enfants au jour de leur baptême ? Ils reçoivent la grâce, et donc les vertus théologales – non pas certes épanouies mais à l’état germinal. Or vous le savez bien, tout ce qui est germinal dans la création est habité par une énergie interne sous la poussée de laquelle le germe va croître jusqu’à son parfait développement. En ce petit enfant que vous ramenez des fonts baptismaux, foi, charité, espérance, sont des germes vivants.

Or je vous pose la question : ce Dieu dont vos enfants ont faim, le leur offrez-vous ? Chaque jour, vous leur rompez le pain du corps : leur donnez-vous également le pain spirituel ? Vous avez, j’en conviens, le souci de faire connaître Dieu à vos tout-petits. Mais pourquoi, pères et mères, abandonnez-vous la partie quand ils ont grandi ? Vous ne leur parlez plus de Dieu. Et vous vous étonnez ensuite que leur foi défaille…

On me répond parfois : “A chacun son métier ! Nous ne sommes pas prêtres, prêcher n’est pas notre rôle. D’ailleurs les enfants ne veulent pas de sermons. L’exemple, le témoignage n’ont-ils pas plus de poids ?” Je vous attendais là. C’est la réponse classique de nos contemporains, de ceux qui n’ont plus le courage de parler de Dieu : “On témoigne, disent-ils ; on se tait mais l’exemple parle.” Quelle confiance dans la valeur exemplaire de votre vie ! Et quel contre-sens : si j’ouvre mon dictionnaire, je lis qu’un témoin est un homme qui dit ce qu’il sait, ce qu’il a vu ou entendu. Avouez qu’il y a peut-être d’autres raisons à votre silence : la timidité, le respect humain, la crainte des réactions de l’enfant, le sentiment de votre ignorance ou du moins de votre maladresse pour parler des sujets religieux. A moins que, si étrange que ce soit, vous n’ayez rien à dire de Dieu.

A côté de l’enseignement donné par l’Eglise avec autorité publique, il y a l’enseignement privé. Et c’est bien pour vous, parents, une fonction d’Eglise, une fonction sacrée, officielle, que “d’évangéliser” vos enfants, de “transmettre la foi” à ceux à qui vous avez transmis la vie physique. Et certes il convient que votre vie ne démente pas vos paroles mais en soit l’illustration et le commentaire.

Soyez des chercheurs de Dieu, nourrissez assidûment votre foi de la Parole de Dieu, “Gardez la Parole”, comme il est de la Vierge Marie “qu’elle conservait toutes ces choses, les méditant en son cœur” et vous ne tardez pas à devenir des vivants et “l’Esprit saint vous conduira dans toute la vérité”. La joie de connaître fera de vous des apôtres. Apôtres de vos enfants d’abord. Tout père, toute mère, doit être un prophète au sens biblique du mot, c’est-à-dire un homme qui écoute Dieu, qui parle de Dieu et au nom de Dieu qui proclame les hauts faits de l’amour divin.

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