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Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
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Homélie pour la Pentecôte (B)

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

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Souffle imprévisible ! Vent de Pentecôte !

La Pentecôte nous rejoint alors que nous vivons, dans la société québécoise, des choses inédites, qui nous prennent un peu de court. Tout se passe en même temps : d’importants réaménagements dans notre diocèse, notamment au plan des paroisses, ne sont pas sans affecter nos communautés ; par ailleurs on s’étonne de la persévérance de ceux qui contestent dans la société civile et des marches « protestantes » dans les rues ; il y a eu aussi chez nous le déploiement d’une commission d’enquête qui n’en finissait plus. Ça nous fait beaucoup de choses à suivre. Sans compter tout le reste !

Nous ne sommes sans doute pas dans une dérive sociale, mais chacun y va de ses craintes, de ses pronostics plus ou moins alarmistes. Alors que tant de sujets d’inquiétude nous sollicitent, comment garder la sérénité et la paix et ne pas perdre pied ? Faut-il baisser les bras et nous résigner à ne plus rien comprendre ni faire ? Avons-nous les moyens d’y changer quelque chose ?

Pour ma part je suis peut-être naïf, ou trop optimiste, mais je m’émerveille du relèvement qui se manifeste chez plusieurs. J’applaudis aux efforts de participation et à la solidarité des jeunes. J’ai le goût de crier pour tous : Vive les hommes et les femmes debout et libres !  Je me dis que si nous souhaitons la liberté, la justice et la paix pour la Libye, la Tunisie, l’Égypte, la Syrie, la Palestine, nous devons du même souffle vouloir que ces valeurs soient honorées aussi chez nous.  Sans crier à la révolte et à la violence, je me dis qu’il faut encourager la vie, le renouveau, l’espoir et le rêve. Nous avons reçu un Esprit qui ne fait pas de nous des éteignoirs ou des esclaves. L’Esprit Saint nous entraîne en tout ce qui est amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, humilité et maîtrise de soi. Face à tout cela, il n’y a plus de loi qui tienne, écrivait Saint Paul aux Galates

L’Évangile de la fête nous donne à penser que notre monde change et changera toujours. Que ce qui compte pour le disciple c’est de rester fidèles à lui-même et au Christ. Bien discerner, voir clair et juste. Nous sommes engagés dans un processus évolutif comme société, comme personne, comme Église, où rien n’est programmé et fixé pour toujours. C’est le rôle de l’Esprit Saint de nous accompagner pour que puissions faire les bons choix, nous tenir en fidélité à l’enseignement du Seigneur. Les grandes valeurs d’Évangile sont immuables et doivent être fixées en nos âmes et consciences, mais leur application est à vivre sur le terrain dans les circonstances concrètes de la vie.  L’Esprit ne s’attarde pas en arrière. Il nous précède. Il est discernement, force, lumière, initiative. Nous pouvons lui faire confiance. « Ce qui va venir, dit Jésus, il vous le fera connaître. Il reprendra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. »

Une double fonction revient donc à l’Esprit : garder en nos mémoires le Christ, son enseignement, son Évangile. Pour que nous n’allions pas l’oublier. Et nous tourner vers le présent et l’avenir, non pas en substituant à l’Évangile un enseignement nouveau, mais en nous y conformant par mode d’approfondissement et de saisie intérieure, en tout notre être. Ainsi pouvons-nous dans l’Esprit renaître constamment au Christ, participer à sa vie de ressuscité, faire l’expérience intime du Dieu vivant. Notre communion dans le Fils, lumière des nations, l’envoyé du Père dans le monde, saura bien nous inspirer les gestes et les paroles d’amour et de paix qui sauvent.

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