Aventure spirituelle,

Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Aventure spirituelle

Sainte Marie Mère de Dieu – Jour de l’An 2015

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 2,16-21. 

En ce temps-là, les bergers se hâtèrent d’aller à Bethléem, et ils découvrirent Marie et Joseph, avec le nouveau-né couché dans la mangeoire.
Après avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé au sujet de cet enfant.
Et tous ceux qui entendirent s’étonnaient de ce que leur racontaient les bergers.
Marie, cependant, retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur.
Les bergers repartirent ; ils glorifiaient et louaient Dieu pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu, selon ce qui leur avait été annoncé.
Quand fut arrivé le huitième jour, celui de la circoncision, l’enfant reçut le nom de Jésus, le nom que l’ange lui avait donné avant sa conception.

COMMENTAIRE

Dans ce beau récit d’évangile, le rôle dévolu aux bergers étonne toujours. Instruits par les anges, ils s’engagent rapidement sur un chemin de foi. Pauvres et marginaux, ces hommes sont choisis pour porter la nouvelle d’un mystère inouï. Leur démarche est exemplaire. Sitôt qu’ils ont entendu les anges, ces veilleurs de la nuit se concertent et vont voir à Bethléem. Là ils racontent ce qu’ils savent de l’enfant. Émerveillés ils repartent en glorifiant et louant Dieu. D’humbles hommes prennent ainsi le relais des anges. C’est à leur tour d’annoncer aux autres la Nouvelle. Et si les bergers c’était nous aujourd’hui…

Dieu opère de façon déconcertante : Marie et Joseph le savaient déjà. N’ont-ils pas fait l’expérience de l’inconfort et du dénuement, alors même qu’ils donnaient le Fils de Dieu au monde. Ils apprennent à mesure. Ils apprennent des bergers. Une fois de plus Marie considère sans doute l’abaissement dans lequel le Père a choisi d’initier son Fils.

Pourtant le ministère confié aux bergers nous encourage et nous donne confiance. Ce qui se passe à l’étable de Bethléem invite à revoir nos jugements sur les personnes. Dieu se révèle aux plus petits. Nous n’avons plus à rougir de ce que nous sommes; nous ne devons plus avoir peur des autres. Le Seigneur nous a tous rejoints dans nos pauvretés. II se fait pauvre parmi les pauvres, petit parmi les petits.

Il faut nous en rappeler. La rencontre de notre Seigneur  n’est pas une affaire de richesses, de savoir ou de pouvoir. C’est une affaire d’éveil, d’écoute, d’attention aux signes, de disponibilité intérieure. Mettons-nous donc en route avec les bergers, avec Marie et Joseph, avec les petits et les pauvres. Suivons leur mouvement et découvrons nous aussi la merveille que Dieu a préparée pour ceux qu’il aime : le nouveau-né couché dans une mangeoire.

Cette manière de Dieu ne devrait-elle pas renouveler sans cesse notre regard sur les réalités de notre monde.

Dans notre monde, de fortes secousses, pas seulement matérielles et physiques, mais surtout sociales, morales et spirituelles touchent les cœurs et les consciences. Comme pour Marie, qui ruminait en elle-même le sens de la venue des bergers et de leur discours, ce qui arrive dans divers pays devrait établir dans nos cœurs de l’espoir, une remise en question salutaire, un sens de l’autocritique, une promesse d’avenir.

Que la liberté et l’espace intérieur grandissent chez les humains, n’est-ce pas là une valeur essentielle ? Que nous puissions sortir du faire comme les autres, de la grégarité, d’une certaine unanimité pour entrer personnellement dans une vie intérieure, plus intime, et communier ainsi au Dieu d’amour, n’est-ce pas notre chance de vivre des rapports humains plus fraternels, plus solidaires, plus francs et plus justes avec tous ?

S’il est un vœu que nous pourrions nous faire en ce Jour de l’An, ce serait celui-ci : devenir plus authentiques, nous garder libres. Qu’il y ait en nous de l’espace pour la pensée, la prière, l’adoration, la rencontre du Dieu vivant! Et tout le reste suivrait : le courage devant les épreuves, la sérénité devant les problèmes de la vie, l’amour du prochain et un infini respect pour toute personne humaine comme Jésus nous l’a enseigné. C’est ce que je nous souhaite pour l’année 2015.

Une réflexion au sujet de « Sainte Marie Mère de Dieu – Jour de l’An 2015 »

  1. Dominique Duée

    Devenir toujours plus authentique, oui, dans le dynamisme spirituel, le corps a une si grande place, un corps qui prie , un corps qui regarde, un corps qui chante, , un corps qui s’avance, un corps qui s’agenouille…ce corps porteur du germe de Dieu déposé en nous à notre naissance. N’oublions pas de dire « oui » comme Marie à cette maternité spirituelle.

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