Parole et vie,

Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Parole et vie

Homélie pour le 5e dimanche T.O. Année C

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

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Laisser entrer Dieu en soi!

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 5,1-11. 

En ce temps-là, la foule se pressait autour de Jésus pour écouter la parole de Dieu, tandis qu’il se tenait au bord du lac de Génésareth.
Il vit deux barques qui se trouvaient au bord du lac ; les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets.
Jésus monta dans une des barques qui appartenait à Simon, et lui demanda de s’écarter un peu du rivage. Puis il s’assit et, de la barque, il enseignait lesfoules.
Quand il eut fini de parler, il dit à Simon : « Avance au large, et jetez vos filets pour la pêche. »
Simon lui répondit : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ta parole, je vais jeter les filets. »
Et l’ayant fait, ils capturèrent une telle quantité de poissons que leurs filets allaient se déchirer.
Ils firent signe à leurs compagnons de l’autre barque de venir les aider. Ceux-ci vinrent, et ils remplirent les deux barques, à tel point qu’elles enfonçaient.
A cette vue, Simon-Pierre tomba aux genoux de Jésus, en disant : « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur. »
En effet, un grand effroi l’avait saisi, lui et tous ceux qui étaient avec lui, devant la quantité de poissons qu’ils avaient pêchés ;
et de même Jacques et Jean, fils de Zébédée, les associés de Simon. Jésus dit à Simon : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras.»
Alors ils ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils le suivirent.

COMMENTAIRE

Le 50e Super Bowl va rassembler beaucoup de monde à San Francisco ce dimanche soir, 7 février 2016.  Devant les petits écrans nous serons des dizaines de millions à surveiller l’issu du match où s’affronteront les Broncos de Denver et les Panthers de La Caroline. Les joueurs et les spectateurs vont passer par toute la gamme des émotions. Il faudra des vainqueurs. Il faudra des perdants. Des revers inattendus, des chances inouïes feront qu’à la fin tout va basculer dans un camp ou dans l’autre. Ce sera dommage pour les perdants et pour leurs supporteurs! Bonheur pour les gagnants! Ce genre d’événement nous fait toucher nos limites et notre incapacité de faire que les choses se passent comme nous souhaiterions qu’elles le fassent.

Pierre, Jacques et Jean vivent aujourd’hui dans le récit d’évangile une histoire peu banale. Leur connaissance de la pêche en prend pour son rhume quand une force insoupçonnée opère soudainement en leur faveur. Ils sont dépassés et troublés par cette pêche miraculeuse. Simon proteste de son indignité et laisse bien voir qu’il a peur.

Des évènements similaires se produisent pour le prophète Isaïe et pour l’apôtre Paul. En fait les lectures nous emmènent dans 3 ou 4 univers différents, celui du prophète Isaïe, celui du psalmiste, celui de Paul, celui de Simon Pierre. Les situations sont diverses, mais quelque part elles se ressemblent. Il s’agit chaque fois d’une expérience spirituelle, forte, inattendue. Un contact soudain avec la sainteté de Dieu bouleverse chacun des héros.  On observe que Dieu leur fait peur. Devant la manifestation du divin, l’homme prend conscience de son indignité, de son péché. Ce Tout-Autre le confronte. Notons que si l’aventure spirituelle de chacun est unique et personnelle, elle tient chaque fois à l’initiative de Dieu.  Ce n’est ni Isaïe, ni Saul, ni Simon qui décide ou engage la rencontre, mais Dieu, qui les rejoint chacun dans ce qui fait leur vie, leur quotidien.  Isaïe est en prière. Saul est en route pour servir une religion dont il est passionné. Simon est un pêcheur de métier.

Or, s’il les trouve désemparés, le Seigneur ne laisse pas nos bons hommes dans leur détresse ni dans la seule conscience vive de leur péché. Il s’empresse de les guérir, de les purifier. Il leur apporte relèvement et paix.

Il produit chez eux une transformation; ils en deviennent réconfortés, habilités à porter une mission dans laquelle ils ne s’engagent pas comme des robots, mais librement. Isaïe s’empresse de dire : « Envoie-moi! » à la voix qui demande : « Qui enverrai-je? Qui sera notre messager? »  Paul témoigne dorénavant de son engagement pour le Christ, prenant conscience de la grâce dont il a été comblé : « Ce que je suis, je le suis par la grâce de Dieu, et la grâce dont il m’a comblé n’a pas été stérile. »  Quant à Pierre et ses compagnons, « ils ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils le suivirent.»

Toutes ces choses nous sont dites pour fortifier notre foi. Ces témoignages nous renvoient à notre propre expérience du surnaturel qui est unique et personnelle. Nous n’avons pas à être jaloux des autres. Qu’il nous suffise d’être attentif à Dieu dans nos vies pour l’accueillir?

Le monde n’est pas d’accord. Il prétend que Dieu n’est pas là, qu’il n’est plus là. Que nous n’avons plus de place pour Dieu. La meilleure chose qui puisse nous arriver, ne serait-ce pas d’être plus conscients de notre pauvreté? Alors Dieu pourrait peut-être se donner à nous avec la chance d’être accueilli?

Le Seigneur est là, plus proche que lointain ; il se donne dans l’Eucharistie qui nous unit au Ressuscité. Il nous transforme en lui, faisant de nous des saints et des saintes à l’image du Fils, participant en Église à sa mission d’Évangile.

Une réflexion au sujet de « Homélie pour le 5e dimanche T.O. Année C »

  1. René Lebel

    Maman Marie n’a pas parlé pour rien quand elle nous a dit: « Faites tous ce qu’il vous dira. » Cette image de la pêche miraculeuse nous laisse entrevoir la teneur des fruits produits par ceux qui écoutent le maître, notre sauver, notre ami, notre compagnon, notre Dieu. Tout est grâces.

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