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Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
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Homélie pour le baptême du Seigneur

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

Bapteme-Jesus

Son baptême et le nôtre

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 3,15-16.21-22.
Or le peuple était en attente, et tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n’était pas le Christ.
Jean s’adressa alors à tous : « Moi, je vous baptise avec de l’eau ; mais il vient, celui qui est plus fort que moi. Je ne suis pas digne de dénouer la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu.
Comme tout le peuple se faisait baptiser et qu’après avoir été baptisé lui aussi, Jésus priait, le ciel s’ouvrit.
L’Esprit Saint, sous une apparence corporelle, comme une colombe, descendit sur Jésus, et il y eut une voix venant du ciel : « Toi, tu es mon Fils bien-aimé ; en toi, je trouve ma joie. »

COMMENTAIRE

Nous sortons à peine de la période des Fêtes. Ce fut sans doute pour plusieurs d’entre nous l’occasion de faire de belles rencontres, de nous visiter les uns les autres, des occasions d’affermir nos liens de familles, d’épanouir nos amitiés. Vous avez peut-être fait de nouvelles connaissances. Des personnes jamais vues ni connues vous ont été présentées. Vous en avez peut-être été marqués, impressionnés. Vous souhaitez même les revoir.  Elles sont devenues importantes pour vous.

L’événement du baptême de Jésus est de nature à produire un effet similaire dans nos vies de croyants. Ce baptême, il est relaté dans les quatre évangiles.  Il apparaît comme un moment fondateur dans le parcours de Jésus, révélateur de son identité profonde, un temps fort qui nous le présente comme quelqu’un d’exceptionnel. Bientôt Jésus de Nazareth va parcourir le pays de la Galilée, de la Samarie, de la Judée. Les lecteurs et lectrices de l’évangile voient aujourd’hui leur curiosité piquée au vif par ce qui arrive à Jésus. De quoi les accrocher, leur donner le goût de lire la suite et de le suivre, lui, jusqu’au bout. 

Si Jésus entre dans la démarche de ceux qui accourent vers Jean Baptiste pour exprimer le mouvement de conversion et de repentir qui les habite, c’est par solidarité avec ce qu’il y a de meilleur et de plus profond en nous. Et ce qui lui arrive par la suite, alors qu’il est en prière sur le bord du Jourdain, est là pour attester de sa condition tout à fait spéciale d’élu de Dieu, de Fils bien-aimé du Père, de consacré par l’Esprit Saint. Jésus nous indique déjà jusqu’où pourra aller notre ressemblance avec lui quand sa mission sera accomplie. Notre baptême, c’est là qu’il s’annonce et qu’il commence, pour s’achever dans la Pâques du Christ et dans l’événement de la Pentecôte.

S. Luc rapporte les choses avec discrétion.  Sur le baptême de Jésus par Jean, il ne dit à peu près rien, sinon qu’il a eu lieu, comme si ce n’était pas si important ou comme si c’était un baptême de plus, parmi les autres, exprimant la solidarité de Jésus avec ce mouvement spirituel. Luc attire plutôt notre attention sur ce qui vient tout de suite après, quand Jésus est en prière et que le ciel s’ouvre, que l’Esprit descend sur lui pour le couvrir tel une colombe, et que du ciel une voix dit : « C’est toi mon Fils… »  Ces détails ouvrent sur le mystère du Christ, sur la présence avec lui du Père et de l’Esprit.  Nous sommes à ce moment décisif où son adoption divine est signifiée à Jésus devant nous, où l’Esprit vient le consacrer devant nous. Tout cela arrive pour notre foi et notre espérance.  Nous avons dans le Christ – le Fils éternel du Père – l’initiateur d’un monde nouveau, alors même qu’il va tout faire pour communier à notre condition humaine jusqu’à en mourir bientôt. C’est pour cela qu’il est venu. Là s’accomplit son baptême et le nôtre, dans sa mort et sa résurrection.

En quoi le baptême de Jésus nous concerne, S. Paul nous le dit bien ce matin quand il souligne à son ami Tite les effets de grâces, de transformation, de renouvellement que la venue du Verbe de Dieu en notre chair a produit pour nous. Maintenant qu’il est parti, en attendant qu’il revienne, nous avons tout le temps pour penser à lui, pour nous souvenir de lui et laisser son influence, son empreinte et son  œuvre continuer de nous habiter, de nous transformer, de nous purifier, de nous donner de pouvoir vivre en enfants de Dieu, en fils et filles du Royaume. « Par le bain du baptême, écrit Paul, il nous a fait renaître et nous a renouvelés dans l’Esprit Saint. Cet Esprit, Dieu l’a répandu sur nous avec abondance, par Jésus Christ notre Sauveur, ainsi, par sa grâce, nous sommes devenus des justes, et nous possédons dans l’espérance l’héritage de la vie éternelle. »

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