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Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Parole et vie

Homélie pour le 2e Dimanche de l’Avent (B)

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

Oser rêver à plus grand que soi

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 1,1-8. 
Commencement de l’Évangile de Jésus, Christ, Fils de Dieu.
Il est écrit dans Isaïe, le prophète : Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour ouvrir ton chemin.
Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers.
Alors Jean, celui qui baptisait, parut dans le désert. Il proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés.
Toute la Judée, tous les habitants de Jérusalem se rendaient auprès de lui, et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain, en reconnaissant publiquement leurs péchés.
Jean était vêtu de poil de chameau, avec une ceinture de cuir autour des reins ; il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage.
Il proclamait : « Voici venir derrière moi celui qui est plus fort que moi ; je ne suis pas digne de m’abaisser pour défaire la courroie de ses sandales.
Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint. »

COMMENTAIRE

Noël, c’est parti! Voilà que tout s’est mis en marche, de ce qui fait le charme et la magie de Noël. Dehors il y a la neige, l’hiver et le froid et les journées plus courtes. La saison est en attente de la nuit la plus longue, où paraîtra, soudaine, la vraie lumière. Les décorations, les marchés, les sapins, les bougies ont pris leur place. La féérie du temps des fêtes s’amène avec sa musique et ses chansons. Nous anticipons la joie des festivités. Ce temps nous apporte de vives émotions, où se mêlent de la nostalgie, de tendres et beaux souvenirs, certaines déceptions peut-être.

Pourtant un désir humain profond s’exprime à travers toute cette mise en scène. Nous rêvons d’être heureux ensemble, tous en paix, chacun, chacune en sécurité. Nous rêvons de justice pour tous et de liberté pour chacun, d’amour et de fraternité sur la terre entière. Est-ce là seulement une belle utopie? Un rêve? Une mission impossible?

Pourtant il y a, largement répandue chez nous, une obstination, un entêtement à croire qu’une telle harmonie universelle sera accessible un jour, que tout au moins ce devrait être l’objet incessant de notre quête.

Or la Parole de ce dimanche nous rappelle qu’il  dépend en bonne partie de nous d’atteindre à la joie, la vraie joie, et à la paix véritable. La liturgie nous parle d’accueillir, en la préparant d’abord, la douce et merveilleuse présence divine qui demande à se manifester dans le monde avec ses effets de grâce et de pardon.

Le prophète Isaïe nous le dit avec force : Dieu vient vers nous. Il nous presse de nous mettre en marche nous aussi pour aller vers lui, pour être avec lui. Comme deux vieux amis ne sauraient se rencontrer sans que tous les deux ne le veuillent, sans qu’ils ne se mettent effectivement en route l’un vers l’autre de quelque façon.

Le Seigneur va venir consoler son peuple. Préparons-lui donc le chemin. Il vient pour ceux et celles qui ont mal et qui souffrent, et qui n’en peuvent plus. Il l’a promis, proclame le prophète. Vivez dans l’espérance de sa venue prochaine! Comme un berger, il va conduire son peuple avec douceur. Et le psalmiste de chanter : Fais-nous voir, Seigneur, ton amour, et donne-nous ton Salut!

Le Seigneur nous donne du temps pour nous convertir, précise la 2e lettre de Pierre. Ce qu’il va faire pour nous, avec nous, c’est du neuf. Nous y arriverons par la conversion du cœur. Jean le Baptiste nous le dit à sa manière : Celui qui vient est plus puissant que moi. Lui, il vous baptisera dans l’Esprit Saint.

Ne restons pas là à rien faire! Rappelons-nous les anciens, les bergers et les mages, rappelons-nous Marthe et Marie, et Zachée, et même les disciples d’Emmaüs. Ils sont partis, ils ont marché. Ils ont préparé leur cœur. Ils ont fait du chemin en allant vers le Seigneur. Dans la pauvreté. Avec un cœur sincère. Dans l’humilité, la vérité même de leurs souffrances, de leur vie éprouvée. Affamés, assoiffés qu’ils étaient de justice et d’amour.

En ce dimanche et pendant toute cette semaine, mettons-nous en marche, en mouvement intérieur vers Dieu qui lui-même vient vers nous. Comment ne pas aller vers lui puisqu’il vient nous sauver de la mort et de l’éloignement, de la peur et de notre mal de vivre? Il vient pour notre joie, pour notre paix, pour vivre avec nous l’amour véritable. Serons-nous là pour la divine rencontre et la parfaite charité au cœur du monde et de nos vies?

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