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Responsable de la chronique : Denis Gagnon, o.p.
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Aimons-nous quand même

Imprimer Par Denis Gagnon, o.p.

Le 23 novembre 2014

Chaque jour, des milliers d’images déferlent sous nos yeux. La vie quotidienne nous en offre abondamment. Nous en créons nous-mêmes. Les autres en projettent pour nous tout en dessinant pour beaucoup d’autres. Sur la place publique, nous sommes bombardés. Les médias en font leur spécialité.

Les images nous affectent d’une façon ou d’une autre. Celles qui projettent le bonheur nous réjouissent. Elles donnent de l’élan à nos journées. Il n’en va pas ainsi pour les images qui étalent des situations tragiques, des malheurs, des désastres. Souvent, ces tristes images s’accrochent à nous, même longtemps après être passées sous nos yeux.

Depuis quelques semaines, je suis particulièrement bouleversé par la haine que présente la télévision. Les caméras balayent des paysages où la monstruosité blesse et tue des gens.  On terrorise. On assassine. On écrase la vie sans aucun respect pour elle.

Je suis bouleversé, dis-je, depuis quelques semaines. Mais la haine est sur nos écrans et dans notre quotidien depuis toujours. Depuis des siècles et des siècles,  «l’homme est un loup pour l’homme». Et dans cet homme,  il faut inclure la femme.

D’après le livre biblique de la Genèse, tout aurait commencé  avec la première génération humaine. «Caïn dit à son frère Abel : ‘Sortons dans les champs!’ Et, quand ils furent dans la campagne, Caïn se jeta sur son frère Abel et le tua.» (Genèse 4, 8) Tel fut le premier assassinat, d’après la Bible.

Le premier seulement. Il en eut beaucoup d’autres. Il est constant tout au long de l’histoire humaine le spectacle de la haine qui torture le frère, la sœur. Physiquement, mentalement. Les humains ne manquent pas d’imagination en ce domaine.

La Bible qui place l’amour au sommet de la sagesse décrit pourtant abondamment les guerres, les conflits interraciaux, les luttes fratricides. La haine se présente souvent comme le fruit de la jalousie. C’est le cas d’Ésaü à l’endroit de son jumeau Jacob, des fils de ce dernier qui se débarrassent de leur frère Joseph. Et que dire des combats qui opposent Israël et les peuples de son voisinage. Des pages et des pages de l’Ancien Testament décrivent l’histoire guerrière des descendants d’Abraham et de Sara. Les conflits armés sont tellement présents dans la Bible qu’un général de l’Armée israélienne a avoué s’inspirer de la Bible pour établir ses stratégies militaires.

Au cœur du Nouveau Testament, la mort de Jésus est le fruit de la haine contre celui qui prêche l’amour et l’accueil inconditionnel de ses semblables. Jésus a donné sa vie pour que l’amour reprenne la première place : «C’est lui, le Christ, qui est notre paix : des deux, le Juif et le païen, il a fait une seule réalité; par sa chair crucifiée, il a détruit ce qui les séparait, le mur de la haine.» (Éphésiens 2, 14)

Les siècles qui nous précèdent comme ceux qui nous suivent sont et seront profondément marqués par la haine. Mais ils portent aussi une infinité d’engagements au service de l’amour. «Aimons-nous quand même», dit une chanson d’Yvon Deschamps.

 

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