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Responsable de la chronique : Denis Gagnon, o.p.
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La folie de l’amour

Imprimer Par Denis Gagnon, o.p.

La haine est blessante, et pour celui qui la subit, et pour celui qui la crée. Les enfants tristes se trouvent surtout parmi ceux à qui personne ne fait attention. Souvent, ils deviennent délinquants, c’est le seul moyen d’attirer l’attention. Les gens qui refusent d’aider les autres n’ont de respect que pour leur petite personne. Et souvent, ils  ont l’air rabougri. Par contre, les fiancés ont des ailes et chantent leur bonheur. Les époux heureux sont demeurés amoureux. Les enfants qui sont aimés ont de l’entrain et sont de bonne humeur, la plupart du temps. Nous sommes heureux quand nous aimons les autres et que les autres ont de l’affection à notre égard. Nous sommes faits pour aimer et pour être aimés.

Notre créateur est lui-même tout Amour. Pas surprenant que nous soyons fait d’amour. Dieu est en amour. Comme la tendresse d’un père pour ses enfants. Comme une mère qui ne peut pas s’empêcher de penser à ses petits. Comme un époux qui ne vit plus que pour celle qu’il aime.

Dieu est un amoureux. Et il est un amoureux tellement aveugle qu’il oublie facilement qu’il pourrait être un maître dominateur, un juge intransigeant et calculateur, le fort qui nous regarde de haut.

Il a plutôt choisi de partager notre vie, de marcher sur nos chemins, de chanter nos joies à nous, de pleurer nos souffrances avec nous. Il aime tout le monde avec une prédilection pour les petits, les sales, les pas fins, les abandonnés…

Dieu a le cœur sur la main. Parmi nous, il a les bras étendus comme pour mieux embrasser l’univers. Il a versé son sang jusqu’à la dernière goutte. Il n’a pas voulu seulement nous parler d’amour, il en a vécu jusqu’au bout.

Et pour que son message parvienne aux hommes et aux femmes de tous pays et de tous temps, il a voulu que l’amour soit un chant de chorale et non pas un solo.  Il nous rassemble en Église. Il nous fait familles. L’amour se chante à plusieurs.

Cela ne paraît pas beaucoup. Nous avons bien des croûtes à manger avant que ne disparaisse l’anonymat qui existe entre nous, et pour cimenter nos solidarités. L’Église n’est pas réalisée complètement. Mais si nous retroussons nos manches pour mettre en œuvre ce projet, ce rêve de Jésus, alors l’Église remplira vraiment son rôle au milieu du monde. Elle deviendra un audio-visuel du message de Jésus. Elle sera l’Évangile en gestes, en actions d’hommes et de femmes. L’Univers se réchauffera; il sera  capable de connaître la justice et la paix.  La terre deviendra plus habitable.

Le royaume prendra racine parmi nous. Dieu Amour sera au cœur du monde. Et le monde sera au cœur de Dieu. C’est un rêve, c’est une utopie, une folie. Mais ce ne peut être autrement puisque c’est de l’amour.

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