Le rosaire dans la ville,

Responsable de la chronique : Marcel Dumont, o.p.
Le rosaire dans la ville

Le mystère joyeux de l’Annonciation

Imprimer Par Marcel Dumont, o.p.

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Pourquoi ne pas entreprendre, en ce début d’année 2016, d’égrainer chacun des vingt mystères du Rosaire en une méditation en compagnie de la Mère de Dieu elle-même; celle qui est l’âme, en communion de mission maternelle avec l’Esprit, de cette prière universelle qui est beaucoup plus qu’une dévotion. Mystère joyeux, disons-nous donc, en cette première gerbe de roses que nous offrons à Notre Dame en ce mystère de l’Annonciation…

Vierge Mère, toi qui attendais, comme toutes les jeunes filles d’Israël la naissance du Sauveur annoncée par les prophètes : « Voici que la vierge est enceinte (nous dit Isaïe), elle enfantera un fils, qu’elle appellera Emmanuel (c’est-à-dire : Dieu-avec-nous)» (Is 7,14), tu recevais un jour, « lorsqu’est venue la plénitude des temps » (Ga 4,4) la visite de l’ange Gabriel pour une annonce qui allait transfigurer ta vie et l’univers entier : « Je te salue ‘Comblée de grâce’ » (Lc 1, 28), t’interpella-t-il! À ces simples mots – mots cependant chargés du rêve du Père céleste pour toi, le rêve d’une Maternité divine pour restaurer l’humanité brisée par la désobéissance – tout ton être se voit consacrer par l’onction céleste, et ton nom est désormais et pour les siècles celui de ‘Comblée de grâce’! De ce nom jaillira tous les vocables que te servira le peuple saint de sa filiale vénération : Temple de la Sagesse, Mère admirable, Épouse inépousée…; mais plus encore, l’Église y enracinera sa confession de foi en ta Maternité divine, en ta Virginité perpétuelle, en ton Immaculée conception et en ton Assomption et, qui sait, peut-être un jour en une œuvre de corédemption.

À ces simples mots, également, toute ta chair tremble d’une peur qui n’est pas de ce monde. Une crainte t’envahit, celle des saints, celle que communique l’Esprit. La volonté divine rejoint tout ton être de femme et de mère pour une mission de salut : le Père t’a choisie, tu seras Mère entre toutes les mères! « Sois sans crainte Marie (dit l’envoyé céleste), tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils, et tu l’appelleras du nom de Jésus… ». (Lc 1, 30-31)  Mais « comment… » « L’Esprit Saint viendra sur toi » (Lc 1, 35), répondit l’ange Gabriel.

L’espace virginal de l’Amour trinitaire viendra sur toi, Marie, c’est pourquoi ton sein et toute ta chair seront transformés en réceptacle immaculé, ainsi le Père pourra venir y engendrer le Fils dans toute la pureté de l’Amour virginal qui habite la Trinité Sainte. « Mais comment cela va-t-il se faire, puisque je ne connais point d’homme? » (Lc 1, 34). Puisque je suis vierge? Ta virginité, ô Marie, appelle la fécondité, − et tu le sais – et c’est là la raison de ta question; ta virginité, ô Marie, unie à celle de l’Esprit, appelle la fécondité de Dieu, celle de la vie divine – et l’Esprit le sait et le désire –. Oui, Marie, désormais et pour toujours, le Fils du Très-Haut habite ton cœur, et bien plus que ton cœur, toute ta chair, tout ton être est prégnant de la vie divine. Te voilà fin prête, te voilà conviée en justes noces avec le Verbe de Dieu pour une mission de rédemption qui réjouit déjà le cœur du Père. Ainsi, d’une poussée de tes entrailles, car tu ne peux être autrement que Mère en toutes choses, tout ton être confesse : « Voici la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta Parole. » (Lc 1, 38)  « Et le Verbe s’est fait chair, et Il a habité parmi nous. » (Jn 1,14)

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