Aventure spirituelle,

Responsable de la chronique : Suzanne Demers, o.p.
Aventure spirituelle

Jean le Miséricordieux Pasteur (VIe-VIIe siècle)

Imprimer

st-j-13-1Après le concile de Chalcédoine de 451, dont la réception en Égypte fut particulièrement problématique, il y eut deux patriarches à Alexandrie, l’un copte, I’autre melkite, ce dernier restant fidèle à l’empereur byzantin.

Quelles que fussent les grandes tensions et les divisions au sein l’Église, il est pourtant un patriarche melkite d’Alexandrie qui fut estimé et aimé par les coptes: c’est Jean le Miséricordieux, qui vécut entre le VIe et VII siècle et dont l’ancien calendrier copte d’Abu’l-Barakat rappelle la mémoire.
Jean était le fils du gouverneur byzantin à Chypre où il naquit dans la ville d’Amathous, sur la côte méridionale de l’île. À la mort de sa femme et de ses enfants, il se consacra totalement aux pauvres. Ce sera le grand souci de toute sa vie, qui lui vaudra le qualificatif de «miséricordieux».

Élu patriarche d’Alexandrie en 610, Jean prit vivement à cœur les problèmes politiques de son temps, l’avancée des Perses en particulier et les prétentions de l’empereur byzantin sur l’Égypte; il prit la défense du rôle spécifique de l’Égypte face aux ingérences des pouvoirs séculiers.
Au cœur de ses engagements pastoraux, il y eut, avant toute chose, le soutien qu’il apportait aux pauvres gens: il fit en sorte que les ressources de l’Église soient destinées en grande partie aux exclus et, pour ce faire, il engagea les milieux aisés de la population dans ses initiatives évangéliques.

Jean mourut à Chypre, vers 619. Ses biographes célèbres (Jean Mosco. Sophrone le Sophiste, Léonce de Néapolis pour l’Orient; Anastase le Bibliothécaire et Jacques de Voragine pour l’Occident) l’on fait connaître et aimer dans toutes les Églises chrétiennes.

________________________________________________________________________

Jean patriarche d’Alexandrie, vit, au cours d’une nuit de veille et de prière, une fillette de toute beauté dont la tête était couronnée de feuilles d’olivier. Jean fut saisi d’étonnement et lui demanda qui elle était. Elle répondit : « Je suis la Miséricorde qui du ciel a fait descendre le Fils de Dieu; prends-moi pour épouse et il ne t’en viendra que du bien. Le saint comprit que l’olivier signifiait la miséricorde et, de ce jour, il devint si miséricordieux que tout le monde l’appela le « faiseur d’aumônes ». Il appelait les pauvres ses seigneurs; un jour il convoqua tous ses serviteurs et leur dit : « Allez par la cité et dressez une liste de tous mes seigneurs, sans en oublier un seul. » Mais eux ne comprenaient pas;  alors le saint s’expliqua : «Ceux que vous appelez pauvres et mendiants, je les proclame, moi, mes maîtres et mes patrons. Car eux seuls, en vérité, peuvent nous patronner et nous accorder le royaume des cieux.»

La légende dorée  (Jacques de Voragine)

________________________________________________________________________

Témoins de Dieu, Martyrologe universel,   Bayard  pp.650-651

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Aventure spirituelle

Les autres chroniques du mois