Parole et vie,

Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Parole et vie

Homélie pour le 16e Dimanche T.O. (B)

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

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Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 6,30-34.
En ce temps-là, après leur première mission, les Apôtres se réunirent auprès de Jésus, et lui annoncèrent tout ce qu’ils avaient fait et enseigné.
Il leur dit : « Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu. » De fait, ceux qui arrivaient et ceux qui partaient étaient nombreux, et l’on n’avait même pas le temps de manger.
Alors, ils partirent en barque pour un endroit désert, à l’écart.
Les gens les virent s’éloigner, et beaucoup comprirent leur intention. Alors, à pied, de toutes les villes, ils coururent là-bas et arrivèrent avant eux.
En débarquant, Jésus vit une grande foule. Il fut saisi de compassion envers eux, parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger. Alors, il se mit à les enseigner longuement.

REVENIR DE MISSION

COMMENTAIRE

Les apôtres reviennent de leur première mission. Ils sont allés, fidèles aux consignes de leur maître, deux par deux, avec rien, par les routes, en tous les villages et autres coins du pays. Qu’ont-ils fait ? Qu’ont-ils enseigné ? Ils sont deux pour livrer leurs impressions, pour témoigner de ce qu’ils ont vécu, pour se rappeler de tout et saisir mieux l’enjeu de leur accomplissement. Ils ont besoin aussi de se reposer. De prendre du temps pour être ensemble. Sans être dérangé. Pour être avec lui. On applaudit donc à l’idée de les voir se retirer à l’écart, sur l’invitation du Maître. Pour partager une certaine intimité avec lui. Mais on voit tout de suite que le plan ne marche pas. La foule leur court après et elle sollicite encore et encore l’attention et le dévouement de Jésus.

On se croirait à Québec certains grands soirs. Quand il y a du monde partout. Des gens de partout. Qui vont en tout sens. L’évangéliste évoque à plaisir l’effervescence de cette foule. C’est une course, une quête passionnée. Il y a là l’énergie d’une poursuite obstinée et les signes d’une errance, d’une désespérance. Comme des brebis sans bergers.

Jésus et ses disciples sont piégés. Ils ne s’en sortiront pas à moins de jouer le jeu, d’entrer dans cette nécessité et de profiter pleinement de cette opportunité apostolique.

La compassion l’emporte donc et le Seigneur n’hésite pas à dispenser longuement son enseignement à des gens qui en veulent, qui en ont bien besoin.

Cette insistance de la foule qui rattrape le Seigneur et la réponse que Jésus apporte quand il est confronté à cette situation, nous rejoignent aujourd’hui et nous invitent à donner une réponse similaire quand des gens nous appellent et nous tendent les mains. Même au beau milieu de nos vacances il se peut que nous soyons dérangés. Saurons-nous alors nous rendre disponibles pour apporter notre présence et une réponse chaleureuse à telle ou telle personne qui se tourne vers nous pour de l’aide, pour de l’attention, pour notre amitié ?

Bien sûr nous éprouvons nous aussi un besoin de paix, de tranquille présence à nos proches, à nos amis, au Seigneur lui-même. Nous souhaitons vivre des moments de repos et nous en avons besoin. Mais nous avons cette capacité d’aimer, qui nous habite, ce devoir de charité, qui nous incombe. La charité du Christ nous presse, nous a rappelé notre archevêque, reprenant un mot de l’Apôtre Paul aux Corinthiens. Cette charité nous pousse à nous mettre instamment au service des autres avec compassion.

L’amour s’inquiète, il cherche à faire plaisir, il veut aider, il veut protéger; l’amour n’est jamais tranquille. L’amour possède en lui-même une fécondité qui l’amène à se dépasser dans le service, dans l’accomplissement des tâches les plus humbles comme dans l’exercice des responsabilités les plus hautes. Il y va du bonheur d’un foyer, d’une famille, de la société, du monde.

La leçon de l’évangile d’aujourd’hui, c’est de nous révéler ce que nous vivons déjà peut-être sans trop le savoir. C’est de nous redire clairement ce que nous avons mission d’accomplir comme baptisés et confirmés. Comme avec ses disciples et aujourd’hui en son Église, le Seigneur assume le modèle du bon Pasteur; nous soutenant de sa compassion, il nous réconforte puissamment. Il fait corps avec nous dans l’Eucharistie. Puissions-nous être avec lui, comme lui, des êtres de compassion et de service pour tous ceux et celles que l’Esprit nous donne de rencontrer et d’accueillir au nom du Christ, notre vrai Pasteur et Sauveur.

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