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Responsable de la chronique : Suzanne Demers, o.p.
Aventure spirituelle

Jeanne de Chantal Moniale (1572-1641)

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I-Grande-6614-sainte-jeanne-de-chantal--jeanne-francoise-fremyot-baronne-de-chantal.netJeune fille, épouse, mère, moniale: Jeanne de Chantal a connu toutes ces situations, cherchant à mettre en œuvre la consigne que lui avait donnée François de Sales : « Tout ce qui se fait par l’amour est amour. »

Jeanne est née le 23 janvier 1572 au foyer d’un haut magistrat de Dijon. Sa mère meurt l’année suivante. Elle reçoit une très bonne éducation, même si elle sera toujours brouillée avec l’orthographe. Elle passe son adolescence dans le Poitou et revient à Dijon pour être mariée à un jeune et désargenté seigneur, Christophe de Rabutin, baron de Chantal. Ce mariage se révèle une très belle histoire d’amour, avec la naissance de six enfants. Mais le drame surgit après neuf ans de mariage: le baron est tué par un ami à la chasse. Il faudra du temps à Jeanne pour pardonner à l’imprudent.

EIle rêve alors de tout quitter et de s’en aller dans le désert. Car elle connaît des tentations de désespoir qui vont l’assaillir le restant de sa vie. Elle cherche un guide spirituel. Le premier trouvé I’enferme un peu sur elle-même. Mais la rencontre de François de Sales, prêchant le carême à Dijon en 1604, est libératrice. Celui-ci trouve les mots pour l’apaiser : «Il faut tout faire par amour et rien par force; il faut plus aimer l’obéissance que craindre la désobéissance.» Surtout il veut fonder avec elle un institut sans vœux ni clôture, centré sur la vie contemplative. Ce sera la «Visitation», dans une petite maison des faubourgs d’Annecy.

L’extension de la nouvelle fondation est rapide: 15 monastères à la mort de François de Sales en 1622 et 87 à la mort de Jeanne en 1641. Il fallait «toute la fermeté douce» et «la ferme douceur» de Mère de Chantal pour écarter les embûches.

Lettre de saint François de Sales à sainte Jeanne de Chantal.

Ô Dieu, quelles bénédictions de rendre toutes nos affections humblement et exactement sujettes à celles du plus pur amour divin ! Ainsi I’avons-nous dit, ainsi a-t-il été résolu, et notre cœur a pour sa souveraine loi la plus grande gloire de l’amour de Dieu. Or, la gloire de ce saint amour consiste à brûler et consumer tout ce qui n’est pas lui-même, pour réduire et convertir tout en lui. Il s’exalte sur notre anéantissement, et règne sur le trône de notre servitude. Mon Dieu, ma très chère Mère, que ma volonté s’est dilatée en ce sentiment ! Plaise à sa divine Bonté de continuer sur moi cette abondance de courage, pour son honneur et gloire, et pour la perfection et excellence de cette très incomparable unité de cœur qu’il lui a plu de nous donner.    Amen. Vive Jésus !

Témoins de Dieu, Martyrologe universel,   Bayard  pp 482-483

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