Aventure spirituelle,

Responsable de la chronique : Suzanne Demers, o.p.
Aventure spirituelle

Monseigneur Romero (1917 – 1980)

Imprimer Par Martyrologe

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Parce qu’il a voué sa vie à la défense des pauvres et des opprimés, Oscar Arnulfo Romero fut l’objet de vénération de tout un peuple et demeure une lumière d’espoir pour le monde entier.

Après avoir accédé à la prêtrise en 1942, Romero gravit les échelons successifs de la hiérarchie ecclésiastique et devient secrétaire du diocèse à San Miguel au Salvador. Déjà, il s’investit pleinement dans la tâche qui lui est impartie et devient le “berger” d’un peuple qu’il écoute et guide avec compassion. Apprécié également du Vatican pour son tempérament apte à calmer les esprits, il est nommé archevêque de San Salvador en 1977. Mais peu après sa nomination, son ami, le père Rutilio Grande, est assassiné par les “pelotons de la mort” chargés d’éliminer les opposants au régime. Plus que jamais conscient de la corruption du pouvoir en place, Romero refuse désormais d’apparaître dans les cérémonies publiques en présence de l’armée ou du gouvernement jusqu’à ce que la lumière soit faite sur le meurtre du père Grande et qu’un véritable changement social ait vu le jour. Plus que jamais, Romero considère l’Église comme moyen de défier l’oppresseur et de protéger les persécutés. « Une Église qui ne s’unit pas aux pauvres et, à partir d’eux, ne dénonce pas les injustices commises contre eux, déclare-t-il, n’est pas la véritable Église de Jésus-Christ ». Dès lors, chaque dimanche, dans sa cathédrale ainsi qu’à des stations de radio, il dénonce les exactions commises par la junte militaire au pouvoir, massacres, assassinats et autres atteintes aux droits de l’Homme, proclamant haut et fort que « les torturés et les assassinés sont de nouveaux Christs mis à mort par le péché ». Et, bien que la presse et la bourgeoisie soupçonnent l’alliance de son Église avec les révolutionnaires, Romero revendique au contraire un rôle de réconciliateur prêchant la réforme paisible et combattant l’esprit de haine et de vengeance.

Soutenu par des dizaines de milliers de croyants mais isolé parmi l’épiscopat conservateur de son pays et, désormais, incompris du Vatican qui lui conseille la prudence, Romero trouve en lui-même la force de poursuivre son combat pour la Paix et acquière peu à peu une notoriété et une audience internationales. Mais, conscient de la menace qui planait sur lui, il avait pris soin de rassurer ses fidèles réaffirmant ainsi sa foi en la résurrection : « si je suis tué, disait-il, je surgirai dans le peuple du Salvador ». Et de rajouter : « nous accomplissons dans notre vie seulement une fraction minuscule de l’entreprise magnifique qu’est le travail de Dieu… nous plantons les graine qui un jour croîtront ».

Et ce qu’il prévoyait arriva : alors qu’il venait de lire la parabole du grain de blé qui doit mourir afin de porter ses fruits, Oscar Romero est assassiné en pleine messe, au moment de l’eucharistie. Une immense foule assista aux obsèques de l’archevêque martyr et des milliers de personnes de tous horizons viennent, aujourd’hui, se recueillir sur sa tombe pour trouver l’envie et la force de poursuivre leur combat pour la Paix. « Notre foi chrétienne exige que nous nous impliquions en ce monde », disait Oscar Romero, donnant une orientation nouvelle à l’Évangile: la promotion et la défense des droits humains…

le livre des merveilles » édition MAME/PLON.

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