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Parole et vie,

Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Parole et vie

Homélie pour le 12e dimanche T.O. C

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

Christ pour tous les âges !

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 9,18-24.
En ce jour-là, Jésus était en prière à l’écart. Comme ses disciples étaient là, il les interrogea : « Au dire des foules, qui suis-je ? »
Ils répondirent : « Jean le Baptiste ; mais pour d’autres, Élie ; et pour d’autres, un prophète d’autrefois qui serait ressuscité. »
Jésus leur demanda : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Alors Pierre prit la parole et dit : « Le Christ, le Messie de Dieu. »
Mais Jésus, avec autorité, leur défendit vivement de le dire à personne,
et déclara : « Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, le troisième jour, il ressuscite. »
Il leur disait à tous : « Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive.
Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi la sauvera. »

COMMENTAIRE

Quand je faisais du ministère dans les écoles élémentaires et secondaires, lors de rencontres pastorales avec les enfants et les ados, nous parlions, bien sûr, de Jésus. J’étais souvent émerveillé et instruit par leurs réponses spontanées, faciles, admiratives, naïves aussi. Leurs mots m’épataient souvent par leur justesse. Jésus était un Dieu d’amour et de paix, un homme bien spécial qui nous aime et qui nous protège. Il était l’envoyé de Dieu. Celui qui accueille tout le monde. Qui est bon pour tous. Celui qui nous enseigne l’amour du prochain. Le pardon. Le bonheur. Il est notre ami. Ce qu’ils me disaient leur venait sans doute de leurs parents, de leurs profs de catéchèse… Cela venait aussi parfois de source, d’eux-mêmes, d’un éveil spirituel évident chez ou l’autre.

Maintenant je ne vais plus dans les écoles. C’est plus des gens âgés et retraités que je rencontre; des gens fatigués parfois, souvent éprouvés. Des gens qui ont du vécu; ils sont pleins de sagesse et d’expériences de la vie.  Je remarque, lorsque nous parlons de Jésus, qu’ils se font plus silencieux. Ils ont parfois de lourdes questions. Parfois des doutes. Ils ont du mal à se dire. Plusieurs affichent une certaine réserve et mettent du temps avant de s’exprimer sur le sujet.

Ce n’est pas que la foi et la religion ne les intéressent pas. Ils savent bien que c’est important. Mais c’est parce que la vie et les évènements les ont beaucoup accaparés, les ont blessés quelque part. Ils ont appris beaucoup sur eux-mêmes : leurs grandeurs et leurs limites, leurs forces et leurs faiblesses. Et ils ont découvert des choses sur Dieu, comme cela, en passant, en marchant. Ils en ont retenu parfois de fortes convictions, mais parfois c’était moins clair, moins évident. Jésus n’était plus celui que d’abord ils pensaient qu’il était, le personnage facile à suivre, qui les emportait par ses paroles de feu, qui leur réchauffait le cœur, qui les transportait d’enthousiasme. Ils ont appris que la vie est une réalité dure et difficile. Qu’il en coûte d’avancer chaque jour, de suivre le Christ, de porter sa croix, de faire constamment des choix en ce sens. Vivre l’Évangile au milieu du monde, c’est crucifiant bien souvent. Il nous arrive de perdre de vue celui que nous voulions suivre. Les vérités du catéchisme mûrissent dans nos cœurs. Nous ne pouvons plus parler comme avant.

C’est alors qu’il fait bon retrouver les grandes affirmations de s. Paul, qui parle lui aussi d’expérience. Retrouver les mots de la liturgie dominicale qui traduisent pour nous, de dimanche en dimanche, les vérités de notre foi, pour cultiver l’espérance et l’amour dans nos cœurs. Il fait bon nous rappeler que par notre baptême, nous sommes habillés de lui. Qu’Il nous configure tranquillement à son image et qu’il nous donne dans l’eucharistie de quoi nourrir notre marche, de quoi le suivre, de quoi découvrir un peu mieux, un peu plus chaque jour qui il est vraiment, non pas une pensée pieuse, une idée construite, mais une vérité pratique, vivante, que nous tenons à bout de bras de notre foi.

Voilà où nous en sommes. Toujours en chemin. Mais plus proche de lui peut-être, en besoin constant d’être nourri de lui, de sa parole, de son pain de vie. Portant en nos pensées, en nos cœurs, en nos corps le mystère de sa Pâques, toujours en train à se manifester mystérieusement, secrètement, et qui pourtant illumine déjà nos vies et les renforce d’espérance et d’amour.

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