Parole et vie,

Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Parole et vie

Homélie pour le 6e Dimanche de Pâques (A)

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

« Ne crains pas! Je suis avec toi. »

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 14,15-21.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements.
Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous.
l’Esprit de vérité, lui que le monde ne peut recevoir, car il ne le voit pas et ne le connaît pas ; vous, vous le connaissez, car il demeure auprès de vous, et il sera en vous.
Je ne vous laisserai pas orphelins, je reviens vers vous.
D’ici peu de temps, le monde ne me verra plus, mais vous, vous me verrez vivant, et vous vivrez aussi.
En ce jour-là, vous reconnaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et moi en vous.
Celui qui reçoit mes commandements et les garde, c’est celui-là qui m’aime ; et celui qui m’aime sera aimé de mon Père ; moi aussi, je l’aimerai, et je me manifesterai à lui. »

COMMENTAIRE

Notre Église canadienne a été comblée ces dernières années par d’importantes reconnaissances : son premier évêque, Mgr de Laval, a été canonisé le 3 avril 2014, de même Marie de l’Incarnation, une grande spirituelle, chez nous, au XVIIe siècle. Nous avons fêté il y a quelques années le 350e anniversaire de la 1ère paroisse catholique en Amérique du Nord, c’était celle de Québec, paroisse Notre-Dame. Ça nous a valu une porte sainte chez nous et un jubilé à Québec. Quant à l’Église universelle, elle n’est pas en reste, avec les  récentes canonisations de Jean XXIII et de Jean-Paul II, alors qu’on parle de la béatification prochaine du pape Paul VI. Vraiment l’Esprit nous donne des consolations. Notre foi en est stimulée.

« Celui qui m’aime sera aimé de mon Père; moi aussi je l’aimerai, et je me manifesterai à lui.» Ces paroles nous rejoignent dans cet heureux contexte. Elles résonnent aussi en nous quand nous considérons notre pape François. La bonhomie, l’intensité et le charme de sa personne toute évangélique nous ont séduits depuis le début de son pontificat. Nous le suivons avec fierté dans ses voyages pour des missions de paix et de réconciliation. Il a à cœur l’unité, l’annonce renouvelée de la foi chrétienne, la promotion des valeurs de paix, de justice et de partage en faveur des milieux humains appauvris, blessés par les guerres, les attentats meurtriers et bien d’autres malheurs.

La joie et l’espérance ne sauraient manquer à ceux et celles qui mettent leur foi dans le Christ, qui rêvent d’une Église en expansion. Mais, nous le savons bien, les questions et les défis sont considérables aujourd’hui, notamment le problème d’une certaine modernité qui a de quoi déstabiliser les plus braves d’entre nous, même les pasteurs les plus dévoués. Comment allons-nous tenir face aux mentalités séculières et antireligieuses qui dominent dans le monde? Que faire devant le peu d’intérêt pour la foi? Quand les mots nous manquent pour porter la Parole de Dieu et quand le langage de nos rites et nos cérémonies ne rejoint plus les gens. Devant ces difficultés, serions-nous orphelins et dépourvus de ressources? Dieu serait-il absent, nous laissant aller à nos infidélités et nos désertions?

La parole de ce dimanche nous réconforte quand elle nous rapporte ce que Jésus disait à ses disciples au moment de partir, à eux qui ressentaient l’abandon, la peur, une certaine détresse spirituelle. Ces propos du Seigneur nous rejoignent en cette période troublée où nous sommes. Ils nous disent que Jésus n’abandonne pas les siens. « Je prierai le Père, dit-il, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous : c’est l’Esprit de vérité… Je ne vous laisserai pas orphelins, je reviens vers vous. D’ici peu de temps, le monde ne me verra plus, mais vous vous me verrez vivant, et vous vivrez aussi ».

Nous ne sommes pas laissés à nous-mêmes, tout seuls et sans ressources, pour le combat de la foi, le service de l’espérance et la fidélité de l’amour. Il faut y engager notre pleine participation, c’est certain, mais cette mission est d’abord celle du Seigneur. Nous portons un projet, une commande qui nous dépasse, mais le Seigneur s’engage avec nous. Jésus ne s’est-il pas investi dans l’humilité et l’amour jusqu’au bout au milieu de nous? Nous célébrons sa victoire quand nous laissons sa vie de Ressuscité sourdre en nous au cœur même de nos hésitations, de nos faiblesses, quand nous faisons nôtre le rêve de l’Évangile en communion de foi, d’espérance et d’amour avec le Père, le Fils et l’Esprit. Cet Esprit qui nous guide vers un dépassement, nous comblant, de joie, d’énergie et de Paix.

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