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Responsable de la chronique : Marius Dion, o.p.
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Témoignage d’un foyer : « La prière en couple »

Imprimer Par Yolande et Jean-Claude Bésida

9791090819931Dans leur livre « L’amour sauvé » (Ed. Ad Solem Spiritualité, 2014, 192 pp.), Yolande et Jean-Claude BÉSIDA donne leur témoignage de prière en couple… (dans Lettre des Equipes Notre-Dame, N° 211, mars-avril 2015).

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La prière en couple est avant tout prière à deux. Tous les conjoints ont besoin de se nourrir de la Parole de Dieu, des sacrements et de la prière, vécus ensemble, source et aliment vital de leur communion. Partage d’Evangile, office du matin et du soir, rosaire ou simple Notre Père récité à deux voix, psaume ou Magnificat chanté, partage d’intentions, ou bien un « Mon Dieu, je te confie… », cela simplement dit côte à côte, oraison ou adoration silencieuse… Toutes les formes, tous les moyens sont bons, et dans les décennies qu’il partage, le couple qui veut prier les essaiera forcément un jour ou l’autre.

Sur cette route, un premier cap à passer est la difficulté à s’ouvrir, à partager ce que l’on a de plus intime: sa relation personnelle à Dieu. ll ne faut pas s’étonner: ce qui fonctionne en solo, trouve ses limites à deux. Autre est l’oraison personnelle, autre la prière de la communauté conjugale. Franchir ce cap peut prendre des années, ne priant l’un avec l’autre des décennies durant que par la messe dominicale vécue ensemble, comme chez le bienheureux Frédéric Ozanam et sa femme Amélie qui, semble-t-il, contemplait son mari en prière, et ne lut la Bible avec lui qu’en le veillant sur son lit de mort.

A deux, comme seul, l’important et la difficulté est de durer. Une seule règle: ne pas changer trop à la légère une fois qu’on a trouvé ce qui fonctionne. Un des moyens, mais il y en a bien d’autres, est la prière de tout ou partie des psaumes de l’office. Guide à la fois sûr, merveilleusement varié et stimulant pour la prière commune. Guide, ou plutôt océan ou univers qu’une seule vie, surtout fragmentée comme celle des époux d’aujourd’hui, ne suffit pas à parcourir.

Un autre moyen, encore élémentaire, est de s’asseoir à deux et de réciter ou de chanter, une simple dizaine sur son chapelet. Cela prend entre quatre et six minutes et c’est d’une efficacité sans commune mesure avec la modestie du moyen pour introduire une zone de paix et de silence entre les époux. Impressionnant, par exemple, juste après avoir rangé la table du dîner tandis que la maisonnée autour d’eux vrombit de toutes les activités de la soirée.

Si les aides existent pour la prière personnelle – les accompagnateurs compétents sont relativement fréquents – elles sont plus rares face aux difficultés que pose la prière du couple comme communauté. C’est normal: on parle mieux d’un chemin que l’on a soi-même pratiqué. Les époux tâtonnent, cherchent et ne devront pas se décourager.

Quant à la prière personnelle, elle s’élargit et prend peu à peu une couleur conjugale et familiale propre. Elle devient prière de l’époux et de l’épouse, qui porte conjoint et famille dans son cœur et l’ouvre au Seigneur. Car si la prière conjugale est un cap, la prière personnelle de chacun est vitale pour que le couple reste en Dieu. Dieu ne s’impose pas. Si on l’écarte, il se retire et attend, avec patience, se manifestant discrètement: « Voici que je me tiens à la porte et je frappe » (Apoclypse,3, 20).

La prière personnelle de chaque conjoints est comme un fenêtre ouverte par laquelle il peut recevoir de Dieu toutes grâces pour le foyer. C’est là que les petites joies conjugales montent en action de grâce, on y puise la force de supporter les misères du couple, l’intelligence s’y affine pour savoir comment aimer, et on y offre les besoins et les angoisses familiales et professionnelles pour les vivre dans leur juste dimension, sans dramatiser et dans une paix surnaturelle. C’est là aussi que la prière s’élargit. Chaque fois qu’un conjoint se tourne vers Dieu (et autant qu’il se tourne vers Chaque fois qu’un conjoint se tourne vers Dieu (et autant qu’il se tourne vers Lui), il est renouvelé non seulement comme enfant de Dieu, mais aussi comme époux ou épouse: par là, c’est donc le couple et la famille même qui les sont.

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