Parole et vie,

Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Parole et vie

Homélie pour la nuit de Noël 2014

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

Lumière et bonne nouvelle dans la nuit

Nativity-Star

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 2,1-14. 
En ces jours-là, parut un édit de l’empereur Auguste, ordonnant de recenser toute la terre –
ce premier recensement eut lieu lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie. –
Et tous allaient se faire recenser, chacun dans sa ville d’origine.
Joseph, lui aussi, monta de Galilée, depuis la ville de Nazareth, vers la Judée, jusqu’à la ville de David appelée Bethléem. Il était en effet de la maison et de la lignée de David.
Il venait se faire recenser avec Marie, qui lui avait été accordée en mariage et qui était enceinte.
Or, pendant qu’ils étaient là, le temps où elle devait enfanter fut accompli.
Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune.
Dans la même région, il y avait des bergers qui vivaient dehors et passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux.
L’ange du Seigneur se présenta devant eux, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d’une grande crainte.
Alors l’ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple :
Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur.
Et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. »
Et soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant :
« Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. »

COMMENTAIRE

L’histoire de la naissance de Jésus et l’annonce aux bergers nous rejoignent au coeur de la nuit. Nous avons voulu ce soir encore faire partie de cette mise en scène. Une fois de plus nous voulions entrer dans cette ambiance qui a le don de nous faire rêver, de nous inspirer des sentiments de paix, de tendresse et d’amitié, de libérer en nous des énergies capables de changer le monde.

Là-bas, c’était probablement une expérience un peu risquée, dangereuse même que cette veille dans la nuit, avec des bêtes qu’il fallait protéger contre tous les dangers, des bêtes souvent capricieuses. Et la longue nuit noire donnait pourtant envie d’aller dormir, à moins que les cris lugubres et inquiétants, déchirant les ténèbres, en fassent une nuit de peur et de cauchemars.

Notre monde aussi a souvent couleur de nuit, avec ses atrocités, ses détresses, ses peurs et ses malheurs, si nombreux, qui frappent sans crier gare. Nous ne voyons pas vraiment la fin de nos peines ? Quelle nouveauté pourrait enfin répondre à nos rêves, à nos appels, à nos prières.

« Un enfant nous est né, un fils nous est donné. » proclamait le prophète Isaïe. « Aujourd’hui vous est né un Sauveur, dans la ville de David », nous annoncent l’Ange du Seigneur.

Ces paroles que nous sommes venus entendre ont-elles quelque chose à voir avec ce qui nous inquiète et nous tourmente ?  Nous parlent-elles un langage qui fait du sens et qui donne l’espérance alors que nous avons de lourds défis personnels et collectifs à relever ? Et si ces paroles nous apportaient le secret de ce qui peut transformer notre monde ?

La fête de Noël avec ses traditions, ses festivités, ses montées de ferveur et d’émotion est certes un temps magique, qui a l’heur de dissiper pour un temps nos tristesses et nos morosités, nos peines et nos problèmes. Mais si Noël, c’était plus qu’un bon repas, plus que le prétexte d’un rassemblement familial réconfortant, plus même que l’assemblée liturgique d’un soir, plus qu’un beau souvenir et des réjouissances à perpétuer. En fait, c’est déjà merveilleux et utile que nous puissions vivre intensément, joyeusement et pleinement la fête. Mais s’il y avait véritablement pour chacun, chacune de nous ce soir un mystère intime à découvrir, un message d’amour à partager, une vérité bouleversante à saisir ? Tout ça nous concernant chacun, chacune personnellement, sans égard aux mérites ?

Nous sommes ici sans même nous connaître, mais entraînés par les chants, la prière et une foi commune qui nous font rencontrer l’enfant de Bethléem. Cet enfant, devenu un homme, nous parle le langage de Dieu, le langage de l’Amour. Il produit des œuvres de relèvement, de pardon, de guérison. Dans le don total qu’il fait de sa vie, il rejoint l’homme et la femme de toujours pour leur donner nouvelle naissance, guérison et pardon, vocation à l’amour et au service du prochain.

La grâce de cette Nativité prodigieuse nous sollicite cette nuit, qui que nous soyons, petits ou grands, pauvres ou riches. Elle nous invite à nous lever comme autrefois les bergers pour une belle aventure spirituelle, pour un rendez-vous de foi et d’amour avec Dieu le Père en son fils.

Que vienne donc cette belle et vraie Nouveauté avec force et lumière dans notre nuit, dans notre vie ! Que l’amour et la tendresse de Dieu sonnent le réveil d’hommes et de femmes en quête de justice, de miséricorde et de paix ! Et que chacun de nous nous soyons de ces appelés, témoins d’un monde nouveau à bâtir avec lui.

 

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