Le psalmiste,

Responsable de la chronique : Michel Gourgues, o.p.
Le psalmiste

Psaume 64. Châtiment des calomniateurs.

Imprimer Par Marc Leroy o.p.

 

1 Du maître de chant. Psaume. De David.

2 Écoute, ô Dieu, la voix de ma plainte,
contre la peur de l’ennemi garde ma vie ;
3 au complot des méchants soustrais-moi,
à la meute des ouvriers de mal !

4 Eux qui aiguisent leur langue comme une épée,
ils ajustent leur flèche, parole amère,
5 pour tirer en cachette sur l’homme intègre,
ils tirent soudain et ne craignent rien.

6 Ils s’encouragent dans leur méchante besogne,
ils calculent pour tendre des pièges,
ils disent : « Qui les verra ? »
7 Ils combinent des méfaits :
« C’est parfait, tout est bien combiné ! »
Au fond de l’homme, le cœur est impénétrable.

8 Dieu a tiré une flèche,
soudaines ont été leurs blessures ;
9 il les fit choir à cause de leur langue,
tous ceux qui les voient hochent la tête.

10 Tout homme alors craindra,
il publiera l’œuvre de Dieu,
et son action, il la comprendra.

11 Le juste aura sa joie en Yahvé
et son refuge en lui ;
ils s’en loueront, tous les cœurs droits.

(Bible de Jérusalem)


Les vv. 2-7 sont un appel vers Dieu pour qu’il sauve des dangers venant de ceux qui complotent. Les vv. 8-10 sont là pour rappeler des actions que Dieu a faites pour aider dans le passé et en même temps pour donner des raisons d’espérer dans le futur. Le v. 11 est la conclusion du psaume qui donne une réponse aux interrogations du début.

vv. 2-7 : Ces vv. 2-7 nous décrivent ceux qui veulent comploter contre le psalmiste. Au v. 2, le suppliant demande à Dieu d’entendre sa plainte, puis d’agir avec efficacité. L’urgence de la demande est retranscrite par la rapidité avec laquelle on est passé d’une demande d’écouter à une demande d’agir. Parce qu’il y a une réelle urgence, il faut que Dieu agisse tout de suite. Le suppliant ne demande pas à Dieu de tuer ses ennemis, mais de le protéger de leurs attaques. Le v. 3 continue dans la description des périls qui menacent le suppliant. Il s’agit d’un complot que veut faire une foule de gens méchants. Avec le v. 4, on utilise la métaphore guerrière. Les attaques des adversaires ressemblent à des coups portés par des épées et des flèches. Leurs langues et leurs paroles peuvent être aussi dangereuses que des armes tranchantes. Leur parole est amère à l’image d’une flèche trempée dans du poison. Nous retrouvons le mot « flèche » au v. 8 et le mot « langue » au v. 9. Mais, Dieu est devenu un archer qui tire une flèche et la langue est devenue pour les méchants la cause de leur chute. On pense ici à Ps 57,7 : « ils creusaient devant moi une trappe, ils sont tombés dedans. ».
Non seulement, ils veulent faire du mal à l’homme intègre, mais le v. 5 précise qu’ils veulent faire cela en cachette. Ils n’ont pas le courage de l’affronter face-à-face. De la même façon qu’ils tirent soudain avec leur arc, leurs blessures seront aussi soudaines, blessures causées par la flèche tirée par Dieu sur eux. Au v. 7, cette première partie se termine par un proverbe : « Au fond de l’homme, le cœur est impénétrable. ». Ce proverbe peut être lu de façon ironique, en effet, il voudrait dire que les méchants sont tellement certains de réussir dans leurs actions mauvaises qu’ils ne sont pas capables d’en changer afin d’éviter la punition divine. Ils sont tellement sûrs de leurs coups qu’ils en oublient que Dieu peut agir contre eux.

vv. 8-10 : Les vv. 8-10 décrivent l’expérience que le suppliant a pu faire des interventions de Dieu en sa faveur. Au v. 8, on nous dit que « Dieu a tiré une flèche, soudaines ont été leurs blessures. ». Nous retrouvons deux mots « flèche » et « soudaines » que nous avions déjà au v. 4 (pour « flèche ») et au v. 5 (pour « soudain »). Mais ici, les choses sont totalement inversées. Ce ne sont plus les méchants qui tirent des flèches sur le suppliant, mais c’est Dieu qui tire une flèche sur les méchants. Ce ne sont plus eux qui tirent soudain, mais ce sont des blessures qui apparaissent de façon soudaine sur les corps des méchants. Leur langue, qui était leur arme, est devenue ce qui les a conduits à leur chute. L’ironie du texte est ici très prononcée. Les ennemis pensaient que personne ne verrait les pièges qu’ils avaient tendus pour faire le mal, et maintenant tout le monde les voit très bien. Tous les passants peuvent voir leur échec et ils hochent la tête de satisfaction ou d’horreur.

v. 11 : Le psaume se termine par le v. 11 qui reprend le mot « cœur » déjà présent précédemment. Au v. 7, on disait que le cœur des méchants était impénétrable, c’est-à-dire que leur méchanceté étant sans fin, et qu’ils étaient arrogants et sûrs d’eux. Le renversement qui a eu lieu à partir du v. 8 fait que nous parlons maintenant du cœur de l’homme juste. Son cœur est droit car il a sa joie et son refuge en Dieu son Sauveur.

fr. Marc Leroy, o.p.
École biblique de Jérusalem

 

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