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Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
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La puissance des mots

Imprimer Par Jacques Marcotte & Anne Saulnier

Mandela-Gandhi-King

Les mots ont une puissance extraordinaire. Pour le meilleur et pour le pire. Nous avons lu récemment un article qui faisait un lien direct entre la célébrité de Donald Trump, candidat républicain bien connu de la course présidentielle aux États-Unis, et la manière dont il utilise les mots pour « saisir » son auditoire. L’article mentionnait que la célébrité de ce personnage controversé provient de son habilité à utiliser un langage que tous peuvent comprendre, et à s’en servir pour traduire des peurs et des frustrations que plusieurs n’osent pas dire à voix haute, mais qui sont présentes chez une grande partie de la population. Autre aspect intéressant, l’article arrivait à la conclusion que le discours des hommes politiques d’aujourd’hui est généralement peu complexe. Les politiciens n’ont pas pour but d’éduquer les gens, mais bien plutôt de les convaincre de voter pour eux.

Mis à part le cas de Donald Trump, il existe de ces gens dont le langage est universel. Le contenu de leur discours peut même être diamétralement opposé à celui de Trump. Il leur suffit de parler simplement et en vérité, et les gens à qui ils s’adressent se sentent touchés dans tout leur être. Certains de leurs auditeurs, pour la première fois, ont la certitude d’être enfin respectés, compris ; ils sont rejoints dans leur dignité. Le Mahatma Gandhi (1869-1948) et Martin Luther King (1929-1968) sont des exemples de ce type d’orateur. Plus près de nous, nous connaissons le pape François qui, par sa simplicité, est un exemple d’humanité. Sans tambour ni trompette, il va vers les gens et leur parle un langage que tous peuvent comprendre. Contrairement à Monsieur Trump, le pape François s’exprime dans un langage de paix. Il le fait avec la simplicité d’un cœur de pauvre, se mettant au même niveau que les personnes à qui il s’adresse, et cela sans effort apparent.

Jésus parlait de cette manière. Sa parole était habitée. Pour transmettre le message, il n’hésitait pas à employer la parabole, une parole « à côté », non menaçante et qui s’adressait aux gens pour leur redonner espoir et vie. Jésus avait ceci de particulier qu’il parlait autrement, dans un mouvement qui vient du désir d’un don, et sa parole ouvrait toujours, à ceux qui l’écoutaient, un espace plus grand qui les menait vers Dieu.

En ce temps pascal, nous pouvons nous demander comment retrouver un langage simple, proche de la terre et des gens pour dire l’Évangile et le message chrétien. Alors que certains mots semblent désuets aujourd’hui, le message de Pâques, lui, n’est-il pas de la plus haute importance, toujours aussi actuel qu’il l’était au temps des apôtres ?

Au moment où nous écrivons cet article, nous apprenons avec tristesse qu’un nouvel attentat « terroriste » vient d’avoir lieu, cette fois en Belgique. Cette dure réalité ne doit pas nous trouver sans mot pour réconforter ceux et celles qui sont au cœur de ce drame. Au-delà des mots qui consolent ou qui jugent et qui condamnent, aurons-nous les mots de la réflexion et de la prière ? Trouverons-nous les mots qui vont au cœur du problème et qui travaillent en amont pour changer notre monde et nommer ce que nous devons faire pour que de tels malheurs n’arrivent plus ? Dieu continue d’être présent à travers nos vies. Sa Parole peut nourrir la nôtre et faire ainsi que notre monde, contre toute espérance, soit peu à peu transformé, et parvienne enfin à construire son humanité.

Joyeuses Pâques à tous et à chacun / chacune d’entre vous !

En collaboration,
Anne Saulnier et Jacques Marcotte, OP
Québec

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