Parole et vie,

Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Parole et vie

Homélie pour le 2e dimanche du Carême (A)

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

 Écoutons le Fils !

COMMENTAIRE

Nous avons retrouvé en première lecture la belle figure d’Abraham, notre Père dans la foi. Nous le retrouvons au moment où Dieu l’appelle. Alors même qu’il se met en marche vers cet ailleurs que Dieu lui montrera. Il doit donc quitter son pays, sa famille et la maison de son père. C’était beaucoup lui demander. Partir à l’aventure. Se fiant sur les promesses du Seigneur, il part avec des rêves plein son âme. Dieu s’engage à le bénir. Il sera père d’une multitude. C’est en donnant foi à la parole du Seigneur que le patriarche se met en route. Il se voit déjà le père d’une famille nombreuse. Nous aussi nous partons sur les promesses que Dieu nous a fait, lui qui ne saurait nous tromper.

Nous savons la suite de l’histoire de nos pères et mères dans la foi. Les vicissitudes rencontrées par eux, leurs avancées et leurs reculs sur des chemins jamais encore fréquentés. Le projet de Dieu passait par bien des méandres. Les hébreux n’étaient pas un peuple extraordinaire. Ils devaient lutter pour survivre. Ils ont connu les souffrances et les petits bonheurs. Dans son dialogue avec eux, Dieu instruisait les patriarches, il les corrigeait, les bénissait encore, malgré leurs fautes, malgré tout. Ainsi en est-il de nos avancées et de nos reculs aujourd’hui. Le Seigneur est bien patient à notre égard comme il le fut pour nos ancêtres.

La Parole de ce jour évoque aussi Moïse et Élie. Deux personnages réputés en Israël. Les interventions qui leur sont attribuées furent importantes dans l’évolution historique du peuple de Dieu. Moïse a pratiquement donné naissance au peuple Hébreux, lors de son passage de la mer Rouge. Puis il l’a accompagné dans le désert. C’est là que, sur une montagne, Dieu fera alliance avec eux. Moïse servait alors de lien. Il portait le destin d’un peuple à la nuque raide.

C’est bien plus tard qu’a surgi Élie, le prophète dont la mémoire est demeurée immortelle en Israël. Élie, l’homme de Dieu, si ardent à défendre la foi pure. Élie, le pauvre homme en fuite au désert. Restauré par le pain et l’eau que l’ange de Dieu lui dispense, il poursuit sa marche et fait à la fin la rencontre à l’Horeb du Seigneur de miséricorde dans une brise légère.

Ces deux témoins sont là, dans le récit, pour nous introduire au mystère du Christ. Accompagné de ses trois disciples préférés, Jésus était venu sur la montagne pour y prier son Père. Voilà que la circonstance donne lieu à une vision étonnante. Le visage de leur maître brille comme le soleil et ses vêtements sont tout en lumière. Pierre voudrait immortaliser ce moment de grâce, comme s’il voulait apprivoiser les deux prophètes, Élie et Moïse, tous deux en compagnie de son maître « transfiguré ». Or ils ne sont là, tous les deux, que pour s’entretenir avec Jésus, pour l’encourager à poursuivre son chemin. Élie et Moïse disparaissent d’ailleurs bientôt dans la nuée pour laisser toute la place à Jésus seul. C’est lui le Fils qu’il nous faut écouter et suivre. Ne cherchons plus pour quelqu’un d’autre. Le Verbe de Dieu nous est donné. Et avec lui la vie, la lumière, le monde nouveau.

S. Paul l’a bien compris qui écrit à Timothée. « Dieu nous a donné une vocation sainte, à cause de son projet à lui et de sa grâce (…) cette grâce devenue visible à nos yeux. Notre Sauveur, le Christ Jésus a détruit la mort, il a fait resplendir la vie ». À nous donc de prendre notre part dans l’accueil et l’annonce de cet Évangile.

Nous sommes venus de loin, de très loin. Mais voilà que maintenant nous voyons jusqu’où va le voyage. Déjà nous le savons, nous le croyons : le Christ ressuscité a fait resplendir la vie et l’immortalité. Nous l’avons contemplé ainsi sur la montagne.

 

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